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    Pétrole contaminé : une «fraude» coûteuse pour l’industrie russe

    Des barils de pétrole. Getty Images/Photo 24/Brand X Pictures

    C’est une affaire qui pourrait coûter très cher à l’industrie pétrolière en Russie : la contamination de l’oléoduc « Droujba » (Amitié, en russe), qui permet à la Russie de vendre une partie de son brut à l’Allemagne et à plusieurs pays d’Europe de l’Est. Une « fraude » perpétrée par des fournisseurs russes de la région de Samara serait à l’origine de l’incident.

    Tout commence à la mi-avril. La Biélorussie affirme que le pétrole acheminé par la Russie est contaminé par des produits chlorés. Ces produits sont utilisés lors de l’extraction du brut, mais ils doivent ensuite impérativement être retirés, faute de quoi ils risquent d’endommager toute la chaîne de transport et de transformation. Dans les jours qui suivent, un vent de panique souffle parmi les acheteurs de ce pétrole frelaté – qui annulent leurs commandes, les uns après les autres. La Biélorussie décide de ne plus accepter le pétrole transitant par l’oléoduc contaminé, bientôt suivi par d’autres pays : l’Ukraine, la Pologne et la République tchèque. Selon la Biélorusse, ce sont cinq millions de tonnes de pétrole qui ont été contaminées pour une valeur estimée par l’agence Reuters à plus de deux milliards de dollars.

    Le préjudice est considérable pour les clients, pour les pays de transit, et pour la Russie. D’abord, en raison de la quantité de pétrole contaminé, pétrole qu’il sera très coûteux de purifier. Ensuite, parce qu’il faut nettoyer le pipeline incriminé : un travail laborieux, long et également très coûteux. Durant cette période, il est en outre impossible d’utiliser l’oléoduc, ce qui provoque un nouveau manque à gagner. Enfin, il y a le préjudice en termes d’images pour la Russie et pour Transneft, la compagnie qui assure l’exportation de ce pétrole vers l’Europe occidentale.

    Fraude et procédures de contrôle

    A Moscou, le patron de Transneft a d’ailleurs passé un très mauvais quart d’heure auprès de Vladimir Poutine, qui a réclamé des comptes, publiquement, à Nikolay Tokarev. Or, celui-ci se dit victime d’une fraude perpétrée par des fournisseurs de pétrole de la région de Samara. Ce mardi, quatre personnes ont été arrêtées dans cette affaire, mais pour l’heure on ne connaît ni leur identité ni les noms des fournisseurs incriminés.

    Les autorités russes vont sans doute très vite envoyer un message de fermeté, et tenter de montrer qu’il s’agit là d’un incident isolé. Car pour Moscou c’est la fiabilité du pétrole national qui est en jeu, et le pétrole, pour la Russie, constitue une source de revenus absolument essentielle. Il n’est pas surprenant, donc, de voir Vladimir Poutine taper du poing sur la table. Et demander à Transneft de revoir, au plus vite, ses procédures de contrôle.


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