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    Poutine et Kim à Vladivostok: à qui a profité la rencontre?

    Le président russe, Vladimir Poutine et son homologue nord-coréen, Kim Jong-un à Vladivostok en Russie, le 25 avril 2019. ©Alexander Zemlianichenko/Pool via REUTERS

    Comme chaque vendredi, nous retrouvons la chronique de Bruno Daroux, Le Monde en Questions. Vous revenez cette semaine sur le mini-sommet qui a réuni jeudi le Président russe Vladimir Poutine et son homologue nord-coréen Kim Jong-un. Et la question que vous posez Bruno est la suivante : à qui a profité cette rencontre à Vladivostok ?

    Et bien la réponse est : surtout à Kim Jong-un, et un peu à Vladimir Poutine.

    Chacun des deux leaders cherchait son intérêt dans ce mini-sommet inédit entre la Russie et la Corée du Nord depuis 2011. Pour Vladimir Poutine, il s’agissait d’abord de montrer que la Russie veut et peut exercer un rôle important dans son espace régional, y compris en Asie du Nord-Est.

    Et en l’occurrence, même si le maître du Kremlin a eu des mots aimables pour les initiatives américaines envers Pyongyang, se rappeler au bon souvenir de Washington, mais aussi de Pékin, sur le thème : l’avenir de la Corée du Nord ne s’écrira pas sans Moscou.

    À Lire :

    - Sommet Poutine-Kim Jong-un: une poignée de main et un échange de compliments
    - Ce qu'attend la Corée du Nord de la rencontre Kim-Poutine

    Et de fait, la géographie ici se mêle à l’histoire pour donner des arguments à Vladimir Poutine.

    Ce sont les troupes soviétiques qui ont occupé la partie nord de la péninsule coréenne en 1945 et installé à la tête du nouvel état le grand-père de l’actuel dirigeant, Kim Il-Sung. Jusqu’à la chute de l’URSS, Pyongyang va jouer habilement des rivalités entre Pékin et Moscou. Les choses vont se gâter dans les années 90. Avec la chute de l’empire communiste, Moscou réduit ses exportations vers cet ex-pays frère et lui vend aux prix du marché ses exportations. Ce qui provoque une crise humanitaire en Corée du Nord et crispe gravement les relations bilatérales. La Corée du Nord renforce alors ses liens avec la Chine.

    La situation s’améliore doucement avec l’arrivée de Poutine au pouvoir et une première rencontre est donc organisée en 2011. Mais c’est la rencontre de cette semaine qui scelle la réconciliation.

    Et c’est donc surtout pour Kim Jong-un que cette rencontre est tout bénéfice.

    Après Pékin et désormais Washington, le voici reconnu par une des autres grandes puissances comme un leader qui compte. En froid avec les États-Unis depuis l’échec du sommet de Hanoï en février, cette reconnaissance russe lui permet de tenir la dragée haute à Donald Trump.

    Certes sur les sanctions internationales liées à son programme nucléaire, le compte n’y est pas. Kim Jong-un souhaite que Moscou défende à l’ONU l’arrêt de ces sanctions – mais la Russie ne propose qu’un allègement.

    Tout n’est donc pas parfait. Mais ce rapprochement avec Moscou lui permet aussi de renforcer son pouvoir en interne. Il sait désormais que Chine, Russie et États-Unis vont lui laisser les mains libres en interne.

    Il sait que ces trois grandes puissances ne vont pas le critiquer sur la question des droits de l’homme. À la tête d’un État totalitaire et répressif, Kim Jong-un pourra donc, avec l’assentiment tacite des grandes puissances, continuer à pratiquer la censure, la répression et même la torture contre ceux qui osent critiquer la ligne officielle.


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