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    Le durcissement des sanctions américaines ne mènera pas les exportations iraniennes à zéro

    Washington met fin aux dérogations qui avaient été accordées à huit pays parmi les plus gros clients du pétrole iranien, dont la Chine et l'Inde. ©REUTERS/Brendan McDermid

    Ce jeudi 2 mai, Washington met fin aux dérogations qui avaient été accordées à huit pays parmi les plus gros clients du pétrole iranien, dont la Chine et l'Inde. Ce durcissement des sanctions américaines contre Téhéran, c'est la victoire de l'aile dure de l'administration américaine.

    Incarnée par John Bolton, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, l’aile dure contre l’Iran l’a emporté à la Maison Blanche. Zéro tolérance désormais pour les pays qui continueraient d’acheter du pétrole iranien. Cette inflexibilité a surpris jusqu’aux alliés asiatiques des États-Unis : l’Inde, la Corée du Sud, le Japon. Gros clients de l’Iran, ils étaient encore en négociation avec le département d’État américain à ce sujet lorsque le couperet est tombé le 22 avril. Du temps d’Obama, ils avaient été épargnés par les sanctions américaines à condition de faire quelques efforts.

    Ces pays vont-ils pouvoir respecter les sanctions américaines ?

    Certains comme Taiwan, l’Italie et la Grèce n’importent déjà plus de pétrole d’Iran. Le problème se pose pour ceux qui sont encore très dépendants : la Chine, l’Inde et la Corée du Sud. Les liens commerciaux sont importants avec Téhéran. Les raffineries, en particulier en Inde, sont adaptées à la qualité de brut lourd de l’Iran, on ne change pas cela en deux semaines. Mais l’administration américaine accordera peut-être en sous-main 120 jours supplémentaires de délais à l’Inde et à la Corée du Sud, comme le régime de sanctions le permet.

    Quant à la Chine qui a ouvertement manifesté son mécontentement quand bien même elle pourrait respecter les sanctions, le voudra-t-elle ? Le pétrole iranien est l’un des multiples dossiers qui l’oppose aux États-Unis. Le risque concerne les individus, les organisations et les sociétés qui ont des intérêts aux États-Unis, la Chine peut tout à fait acheter du pétrole iranien par l’intermédiaire de petites banques qui n’ont pas de ramification en Amérique, voire même acheter via la Banque centrale chinoise, qui a un immense pouvoir de nuisance vis-à-vis des États-Unis.

    L’Iran va donc continuer à exporter du pétrole ?

    Probablement beaucoup moins qu’avant, d’autant que cette fois les condensats, le pétrole léger associé au gaz, est également soumis aux sanctions, ce n’était pas le cas sous Obama. Mais les exportations iraniennes ne vont certainement pas tomber à zéro comme le prétend la Maison Blanche. Elles sont encore officiellement d’1,4 million de barils par jour. Et il faudrait gonfler ce chiffre de 40% pour se rapprocher de la réalité, estime la société Kayrros. Au cours des cinq derniers mois, elle a observé l’Iran par images satellites : malgré les sanctions déjà en vigueur depuis novembre, le gaz continuait de brûler presque autant à la sortie des puits de pétrole. La production iranienne, donc, ne baissait pas. Or les cuves de pétrole des terminaux iraniens, elles, se vidaient régulièrement, comme l’indiquait le niveau de leur toit flottant, observé lui aussi par image satellite, sans compter les tankers qui éteignaient leur signal après avoir quitté les côtes iraniennes. Plus de 600 000 barils par jour seraient ainsi passés sous les radars. Cela ne veut pas dire que l’Iran ne souffre pas. D’autant qu’il consent un rabais sur ses barils, proportionnel au risque pris par ses acheteurs. Les choses vont maintenant devenir encore plus compliquées.

    Quelles sont les conséquences sur le marché du pétrole ?

    En milieu de semaine dernière le prix mondial du pétrole, celui du baril de Brent à Londres, a grimpé à son plus haut niveau depuis six mois, 75 dollars à l’annonce du durcissement des sanctions américaines. Mais à leur entrée en vigueur, le cours du Brent redescend. Le repli du pétrole américain est encore plus net. C’est qu’on vient d’annoncer des stocks énormissimes aux États-Unis, avec une production de pétrole qui va de record en record : 12,6 millions de barils par jour la semaine dernière ! De quoi calmer l’inquiétude sur l’approvisionnement mondial que pourrait causer l’absence des barils iraniens, tant que l’Arabie saoudite n’est pas très claire sur ses intentions, ouvrir les vannes ou pas, avant le sommet de l’OPEP du mois prochain. Seule l’aggravation de l’escalade au Venezuela pourrait vraiment stresser les marchés.

    Trump est peut-être en train de gagner son pari : être le plus dur possible avec Téhéran (et Caracas) sans trop mécontenter l’automobiliste américain.

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