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    A la Une: crise de légitimité en Afrique du Sud

    Prestation de serment de Cyril Ramaphosa, nouveau président de l'Afrique du Sud, face aux parlementaires, le 15 février 2018. REUTERS/Rodger Bosch

    Ce mercredi, constate Le Monde Afrique, les quelque « 26,7 millions d’électeurs sud-africains inscrits doivent se rendre aux urnes pour les sixièmes élections générales depuis l’avènement de la démocratie en 1994. (…) Mais plus de neuf millions de Sud-africains en âge de voter – dont beaucoup de jeunes – n’ont tout simplement pas jugé bon d’inscrire leur nom sur les listes électorales. En soi, il s’agit déjà d’un désamour. Il menace de tourner au désaveu. »

    En effet, poursuit Le Monde Afrique, « deux types de problèmes assombrissent l’avenir : les fondamentaux de l’économie, y compris le coût social pour maintenir à un niveau de survie une nation devenue un modèle d’inégalité – alors que ses fondements politiques étaient ceux de l’égalité –, n’offrent aucune marge de manœuvre. L’argent manque pour financer un plan de relance capable de changer le pays. (…) L’ANC a instauré un système de ponction d’Etat qui s’est aggravé au cours de la décennie écoulée, menant à des points de rupture. (…) De plus, constate encore Le Monde Afrique, en un quart de siècle, l’ANC a, au fond, présidé à l’enracinement d’un système d’inégalités raciales. Et cela ne sera pas tenable éternellement. »

    Bonne santé démocratique

    Malgré tout, le quotidien sud-africain Business Day veut croire en la bonne vitalité démocratique du pays : « l’économie sud-africaine est mal en point, mais les campagnes politiques de ces derniers mois montrent que notre corps politique est en vie. Au cours du week-end dernier, les trois plus grands partis ont tenu des meetings rassemblant des dizaines de milliers de sympathisants enthousiastes, profondément tolérants et disciplinés. Ces rassemblements témoignent de la vigueur de la démocratie en Afrique du Sud. »

    Certes, poursuit Business Day, « nous avons un grand parti dominant qui a gouverné pendant les 25 ans qui se sont écoulés depuis la libération, mais nous avons également une multitude de petits partis qui sont libres de faire campagne et de se faire concurrence. Ces petits partis grandissent à mesure que notre démocratie mûrit. Donc, avant qu'un seul vote ait été exprimé, les Sud-Africains ont beaucoup à célébrer. La démocratie est florissante. »

    Une économie en berne

    En tout cas, « une chose est sûre, relève Cape Times, cette élection 2019 est un champ de bataille clé et un test de la perception par les électeurs du résultat des luttes de gouvernance politique et financière de ces dernières années. Pour beaucoup, toutefois, reconnaît Cape Times, la situation semble être proche de l’abandon de l’idéal d’une Afrique du Sud prospère, pacifique et stable. L’accélération de la corruption au cours de la dernière décennie, conjuguée à une économie apparemment bloquée en mode limace, a laissé beaucoup d’électeurs se sentir impuissants. Ajoutez à cela le chômage structurel, les niveaux élevés de criminalité, les services publics dépassés et les batailles politiques, et il semble que nous ayons atteint nos limites. »

    Vers une remise en question de l’ANC ?

    Pour le Mail and Guardian, l’ANC devrait toutefois l’emporter une nouvelle fois… Mais une grosse remise en question s’impose, pointe le site sud-africain : « L’opportunité de changement réside dans le fait que, malgré la marque de pouvoir de l’ANC et sa quasi certaine victoire nationale, les citoyens continuent d’exprimer un profond mécontentement à la fois du parti et de la trajectoire du pays au cours des deux dernières décennies. Les problèmes sont connus : la pauvreté (47% des Sud-Africains vivent sous le seuil national de pauvreté de 43 dollars par mois), l’inégalité des revenus (la plus élevée au monde) et une espérance de vie en baisse. Tout cela malgré la hausse du PIB. »

    Alors, oui, l’ANC va devoir redresser la barre, s’exclame Le Pays au Burkina. « Si l’on voit Cyril Ramaphosa faire difficilement pire que son prédécesseur Jacob Zuma à la tête de l’Etat sud-africain, on est, par contre, fondé à croire que l’ANC a aujourd’hui besoin, pour se relever, de faire une véritable introspection et une autocritique sans complaisance. Car, au-delà de la gestion du pouvoir, le véritable défi est celui de l’amélioration des conditions de vie des populations (…) dans cette Nation Arc-en-ciel où l’apartheid social et économique semble avoir pris le relais de l’apartheid racial. »

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