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    Burkina Faso: «Les otages n'avaient probablement pas atteint leur destination»

    La ministre française de la Défense Florence Parly et le chef d'état-major des armées François Lecointre lors de la conférence de presse après la libération au Burkina Faso de quatre otages, dont deux Français, à Paris, le 9 mai 2019. JACQUES DEMARTHON / AFP

    Quatre otages ont été libérés au Burkina Faso, près de la frontière malienne. Parmi eux, deux Français enlevés le 1er mai, une Américaine et une Sud-Coréenne enlevées il y a presque un mois sans que personne ne sache qu’elles étaient otages. Qui sont les ravisseurs, comment les otages ont-ils pu passer plusieurs jours au Burkina Faso sans être repérés ? Faut-il craindre une contagion au nord du Togo et du Ghana ? Mahamadou Sawadogo, spécialiste du Burkina Faso, chercheur au Carrefour d’étude et de recherche action pour le développement et la démocratie (CERADD) de l’université Gaston Berger de Dakar, est au micro de Marie-Pierre Olphand.

    Selon nos informations, les ravisseurs appartiendraient au groupe Ansaru al-Islam et seraient des proches de Jafar Dicko, le frère d'Ibrahim Malam Dicko, l’ancien leader aujourd’hui décédé. Est-ce que c’est plausible pour vous ?

    Mahamadou Sawadogo: Oui. Pour moi, c’est très plausible parce que, après le décès de Malam, Jafar a pris la relève mais, ne se sentant pas très fort, a été obligé de redescendre vers l’Est parce qu’il y a eu une dislocation du groupe lui-même. Il est donc redescendu carrément à l’Est où il a des ramifications et des attaches avec des gens parce que ses parents maternels viennent de l’Est. C’est là-bas qu’il a pu avoir le soutien probablement de l’État islamique mais aussi d’autres groupes. C’est là qu’il a pu vraiment instaurer son autorité.

    Est-ce que sa présence à la frontière avec le Bénin a-t-elle déjà été signalée ?

    A plusieurs reprises, nous avons eu quelques informations le concernant lui mais concernant aussi des groupes locaux qui agissent le long de la frontière. Les autorités n’ont jamais formellement dit qu’elles l’ont identifié mais beaucoup d’informations portent à croire que, effectivement, il serait actif dans cette bande.

    Selon le chef d’État-major des armées françaises, l’opération de libération des otages a eu lieu pour éviter leur transfèrement à la Katiba du Macina au Mali. Est-ce que les liens entre le groupe de Jafar Dicko et cette Katiba sont connus ?

    Oui, d’autant plus que le groupe de Jafar, à la mort de Malam, a été disloqué entre l’État islamique et une partie qui a rejoint la katiba du Macina. Par conséquent, les connexions et les liens sont forcément restés. Ce qu’il ne faut pas non plus perdre de vue, c’est que pour le cas spécifique du Burkina, le groupe État islamique et le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans ont eu, de temps en temps, des alliances et, de temps en temps, ils mènent des opérations conjointes, même si parfois on pense que c’est contre nature.

    Pourquoi n’y a-t-il pas eu de revendication dans le cas de l’enlèvement des deux Français ?

    C’est simple. Le groupe État islamique n’a pas l’habitude de faire les revendications. Généralement, les otages sont transférés à la katiba du Macina et ce sont eux qui font ensuite les revendications. Les otages n’avaient probablement pas atteint la destination.

    Les otages ont été justement retrouvés au nord du Burkina Faso, à 70 kilomètres au nord de Djibo, selon nos informations. Cela fait quelle distance par rapport à leur lieu d’enlèvement ?

    Cela fait plusieurs centaines de kilomètres. Cela peut paraître très loin mais lorsque l’on regarde la configuration géographique du Burkina, ces groupes terroristes ont créé, tout le long du trajet, entre le Sahel et l’Est, des zones de confort. Ces dernières passent effectivement par le parc W d’Arly, la partie septentrionale Gayéri et ça rejoint Markoye, au Sahel, pour enfin rejoindre le Mali ou le Niger. Ce sont donc bien des zones de confort dont ils ont le contrôle.

    Les  deux autres otages retrouvés avec les Français étaient manifestement détenus depuis près d’un mois. Comment ont-ils pu être gardés aussi longtemps au nord du Burkina Faso sans être repérés ?

    Ce qu’il faut retenir, pour le nord du Burkina, c’est qu’à partir de la ville de Nassoumbou, à quelque 30 kilomètres de Djibo, le reste du territoire est une zone assez déserte où il n’y a plus d’administration, ce qui veut dire que c’est une zone qu’ils maîtrisent complètement. Cela ne m’étonne donc pas qu’ils se soient installés dans cette zone sans être inquiétés.

    Avec ce dernier enlèvement au Bénin, on a l’impression que le Burkina Faso est de plus en plus cerné au Nord, à l’Est et maintenant au Sud-Est. Est-ce qu’il faut s’attendre à une contagion encore plus vers l’Ouest, en passant par le nord du Togo, notamment ?

    Oui. Tous les indicateurs sont déjà au rouge concernant le Bénin, le Togo et le Ghana. En novembre 2018, on observait déjà des mouvements de ces groupes dans cette partie de ces pays-là. Depuis, lorsqu’il y a des attaques au Burkina, on les retrouve parfois traverser la frontière, ce qui veut dire qu’ils ont des bases arrière dans ces pays. Il est donc à craindre que si ces pays ne prennent pas de dispositions, cela puisse contaminer le reste de la partie nord. Les mêmes facteurs qui ont causé ou entraîné le basculement des pays comme le Burkina et le Mali sont les mêmes que l’on retrouve au nord de ces pays-là sans que ses gouvernements n’anticipent des mesures préventives.

    La prise de conscience a-t-elle du mal à se faire dans ces pays ?

    Oui. Et pour moi, cela peut servir de leçon pour que ces pays commencent déjà à anticiper sur des réponses et des solutions.


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