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    Fathi Bachagha (ministre libyen): «Nous sommes le gouvernement légal»

    Le président français Emmanuel Macron a reçu à l'Elysée le Premier ministre libyen Fayez el-Sarraj, qui dirige le gouvernement soutenu par l'ONU à Tripoli, Paris, le 8 mai 2019. REUTERS/Philippe Wojazer

    Plusieurs responsables libyens, avec à leur tête le président du gouvernement d'union nationale (GNA), Fayez el-Sarraj, font une tournée européenne pour tenter d'obtenir une position unique de l'UE dans le dossier libyen. Après Rome et Berlin, ils étaient ce mercredi à Paris. Fayez el-Sarraj a rencontré le président Emmanuel Macron en tête à tête. Le président français a assuré le Premier ministre libyen de la coopération de la France avec le GNA. Mais plus d'un mois après le début de l'offensive militaire lancée vers Tripoli par le maréchal Khalifa Haftar, la situation est dans l'impasse et le dialogue semble très loin. Fathi Bachagha, le ministre de l'Intérieur libyen, est notre invité.

    RFI : Quel message avez-vous transmis aux Français durant vos rencontres d’hier ?

    Fathi Bachagha : Nous avons expliqué notre point de vue, et exposé les réalités ainsi que les vérités que le côté français ignore. Le gouvernement français a compris la réalité de la situation, et il y a eu une position positive à notre égard. Quant à l'invasion de Tripoli, c'était pour nous une surprise, une opération choquante, et elle n'est absolument pas justifiée. Pourtant, nous avons eu l'impression que certains pays sont restés silencieux et n'ont pas réagi vis-à-vis de cette offensive. En d’autres termes, ces pays ont incité, ou alors, Khalifa Haftar a compris qu'ils l’incitaient, qu’ils l’autorisaient à cette offensive. Bien sûr, cela n'a pas du tout plu au gouvernement d'union nationale et nous avons demandé aux pays qui nous reconnaissent de préciser leurs positions vis-à-vis de l’attaque perfide contre Tripoli.

    Pour vous, que peut faire la France pour stopper cette guerre ? Vous posez des conditions, comme par exemple, la nécessité du retrait des forces de Khalifa Haftar.

    Ce qui nous intéresse d'abord, c'est que les divisions dans les positions européennes se terminent et que l’Europe adopte la même position sur la Libye. Les points de vue européens divergent. Cela créée une grande confusion politique. Voilà pourquoi nous faisons cette tournée européenne, afin d'exposer notre point de vue et d'inciter ces pays à unifier leurs positions concernant cette attaque insidieuse. En ce qui concerne le cessez-le-feu, nous ne pensons pas qu'il se concrétisera, tant que les forces de Haftar ne se retirent pas et qu'elles ne retournent à leurs positions d'avant le 4 avril. C'est seulement à ce moment-là que l'on pourrait parler d'un cessez-le-feu. Ce n’est pas possible autrement, car il y a une agression. Haftar a traversé 1 300 km jusqu'aux portes de la capitale, il veut la détruire alors qu'on avait une grande occasion d'accomplir un processus politique avec la conférence nationale.

    Le retrait, c’est donc votre demande pour revenir au dialogue et renouer avec le processus politique ?

    Nous ne pensons pas que le processus politique pourrait se tenir sur les mêmes bases qu'avant. Il n’y aura pas le même plan de route qu'avant le 4 avril, les circonstances ont beaucoup changé.

    Vous voulez dire que le dialogue ne se fera plus en présence de Khalifa Haftar.

    Il y aura un dialogue, nous avons besoin de dialogue, mais le plan de route, tout comme la base de ce dialogue, a changé.

    On accuse le gouvernement d'union nationale de se défendre en se basant sur des milices qui regroupent des éléments extrémistes. On vous reproche d'être complaisant avec ses éléments. Quelle est réellement votre position vis-à-vis de ces hommes armés ?

    La majorité des forces qui combattent avec le gouvernement d'union nationale sont issues des forces qui ont lutté contre l'organisation État islamique à Syrte. Ces forces ont été soutenues par une coalition internationale, composée des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France qui a aussi contribué à cette coalition. 

    On ne parle pas évidemment de ces forces, mais d'éléments terroristes connus et identifiés.

    Nous procédons, mon ministère et moi, en tant que ministre de l’Intérieur, à des arrestations d'éléments terroristes tous les jours. Mais certains terroristes se sont peut-être infiltrés dans nos rangs. Il ne faut pas oublier, non plus, que les milices de Haftar se servent des salafistes jihadistes, elles se font aider par des criminels recherchés par la CPI. Dans les prochains jours, nous allons sortir un rapport qui recense tous ceux qui sont tombés dans les rangs de Khalifa Haftar, photos et renseignements à l’appui, et qui démontre qu’il y a des criminels parmi eux.

    Les combats aux portes de Tripoli durent depuis plus d'un mois, où va-t-on dans cette guerre ? Le gouvernement d'union nationale est-il prêt à aller jusqu'au bout ?

    C'est une guerre qui nous a été imposée, ce n’est pas nous qui sommes allés à cette guerre, elle est venue chez nous et elle nous a été imposée. Nous sommes en train de repousser les forces de Haftar, et si Dieu le veut, nous les vaincrons. Dans les deux prochaines semaines, la donne va beaucoup changer dans l'intérêt du gouvernement d'union nationale, et de notre armée.

    Vous avez déclaré que cette bataille pourra se transformer en une guerre civile généralisée en Libye. La guerre va-t-elle s'élargir vers d'autres fronts ?

    C'est une possibilité. En ce moment, il y a un mécontentement et une grosse colère contre l'offensive de Haftar. Certaines villes que Haftar semble dominer vont, je pense, se révolter contre lui dans les prochains jours. La guerre s’élargira alors vers ces zones.

    Y a-t-il un mot que vous souhaitez adresser à travers notre radio à la communauté internationale et notamment à la France ?

    Je m'adresse à la communauté internationale, cette communauté est intéressée, tout comme nous, par la stabilité. La stabilité sécuritaire, politique et sociale est un souhait que nous partageons tous et surtout, avec les pays méditerranéens. Tout cafouillage politique ou sécuritaire ou dictatorial, car c'est le bien ce régime que Haftar cherche à réinstaller, tout ça, ne fera pas de la Libye un pays stable. Le feu libyen touchera alors toute la région. Si la Libye ne recouvre pas la stabilité, toute la région sera instable. Nous sommes prêts à coopérer avec tous les pays, car notre stabilité sert l'intérêt de tous. Nous sommes prêts à ouvrir nos bras, à une condition que ces pays ne soutiennent que le gouvernement d'union nationale en Libye et non pas le gouvernement parallèle. Le cas contraire nous mettra trop en colère. Nous sommes le gouvernent légal.


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