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    1er-Mai: «Les syndicats en Afrique traînent le pas»

    Le syndicaliste togolais Adrien Akouété, secrétaire général adjoint de la branche Afrique de la Confédération syndicale internationale (CSI). DR Adrien Akouété

    En ce 1er mai 2019, le rôle des syndicats fait polémique dans les révolutions en cours à Khartoum et à Alger. Les grandes centrales syndicales du Soudan et d'Algérie ont-elles été un accélérateur ou au contraire un frein au changement ? Le syndicaliste togolais Adrien Akouété est le secrétaire général adjoint de la branche Afrique de la CSI, la Confédération syndicale internationale. En ligne de Lomé, il livre son point de vue au micro de Christophe Boisbouvier.

    RFI : cette année, c’est un 1er-Mai de conquête ou de résistance ?

    Adrien Akouété : Sur le continent africain, c’est un 1er-Mai de résistance, en tenant compte de tout ce qui se passe sur le continent, dans nos pays respectifs, puisque nous vivons les mêmes choses à travers le monde.

    Il y a quand même une grande conquête sociale. Ce sont les manifestations de Khartoum et de toutes les villes de province du Soudan, qui ont abouti à la chute d’Omar el-Béchir…

    Oui, mais nous ne voulons pas cacher la forêt avec un arbre. Et ce n’est qu’une goutte d’eau dans ce qui se passe ici, en Afrique. Donc je peux vous dire que, à part ce qui s’est passé au Soudan, à part ce qui s’est passé en Algérie, il y a plusieurs grèves au Tchad, au Gabon, au Burkina, au Niger.

    Mais nous sommes bien d’accord, au Soudan, tout est parti de l’augmentation du prix du pain au mois de décembre dernier ?

    Bien sûr. Mais, sachez tout simplement que ce problème est venu augmenter la misère et cela a entraîné une révolution. Vous avez compris que le mouvement syndical a traîné un peu le pas avant de franchir, puisque ce mouvement syndical, au Soudan, a été un syndicat très proche du pouvoir.

    Vous parlez de l’Algérie. Est-ce qu’Abdelaziz Bouteflika est tombé, lui aussi, sur des questions sociales ?

    Derrière tout ce qui s’est passé en Algérie, vous allez constater qu’il y a eu des mouvements vers les syndicats pendant longtemps, avant que le secrétaire général de l’UGTA ne prenne la parole pour dire : « Bon… Ça suffit ! ». Donc, Bouteflika n’est pas tombé par le syndicat, mais il est tombé par la volonté populaire.

    Vous soulignez le fait que, comme au Soudan, le grand syndicat algérien UGTA a été noyauté par le régime. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui ?

    Je ne dirais pas que le grand syndicat UGTA a été noyauté par le régime. Il y a des fédérations qui ont épousé le mouvement immédiatement et cela a poussé le bureau exécutif de l’UGTA à prendre ses responsabilités à un moment donné.

    Et le patron de l’UGTA est sur la sellette en ce moment ?

    Non, le patron de l’UGTA a proposé, les 21 et 22 juillet prochains, un congrès, afin que l’UGTA se redonne certaines capacités à faire face ce qui se passe.

    Afin qu’il retrouve une légitimité auprès de la population ?

    Non, je ne sais pas si c’est une légitimité, puisque la légitimité a été faite depuis. Après, avec les manifestations régulières, l’UGTA a pris une responsabilité énorme, en décidant de demander à monsieur Bouteflika de laisser la place.

    Vous défendez l’UGTA, parce qu’elle appartient à votre Confédération syndicale internationale - c’est bien normal - mais franchement, n’a-t-elle pas été sous le contrôle du FLN et du régime d’Abdelaziz Bouteflika ?

    Non, vous savez, chaque pays a sa façon de concevoir. Vous savez également que, sur le continent africain, jusqu’en 1990, il y avait des confédérations uniques dans beaucoup de pays. Mais les fédérations sectorielles de l’UGTA ne sont jamais d’accord quand les choses ne vont pas bien. Donc notre position, en tant que Confédération syndicale internationale - région Afrique -, c’est de supporter, d’apporter notre concours à tout ce qui se passe dans le pays pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs.

    En Afrique subsaharienne, quels sont les pays où il y a une grosse actualité sociale aujourd’hui ?

    Vous savez qu’actuellement, au Bénin, avec les élections législatives, il y a des problèmes. C’est à la fois politique et social, là aussi. Au Gabon, les enseignants, les étudiants et les élèves sont dans les rues actuellement. Donc, dans tous ces pays, c’est une grogne sociale, pour que les conditions soient revues. Donc le 1er-Mai 2019, c’est à la fois un 1er-Mai de résistance et de conquête.

    Et au Gabon, les lycéens ont manifesté et ils ont obtenu que la réforme des bourses soit suspendue. Qu’en pensez-vous ?

    Je pense que c’est les syndicats et les organisations des travailleurs qui ont poussé les lycéens à sortir et le gouvernement a compris le message. Je crois que le gouvernement a intérêt à organiser un véritable dialogue avec les organisations du pays, pour que cela donne de bons résultats, au lieu d’aller en grève et suspendre les choses régulièrement. Il faudrait que tout soit fait dans la transparence et à travers un dialogue social bien établi.

    Au Tchad, les gens veulent manifester contre la vie chère et la pénurie de gaz, mais ils n’en ont pas le droit. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Au Tchad, il y a eu plusieurs grèves. Des grèves générales et illimitées, à la fois. Ces grèves ont poussé le gouvernement à négocier avec l’Union des Syndicats du Tchad, l’UST, et cela a donné alors une feuille de route que le gouvernement n’arrive pas à respecter, compte tenu des problèmes que nous connaissons pour le gouvernement. Nous pensons que, dans tout dialogue, il faut respecter la parole donnée.

    Nous savons qu’il y aura des rebondissements au Tchad. Nous allons soutenir ces rebondissements, pour que les travailleurs soient à l’aise, afin de remplir leur devoir de citoyens pour le développement inclusif de ce pays. De même, dans tous les pays où il y aura grève, si les grèves sont des grèves licites, la CSI Afrique est prête à apporter tout son soutien à ces grèves-là.

    Vous parlez beaucoup des autres pays, mais il y a aussi le vôtre, le Togo, où il y aura une présidentielle dans un an. Y-a-t-il, aujourd’hui, des avancées sociales ou pas ?

    Le chef de l’Etat, le 26 avril dernier devant l’Assemblée nationale, a dit qu’il y aura une revalorisation de la valeur indiciaire de 5 %, à partir de 2020, et également la mise en place du Conseil économique et social. En troisième point, il a parlé également des retraités, qui auront alors une Maison de retraite, afin qu’ils se réunissent pour défendre également leur droit. Ce que nous pouvons dire, c’est de faire en sorte que nos organisations syndicales togolaises prennent le dossier en main, l’étudient et participent alors à toutes les discussions avec le gouvernement.

    Et l’année prochaine, la Confédération syndicale des Travailleurs du Togo, dont vous avez été le secrétaire général, donnera une consigne de vote pour l’un ou l’autre des candidats ?

    Non. Lorsque j’étais secrétaire général de la CSTT, nous avons été complètement apolitiques. Nous ne donnons jamais de consigne de vote. Je ne sais pas si le nouveau secrétaire général le fera. Nous attendons de voir.


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