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    Burkina: «Si Blaise veut aider, il ne faut pas le décourager» (opposition)

    Zéphirin Diabré, chef de l’opposition, face aux médias après la réunion avec la société civile, leaders religieux et traditionnels du Burkina Faso, ce mardi 11novembre 2014, sur le projet de charte de la transition. Crédit ISSOUF SANOGO / AFP

    C'est une lettre qui fait sensation au Burkina Faso. Depuis son exil de Côte d'Ivoire, le président déchu Blaise Compaoré offre ses services au président Roch Marc Christian Kaboré pour l'aider à lutter contre le terrorisme. Cinq ans après la révolution démocratique, les Burkinabè sont-ils prêts à saisir la main tendue par l'ancien homme fort du pays ? Zéphirin Diabré, qui préside l'UPC, l'Union pour le Progrès et le Changement, est le chef de file de l'opposition. En ligne de Ouagadougou, il répond aux questions de RFI. 

    RFI : Quand Blaise Compaoré tend la main à son successeur Roch Marc Christian Kaboré pour lutter contre les jihadistes, vous réagissez comment ?

    Zéphirin Diabré : C’est toujours un événement politique de première importance, lorsqu’un ancien chef d’État d’un pays s’adresse par correspondance à son successeur. Dans la situation actuelle que traverse notre pays, bien entendu, toute tentative de se mettre ensemble pour résoudre les problèmes est une bonne chose. Cela étant dit, c’est au président Roch Marc Christian Kaboré d’apprécier et de juger si, dans la conduite des affaires de l’État, il a besoin, aujourd’hui, d’appui, de soutien et de conseils de celui qui l’a précédé à la haute charge.

    Mais cette lettre de l’ancien à l’actuel président est quand même étonnante, quand on connaît les accusations lancées par l’actuel président contre Blaise Compaoré, soupçonné de complicité, de son temps, avec les jihadistes du nord du Mali.

    Oui, c’est vrai qu’elle survient quelque temps après les propos que l’on a entendus du président Kaboré dans une radio étrangère, dans laquelle, pour une énième fois, il établissait une complicité entre l’ancien chef d’État et des terroristes qui sèment la désolation dans notre pays. Je ne suis pas qualifié pour discuter du fond de la question. Je veux dire simplement que monsieur Kaboré et deux ou trois autres personnes étaient de très proches collaborateurs du président Compaoré.

    Et de fait, est-ce que l’actuel chef jihadiste Iyad Ag Ghali n’est pas descendu dans des hôtels d’Ouagadougou il y a quelques années ?

    Là, vous me posez une question à laquelle vraiment, je vous avoue, je ne saurais apporter de réponse, n’ayant pas été mêlé à quoi que ce soit dans cette matière et dans son temps. J’ai lu, par contre, aussi, des portraits du président Compaoré dans lesquels on expliquait que c’est dans le cadre des missions de médiation confiées par la Cédéao qu’il fallait comprendre les relations qu’il avait avec un certain nombre d’acteurs de la sous-région, y compris notamment des acteurs de la crise au Mali. Mais je n’en sais pas plus.

    Blaise Compaoré est poursuivi par la justice de votre pays, suite à l’assassinat de Thomas Sankara. Est-ce que cela ne rend pas toute coopération à venir impossible ?

    C’est vrai que, sur le plan pratique, la mise en œuvre d’une telle collaboration passe nécessairement par la gestion de cette question judiciaire. Il appartiendra donc aux autorités de gérer de la meilleure manière qui soit.

    Et si vous étiez à la place du président Roch, est-ce que vous saisiriez ou pas la main tendue par Blaise Compaoré ?

    Notre position en la matière a toujours été très claire. Dans la situation actuelle de notre pays, toutes les bonnes volontés pour qu’on puisse être plus forts ensemble pour lutter contre le terrorisme ne doivent pas être découragées.

    À la fin de ce mois d’avril, le pouvoir invite tous les partis à un dialogue politique à Ouagadougou. Est-ce que vous irez à ce dialogue ? Qu’est-ce que vous en attendez ?

    Si dialogue politique il doit y avoir, il doit aller au-delà des questions purement politiciennes, comme la question de l’élection, ou l’adoption de la Constitution ou les débats autour du Code électoral. La situation de notre pays, aujourd’hui, est une situation chaotique. C’est, d’ailleurs, le fruit de la gestion de ceux qui nous dirigent, aujourd’hui, depuis trois ans et demi. Les attentes des Burkinabè, leur désespoir face à ce qui se dessine devant eux chaque jour que Dieu fait, sur le plan sécuritaire, sur le plan économique, sur le plan de la corruption… Tout cela commande, si un dialogue politique doit avoir lieu, qu’il ne se limite pas à des questions bassement politiciennes, mais qu’il englobe tous ces défis qui assaillent la nation. Si c’est pris en compte, comme nous le souhaitons, puisque nous avons transmis au chef de l’État un certain nombre de propositions, cela nous encouragerait à y aller. Mais il y a aussi, en dehors de ces questions-là, des questions préalables que nous avons soulevées. Ce dialogue, si nous voulons qu’il réussisse, il faut qu’il soit caractérisé. Que son format ait un statut juridique et que l’on sache très bien ce qu’est le mode de fonctionnement et sur quelles prises de décisions il va fonctionner. Et puis, il faut qu’il y ait une procédure pour en assurer le suivi et la mise en œuvre des décisions fortes - fortes, j’espère -, qui en résulteront.

    Vous ne voulez pas que ce soit juste un coup d’épée dans l’eau ?

    Sûrement pas. D’autant plus que - je dois le dire et je pèse mes mots - il y a une sorte de distanciation vis-à-vis de l’opposition, pour ne pas dire de mépris. C’est donc avec une certaine surprise que nous avons entendu parler d’un dialogue. Mais comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, nous leur accordons le bénéfice du doute, mais nous restons très vigilants.

    Depuis 2015, votre pays est confronté à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières, 350 morts depuis 2015. Est-ce qu’avec ce dialogue politique on peut trouver des solutions ?

    D’abord, je dois vous dire que, dans la liste des propositions que nous avons envoyées, cette question figure à la place numéro un. Parce que c’est le grand drame de notre pays, aujourd’hui. Les Burkinabè ont confié à l’équipe actuelle, fin 2015-2016, un pays uni en ses frontières. Ils sont en train de nous léguer un pays dont on ne sait pas trop où la frontière s’arrête. Aujourd’hui, nous sommes à la merci d’attaques dont on ne sait d’où elles viennent et qui se sont répandues sur l’ensemble du territoire national. Je lis même dans la presse, notamment dans Jeune Afrique, avec effroi - et j’espère que ce n’est pas vrai -, qu’il y a eu même une sorte d’effet de transvasement de ces effets maléfiques dans les pays voisins du Burkina côté sud. Ce qui pose un gros problème. Cela veut dire que la digue du Burkina Faso aurait cédé. Et ce, malgré - je dois le dire vraiment - le combat acharné que mènent nos forces de défense et de sécurité face à ce mal et à qui je dois rendre hommage.

    On parle, en effet, de la présence de jihadistes au Ghana, au Togo et au Bénin.

    Oui, tout à fait. Nos militaires, vraiment, se sont battus et continuent à se battre. Mais le problème, comme nous le disons, ce sont les décideurs politiques. Il y a eu du retard à l’allumage depuis 2016, du tâtonnement… Le dialogue sera l’occasion pour nous, peut-être, de trouver les voies et moyens pour resserrer ensemble les rangs, afin qu’avec une nation beaucoup plus soudée nous puissions affronter le périple.


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