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    A la Une: faut-il supprimer l’ENA ?

    Vue du patio de l'École nationale d'administration (Antenne de Paris). Stéphane Touraine/wikimedia.org

    Supprimer l’Ecole Nationale d’administration qui forme les hauts-fonctionnaires en France depuis 1945 ? C’est apparemment l’intention d’Emmanuel Macron.

    « A en croire la transcription du discours qu’il devait prononcer lundi soir lorsque Notre-Dame s’est embrasée, pointe Libération, le chef de l’Etat s’apprête en effet à annoncer la fermeture de l’établissement : 'Je crois dans l’excellence républicaine et nous avons besoin d’une élite, de décideurs. Simplement, cette élite doit être à l’image de la société et être sélectionnée sur des bases exclusivement méritocratiques. C’est pourquoi nous en changerons la formation, la sélection, les carrières en supprimant l’ENA et plusieurs autres structures pour en rebâtir l’organisation profonde'. »

    Voilà pour les propos que devaient tenir Emmanuel Macron lundi soir et qui n’ont pas été confirmés par l’Elysée, précise Libération.

    En tout cas, l’éventualité d’une suppression de la prestigieuse école fait couler beaucoup d’encre ce matin.

    On reste avec Libération qui est plutôt circonspect… « Emmanuel Macron, dans le texte qui a fuité voici deux jours, parle de 'suppression'. Ce qui pose aussitôt la question : quoi donc à la place de l’ENA ? S’il s’agit d’ouvrir le recrutement, de moderniser l’enseignement, de diversifier les sources idéologiques des programmes, fort bien. Mais s’il s’agit de créer une autre ENA à la place de l’ENA, sans prévoir les mécanismes adéquats qui changeront sa composition sociale ou, pire, si l’on envisage de recruter sur dossier au nom de l’ouverture au privé, en perdant l’anonymat qui reste une condition de l’équité, on aura seulement fait des concessions inutiles au poujadisme ambiant. »

    « Gare aux raccourcis trop faciles ! »

    « Certes, reconnait Le Figaro, les énarques et leur vision administrative du monde ne sont pas étrangers au désamour qui s’est installé entre nos concitoyens et la politique. Mais faut-il reprocher aux administrateurs de vouloir administrer ou aux politiques de ne pas suffisamment s’affranchir du syndrome de la 'note' et des 'éléments de langage' ? La question se complique un peu quand - c’est monnaie courante - les seconds sont issus du même moule que les premiers… »

    Et puis, « pour symbolique qu’elle soit, poursuit Le Figaro, la suppression de l’ENA ne réparera pas à elle seule la fracture démocratique. Le démantèlement de la pouponnière de la méritocratie républicaine serait-il un moyen de faire reculer cette 'endogamie' des classes dirigeantes et de rétablir, un peu, l’égalité des chances ? On peut aussi en douter, estime Le Figaro. Comme la plupart des grandes écoles, l’ENA a, c’est vrai, échoué dans l’une de ses missions essentielles: recruter, au mérite, des élèves de toutes les origines sociales. Mais est-elle comptable ou victime de la faillite de l’Éducation nationale ? Comment lui imputer la panne de cet 'ascenseur social' bloqué dès les petites classes? Là encore, conclut le quotidien de droite, s’attaquer aux effets n’est pas supprimer les causes. Gare aux raccourcis trop faciles ! »

    En fait, estime L’Eclair des Pyrénées, « en décidant la suppression de l’Ecole nationale d’administration, le Président de la République cède à un courant démagogique et populiste. L’énarchie n’en disparaîtra pas pour autant. (…) S’il faut réformer l’école, il serait déraisonnable de la casser. »

    Dons pour Notre-Dame : des riches trop généreux ?

    Autre polémique : celle qui porte sur les dons par les grandes fortunes françaises pour la reconstruction de Notre-Dame…

    « Depuis mardi, pointe Le Monde, des voix s’élèvent pour critiquer les grands donateurs, accusés de faire une surenchère de communication pour sauver la cathédrale sans se soucier de l’urgence sociale. » Exemple, relève Le Monde, Philippe Poutou, l’un des porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste affirmait : «  Pinault donne 100 millions, Arnaud donne 200 millions ! S’ils ont trop d’argent, qu’ils le mettent à disposition de la collectivité, il y a bien des urgences sociales. Ou qu’ils se laissent réquisitionner. »

    A droite aussi, certains s’indignent comme Gilles Carrez, député Les Républicains : « C’est la collectivité publique qui va prendre l’essentiel des frais de reconstruction en charge ! », déplore-t-il. En effet, par le biais des réductions d’impôts, qui pourraient aller jusqu’à 90% de la somme donnée, c’est l’Etat qui au final, mettra la main au portefeuille.

    Une polémique stérile…

    La presse ce matin n’est pas d’accord…

    Pour Le Journal de la Haute-Marne, « que les plus riches ouvrent les vannes de leur fortune pour sauver ce bien finalement collectif, quoi de vraiment choquant ? Un argent bien utilisé, diront les fatalistes. Un argent que l’Etat n’aurait pas pu mobiliser aussi vite (…). Certes, les deux tiers des dons (ou plus) seront restitués par le biais des réductions fiscales, mais l’argent utilisé dans la restauration de l’édifice va générer de la TVA et des salaires. Les dons des plus fortunés sont donc à prendre de façon très pragmatique : ils lèvent l’hypothèque financière sur des travaux qui s’annoncent amples. »

    La Voix du Nord embraye : « comme si on pouvait mettre sur la même balance les besoins d’un chantier de restauration, fut-il celui de la cathédrale la plus connue dans le monde, et les réponses attendues de l’État pour l’amélioration du pouvoir d’achat des Français. (…) En la circonstance, comparaison n’est pas raison et ceux qui trouvent qu’on en fait décidément beaucoup trop pour des +vieilles pierres+ devraient rouvrir leurs livres pour comprendre pourquoi leur sauvetage réunit aujourd’hui tant de monde, riches ou pauvres ! »

    Les Dernières Nouvelles d’Alsace renchérissent : « la prodigalité qui s’exprime en vue de la reconstruction n’est pas à opposer à l’action d’un État, même pour réduire par exemple des inégalités. Il n’y a pas à jalouser l’afflux de dons pour les travaux. (…) Macron peut à sa guise marquer l’histoire en tant que bâtisseur pressé sur les cendres de Notre-Dame. Cela ne désamorce pas les vœux pressants des ronds-points. »

    Enfin, estime La Montagne, « on peut développer tous les arguments du monde pour contester les dons des riches, dans la plus parfaite mauvaise foi d’ailleurs, rien n’enlèvera à la silhouette de la cathédrale de Paris sa puissance qui en fait non seulement le marqueur des chrétiens, mais aussi la cathédrale de la Nation. C’est la raison d’une telle mobilisation dépassant toute rationalité. Quant au don, il relève de la liberté de chacun, comme la religion ou la libre-pensée, et mérite d’être simplement respecté. »

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