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    Éthiopie: les changements dans les pratiques agricoles (1/2)

    L'ancien chef du village d'Abreha we Atsbeha, dans son verger encore verdoyant à la fin de la saison sèche. ©RFI/Vincent Dublange

    En Éthiopie, alors que la sécheresse menace à nouveau une partie de la Corne de l'Afrique, comment améliorer la production agricole ? C'est une question cruciale pour sortir huit millions de personnes de la dépendance à l'aide alimentaire en leur permettant de manger à leur faim, mais aussi de vendre les surplus de leur production. Dans la région du Tigray, dans le nord des hauts-plateaux éthiopiens, un village fait aujourd'hui figure d'exemple en la matière. À la fin des années 1990, un responsable local a décidé de tout révolutionner. Vingt ans plus tard, l'endroit est devenu une oasis de verdure dans un océan de rocaille.

    Au pied des montagnes rouges, le village d'Abreha We Atsbeha,  Asqwal Halefom nous emmène visiter son jardin.
    « Là c'est des mangues, là des oranges, ici c'est du café. »
    Du café, il y a peu aucun paysan n'aurait parié un centime là-dessus. Et pourtant, nous sommes bien dans l'extrême-nord, une des terres de la sécheresse, de la famine.

    Au fond du verger, Madame Asqwal a fait creuser un puits maçonné de huit mètres de profondeur. L’État a financé près de la moitié.
    « Ici, la terre a besoin de beaucoup d'eau et du compost. C'est comme du sable, ça chauffe vite et ça tue les plantes. On donne de l'eau et du compost toutes les deux semaines, trois semaines. Parfois quand c'est très sec, tous les mois. On a deux puits. C'est assez pour tout le jardin. »

    Non loin de chez Asqwal, la demeure d'Aba Hawi. C'est lui, l'ancien chef de village pendant 31 ans, qui a tout enclenché. Il dit avoir appris dans le maquis, formé par la guérilla marxiste qui combattait la dictature dans les années 1980. Des universitaires lui ont aussi donné conseil au fil des ans.

    Aujourd'hui, les oiseaux chantent, les feuilles bruissent, les abeilles butinent. Un véritable petit écosystème.
    « Ça, c'est des mangues regardez. Elles servent à deux choses. La première, ça donne le fruit, ça se mange et ça se vend. La deuxième, c'est que les abeilles peuvent butiner dans les fleurs. On a tout ce qui est cultivable en Éthiopie. Il y a des mangues, du miel, toutes les sortes de fruits, des animaux.. »

    Tout ce qui est cultivé ici est soit mangé, soit vendu. En termes de nourriture, Aba Hawi est quasiment autosuffisant.

    Le chef a usé de son pouvoir pour obliger les habitants à donner 40 jours par an gratuitement à la communauté. Pour améliorer le village. Le Professeur Gebrehiwot Tadesse, de l'Université de Mekelle, la capitale régionale.
    « La communauté à laquelle vous avez rendu visite n'est pas facile à convaincre. C'est seulement Aba Hawi qui les a mobilisés, qui les a convaincus. Et pas uniquement de la nécessité de préserver les ressources naturelles, mais aussi de l'interdiction du pâturage. Il est le premier à l'avoir introduit dans cette région. »

    Un effort particulier a été fait pour lutter contre l'érosion des sols. Il a valu à Aba Hawi d'être récompensé par l'ONU.


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