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    L'Arménie célèbre sa première «journée du citoyen»

    Le Premier ministre Nikol Pachinian. REUTERS/Vahram Baghdasaryan/Photolure

    Ce samedi 27 avril, se déroulera la première « journée du citoyen », un nouveau jour férié en Arménie pour célébrer chaque année la « révolution arménienne » qui a mené Nikol Pachinian au pouvoir, il y a tout juste un an.

    Avec notre correspondante en Arménie,

    Ce samedi, les Arméniens se réuniront pour célébrer ensemble le premier anniversaire de la « révolution arménienne ». En avril dernier, des milliers d’Arméniens étaient descendus dans les rues pour protester contre la corruption du gouvernement de Serge Sarkissian. À l’issue de cette révolution, l’opposant Nikol Pachinian avait été élu Premier ministre. Celui-ci profite toujours d'une popularité acquise en tant qu’opposant pendant 10 ans.

    Le premier bilan de Nikol Pachinian ne peut être dressé que depuis quelques mois. Un premier bilan positif, puisque les dernières élections ont été reconnues libres et transparentes. Un signal fort pour la communauté internationale. De plus, les jeunes députés issus de l’alliance de partis de Pachinian, récemment élus, représentent mieux la société arménienne que ceux de l’ancien régime. Ils sont aussi moins expérimentés, mais plus dévoués. Ils ont à cœur de remettre le dialogue avec les citoyens et les associations au cœur de leur mandat.

    En parallèle, des mouvements sociaux émergent dans tout le pays pour plus de démocratie directe, avec la création de syndicats et de protestations environnementales, comme dans la mine d’Almusar. Un signe que la société arménienne, longtemps léthargique face à un régime corrompu, sort de son défaitisme et ne se laissera plus berner.

    Des réformes concrètes

    Les différentes réformes gouvernementales sont pour le moins hétéroclites. Un projet de réforme fiscale à taux unique qui favorise les plus riches dans l’espoir d’attirer les investissements étrangers a émergé en parallèle d’un projet de couverture sociale universelle.

    En attendant, Nikol Pachinian joue sur les effets d’annonce. Le Premier ministre s’est récemment félicité de la création de 50 000 emplois depuis sa prise de pouvoir, un chiffre largement contesté par les économistes arméniens.

    En parallèle, la lutte contre la corruption prend parfois des allures pour le moins kafkaïennes. La semaine dernière, Davit Sanassarian, un proche soutien de Pachinian, en charge de l’organe de lutte contre la corruption, a lui-même était suspendu pour corruption. L’enquête est en cours.

    Les pouvoirs restent largement concentrés dans les mains de Nikol Pachinian, avec des services secrets directement sous sa direction, un procureur nommé par le Premier ministre et une majorité absolue de députés de son alliance de partis élus au Parlement.

    Un Premier ministre impulsif

    Le Premier ministre joue aussi la carte de l’homme fort et conservateur, qui unit la nation. D’abord, lors d’une visite d’un service de douane, Nikol Pachinian a congédié tous les membres du département, car un drapeau de l’Arménie trainait par terre. La visite a provoqué un intense débat dans les médias arméniens. Le Premier ministre a répondu ne pas « regretter son geste » dans un récent direct sur Facebook.

    En parallèle, le Premier ministre a annoncé qu’il lançait une lutte contre les « fake news ». L’auteur d’une page satyrique sur Facebook a déjà été arrêté. Des mesures et des annonces qui inquiètent les membres de la société civile.

    Et puis, début avril, une militante transsexuelle est intervenue devant les députés de l’Assemblée nationale provoquant un tumultueux débat au sein de la société arménienne. La représentation de l’Union européenne en Arménie a appelé l’Arménie à protéger les membres de la communauté LGBT+. Aucune mesure restrictive n’a été encore prise face à ces menaces.


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