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    Attentats au Sri Lanka: quelles conséquences pour l'économie du pays

    Le personnel de sécurité monte la garde devant une église après l'explosion d'une bombe à Negombo au Sri Lanka, le 21 Avril 2019. REUTERS/Stringer

    Le Sri Lanka a été frappé par une série d'attentats  lors des messes de Pâques et dans des hôtels, dimanche 21 avril 2019. Bilan au moins 290 morts et 500 blessés. Au-delà du terrible bilan humain, ces attaques pourraient avoir des conséquences négatives sur l’économie du pays.

    Le premier ministre, Ranil Wickremesinghe, s’en est lui-même inquiété, dans des propos rapportés par Bloomberg.

    Des conséquences sont à prévoir notamment pour le tourisme visé par ces attaques. Parmi les cibles de ces attentats figurent, en effet, quatre hôtels, dont trois établissements de luxe ; une bombe a été retrouvée près de l'aéroport et plusieurs dizaines d’étrangers ont été tués.

    Or, le tourisme contribue à hauteur de 11% au produit intérieur brut du Sri Lanka. Surtout, après près de trois décennies de guerre civile, le secteur est en plein essor.  Depuis 2016, plus de deux millions d’étrangers ont visité le pays chaque année. En 2009, année de la fin du conflit, ils étaient moins de 500 000 à avoir mis le pied sur l’île.

    L'insécurité pourrait bien arrêter l’élan qui a été pris ou du moins le freiner.  Or, cette forte croissance est l'un  des atouts du pays. Le tourisme constitue un apport substantiel de richesse extérieure. Un bon point alors que la balance commerciale de Colombo est encore déséquilibrée. Le Sri Lanka exporte certes du textile et du thé mais achète plus qu'il ne vend à l'étranger et a encore des efforts à fournir. En janvier, le déficit s’élèvait à près de 600 millions de dollars.

    Les investissements directs étrangers en hausse ces dernières années

    Au-delà du tourisme, les attentats pourraient aussi avoir un impact sur les investissements étrangers.

    L'insécurité et les incertitudes pourraient faire réfléchir à deux fois les investisseurs et enrayer la dynamique plutôt positive de ces dernières années.  

    Comme le tourisme, les investissements directs étrangers augmentent. Ils ont même doublé entre 2015 et 2017 selon la Cnuced. Il faut dire que le Sri Lanka partait de loin: moins de 300 millions d’euros en 2005, et le mois dernier des investissements à hauteur de 3 milliards 800 millions de dollars venant du sultanat d'Oman et d'une société à capitaux indiens ont été dévoilés, pour la construction d’une raffinerie.
    C’est le plus gros apport étranger enregistré sur l'île qui attire notamment les investisseurs indiens et chinois.

    Colombo mise sur ces fonds pour faire progresser son économie. L’Inland Revenue Act, une réforme fiscale entrée en vigueur l’an dernier, comporte un volet visant à attirer des financements étrangers grâce à des avantages fiscaux. Des efforts  qui pourraient donc être mis à mal par cette serie d'attentats.  

    Crise politique et incertitudes

    En outre, ces événements surviennent dans un contexte déjà à risque pour l’économie du pays.

    En fin d'année dernière, le Sri Lanka a connu des soubresauts politiques. Le président Maithripala Sirisena limoge le Premier ministre avant de devoir revenir sur sa décision. La crise politique conduit alors les agences de notation Moody's, Fitch et Standard and poors à dégrader la note de la dette sri-lankaise, faisant chuter la monnaie, la roupie. De son côté, Coface mettait récemment en garde contre les incertitudes politiques avant les élections prévues en 2020. Déjà pointé du doigt comme l'un des principaux secteurs à risques, dans cette étude : le tourisme et la construction. En novembre, les Etats-Unis et le Japon ont suspendu des financements pour des projets d'infrastructures. Or, le manque d'infrastructures fait précisément parti des points faibles de l'économie sri-lankaise.

    ►En bref

    Les déboires judiciaires de Carlos Ghosn qui n'en finissent pas

    L'ancien patron de l'alliance Renault Nissan a été inculpé sur des accusations de détournement de fonds du groupe Nissan, selon des médias japonais. Il s'agit de la quatrième mise en examen pour l'ancien PDG de l'alliance automobile. Ses avocats ont prévenu qu'ils déposeraient aussitôt une demande de remise en liberté sous caution.


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