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    Éthiopie: la lutte des paysans contre l'érosion des sols (2/2)

    Le verger d'Asqwal Halefom, verdoyant, au pied des montagnes rouges du Tigray, dans le nord de l'Éthiopie. ©RFI/Vincent Dublange

    Second et dernier volet de notre reportage au nord de l’Éthiopie. La région du Tigray est l'une de celles régulièrement touchées par la sécheresse. On se souvient de celle des années 1980 qui avait ému le monde. Depuis une vingtaine d'années, un village a décidé de changer ses pratiques agricoles pour reverdir. Outre le creusement de puits pour l'irrigation, l'accent a été mis sur la lutte contre l'érosion des sols. Et le village exporte désormais son savoir-faire.

    Ils sont des dizaines éparpillés le long du lit de la rivière asséchée. Sous le soleil qui cogne, ils amassent des pierres qu’ils entassent dans de grands carrés de grillage.

    Amate Teka est l’une des travailleuses : « Je construis des digues, des terrasses pour retenir la terre quand il y a la saison des pluies et que l’herbe repousse dessus. Tout ça pour que notre bétail boive de l’eau, de l’eau propre, et puisse manger de l’herbe. »

    Ces habitants d’Abreha we Atsbeha font partie des 20% du village à recevoir encore de l’aide alimentaire. 15 kilos d’orge contre des heures de travail pour la communauté. C’est un programme de la Banque mondiale. Il y a vingt ans certains fuyaient les lieux. Aujourd’hui, les mesures autoritaires décidées par le chef de l’époque, Aba Hawi ont fait leur effet : interdiction du pâturage sur les flancs de collines, lutte active contre l’érosion des sols lessivés chaque saison des pluies.

    Direction l’Est. C’est justement pour transmettre son vécu qu’Aba Hawi descend de sa montagne dans la plaine Afar. Un filet d’eau coule toute l’année. Un petit canal la conduit jusqu’aux champs. Mais bientôt, la saison pluvieuse du plateau viendra tout emporter dans la vallée.

    Medhaniye BiereBerhan, de l’Université de Mekelle : « Donc vous voyiez, c’est par là qu’arrive l’eau depuis le haut de la montagne. Elle coule très vite et elle érode le lit de la rivière. Ça creuse une ravine d’environ deux mètres et demi. Du coup les fermiers n’arrivent pas à profiter les canaux d’irrigation. »

    Il veut donc édifier une digue pour briser la puissance du courant et rendre possible la canalisation de l’eau en toute saison. Et dans cette tâche, l’Université compte sur Aba Hawi, retraité de son poste d’administrateur, mais nouvellement embauché pour prêcher la bonne parole.

    Medhaniye BiereBerhan : « Nous avons besoin de lui pour deux raisons : il est un expert de l’irrigation et en même temps il a une très bonne image auprès des paysans. Par exemple, je suis un ingénieur civil, j’utilise parfois des termes que les fermiers ne comprennent pas. Aba Hawi comprend ce qu’on pense, ce qu’on dit et est capable de le leur traduire et ainsi on se comprend tous. »

    Un paysan qui parle aux paysans, afin de transmettre le savoir-faire qui pourrait contribuer à réduire le nombre d’Éthiopiens bénéficiaires d’aide alimentaire. Ils sont encore huit millions.


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