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    A la Une: les militaires sous pression au Soudan

    Le chef du Conseil militaire de transition, le général Ibn Auf, annonce sa démission à la télévision d'Etat Sudan TV et son remplacement par le général Abdel Fattah Abdelrahman Burhan, le 12 avril 2019. Sudan TV / AFP

    L’information est à la Une du site Sudan Tribune à Khartoum : « le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a donné au Conseil militaire de transition du Soudan deux semaines pour laisser le pouvoir aux civils, faute de quoi il suspendra l’adhésion du Soudan à l’organisation panafricaine. »

    Bravo, s’exclame Le Pays au Burkina : « cette posture fera, sans aucun doute, date. Pour une fois, en effet, l’Union africaine, qui s’est toujours revêtue des oripeaux de “syndicat des chefs d’État” vole au secours d’un peuple. Plutôt que de prendre le parti des plus forts, elle se range du côté des plus faibles. En sommant l’Armée soudanaise, décidée à confisquer la révolution du peuple, de remettre le pouvoir aux civils dans un délai de 15 jours, sous peine de sanctions, en l’occurrence l’exclusion du Soudan de ses instances, l’UA frappe là un grand coup dans l’imaginaire des peuples. Chapeau bas à l’organisation panafricaine qui n’est pas coutumière du fait. [...] Reste à espérer que tout cela ne sera pas un simple effet d’annonce et une annonce sans effet. »

    « Ces messieurs d’Addis… »

    A contrario, L’Observateur Paalga, toujours au Burkina, n’apprécie guère la sortie de l’Union africaine, qui arrive un peu tard selon lui : « l’UA est restée pendant longtemps silencieuse et retrouve subitement la voix maintenant que le peuple a fait le boulot. Ils sont toujours ainsi, ces messieurs d’Addis, fustige le quotidien ouagalais, incapables d’appeler à la raison et à la retenue les membres de leur syndicat, des despotes même pas éclairés souvent, qui veulent battre des records de longévité au pouvoir. Et quand les damnés de la terre se décident à prendre leur destin en main, ce sont les mêmes qui sortent avec leurs vieux principes éculés pour menacer à tout-va. Que le passage par les urnes soit en démocratie le mode normal de dévolution du pouvoir, on le veut bien, mais elle est où, s’interroge L’Observateur Paalga, cette Union africaine quand les autocrates martyrisent leur peuple juste parce qu’ils veulent s’accrocher pour toujours à leur fauteuil présidentiel ? »

    Confusion !

    En tout cas, où va le Soudan ? Les militaires vont-ils lâcher le pouvoir ? Pour l’instant, c’est la « confusion », pointe Le Monde Afrique.

    « À bien regarder le profil des généraux qui, au sein du Conseil militaire de transition, doivent influer sur la manière dont va être géré le Soudan après le départ du président Omar Al-Bachir, il est raisonnable de se demander si le pays est, bel et bien, engagé dans une forme de transformation ou, déjà, englué dans une forme sophistiquée de restauration. [...] “Soyons clairs, affirme Suliman Baldo, conseiller de l’ONG de défense des droits de l’homme Enough, ce sont les généraux de Bachir. On ne pouvait, jusqu’ici, accéder à un poste de commandement sans être un proche du régime, et bénéficier d’une confiance absolue. Ils sont à présent dans une position historique de choix entre le démantèlement d’un régime dont ils étaient les piliers ou bien de prolonger ce régime sous une autre forme”. »

    Alors, poursuit Le Monde Afrique, « pour introduire une rupture claire avec le passé, les organisations de la société civile et la puissante Association des professionnels du Soudan, réunies au sein de la coalition la Déclaration pour la liberté et le changement, cette coalition a publié un plan en neuf points. Il devra faire l’objet de négociation dans les jours à venir. Tout semble encore possible, pointe Le Monde Afrique. Déjà, sous la pression de la rue, les membres du Conseil militaire ont commencé à mener une dé-Bachirisation précautionneuse. Les responsables de la contestation arrêtés depuis le début des manifestations, les activistes, les manifestants ou les passants raflés au hasard qui encombraient les prisons et centres secrets de détention, sont tous en voie de recouvrer leur liberté. »

    Désillusion ?

    Toutefois, attention à la désillusion, s’exclame Aujourd’hui à Ouagadougou : « absolument rien ne présage que les choses vont véritablement changer au Soudan. Le rêve de liberté tant caressé risque de ne pas se réaliser. En 1989, rappelle Aujourd’hui, un militaire est monté au pouvoir, avec la bénédiction de l’armée. En 2019, il en est descendu, toujours sous l’injonction de la même armée, qui garde par conséquent la réalité du pouvoir. »

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