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    Macédoine du Nord: complète incertitude autour du second tour de la présidentielle

    Les deux candidats qui s'affrontent pour le second tour de l'élection présidentielle : Gordana Siljanovska-Davkova et Stevo Pendarovski. AFP/Robert Atanasovski

    C’est aujourd’hui le second tour de l’élection présidentielle en Macédoine du Nord. L’issue du scrutin semble bien incertaine, et il pourrait même se solder par un fiasco si la participation n’atteignait pas le seuil requis de 40 % des inscrits. Quels sont les candidats en lice pour ce second tour ?

    D’un côté, il y a Stevo Pendarovski, le candidat soutenu par tous les partis de la coalition au pouvoir, les sociaux-démocrates du Premier ministre Zoran Zaev et les Albanais de l’Union démocratique pour l’intégration, le BDI. Présenté comme un candidat « consensuel » et comme le grand favori du scrutin, il a en fait été talonné au premier tour par la candidate de la droite nationaliste, Gordana Siljanovska-Davkova, une juriste qui jouit d’une bonne réputation personnelle. Les deux candidats ont respectivement obtenu 42,7 et 42,6 % des voix. Le troisième homme du premier tour, le candidat albanais indépendant Blerim Reka, l’a emporté dans les communes majoritairement albanaises du nord-ouest du pays, et il n’a pas donné de consignes de vote pour le second tour. Dans la dernière ligne droite avant le scrutin, le gouvernement dramatise l’enjeu : il s’agirait de voter pour ou contre « la perspective euroatlantique du pays ». En effet, Gordana Siljanovska-Davkova dénonce l’accord conclu avec la Grèce et ne reconnaît pas le nouveau nom du pays de « Macédoine du Nord ».

    Ce désaveu du candidat de la majorité signifie-t-il un rejet de l’accord avec la Grèce ?

    Il traduit plutôt la déception des électeurs, qui attendaient beaucoup de l’alternance. Mais hormis la conclusion de l’accord avec la Grèce, supposé relancer le processus d’intégration européenne du pays, au point mort depuis des années, ils ne voient rien venir, notamment sur le plan économique. Au contraire, le gouvernement de Zoran Zaev a renoué avec les « mauvaises pratiques » des nationalistes au pouvoir de 2006 à 2017 : népotisme, pressions sur la justice… Une éventuelle victoire de Gordana Siljanovska-Davkova, la candidate nationaliste, ne remettrait pas forcément en cause l’accord signé avec Athènes et validé par les Parlements des deux pays, mais elle pourrait utiliser les compétences de sa charge pour refuser de signer les lois votées par le Parlement, ce qui fragiliserait beaucoup le gouvernement de Zoran Zaev, dont la majorité parlementaire ne tient qu’à un fil.

    Les Albanais ont-ils la clé du scrutin ?

    Au premier tour, la participation n’a été que de 42 % des inscrits. Or il faut absolument qu’elle passe le seuil de 40 % pour valider l’élection au second tour. Un défi qui n’est pas gagné d’avance, quand il n’y a plus de candidat albanais en lice. Il sera très difficile de mobiliser cette communauté, qui représente un peu plus de 20 % de la population totale du pays. Si Gordana Siljanovska-Davkova l’emporte ou si le scrutin devait être invalidé, le pays risque fort de replonger dans une crise politique à l’issue incertaine. Ce serait en tout cas un très mauvais signal envoyé aux partenaires de la Macédoine du Nord, qui espère obtenir le feu vert à l’ouverture des négociations d’adhésion lors du Sommet européen de juin.

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