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    Affaire Dag Hammarskjöld: «Beaucoup d'archives n'ont toujours pas été déclassifiées»

    L'ancien secrétaire général de l'ONU, Dag Hammarskjöld, en 1961. Nobel Foundation

    C’est une affaire qui a plus d’un demi-siècle. En septembre 1961, un avion se crashe en Rhodésie du Nord, l’actuelle Zambie. À son bord, Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations unies, venu faire le déplacement de la dernière chance pour tenter d’arracher un accord de paix au Katanga alors que des combats ont éclaté depuis quelques jours entre des casques bleus et des soldats katangais qui ont fait sécession avec le Congo. Officiellement, la thèse de l’accident est retenue. Mais cet avis n’est pas partagé par tout le monde. Dans une longue enquête, Ils ont tué Monsieur H aux éditions du Seuil, le journaliste Maurin Picard revient sur ce sombre épisode de la période des indépendances. Il parle d’une conspiration internationale. Il est l’invité d’Alexis Guilleux.

    Vous avez enquêté pendant plusieurs années sur la mort de Dag Hammarskjöld. Selon vous, le crash de son avion en septembre 1961 n’est pas un accident mais un assassinat. Qui serait, selon vous, derrière cette conspiration?

     

    Maurin Picard: Une conspiration internationale qui rassemble des intérêts miniers anglo-belges de l’époque qu’on appelait l’Union minière du Haut-Katanga ; des espions britanniques, français, belges et peut-être aussi sud-africains et des mercenaires de plusieurs nationalités,  des soldats blancs de la province séparatiste du Katanga à l’époque qui refusaient de réintégrer le giron du Congo indépendant.

    Quelles archives avez-vous retrouvées ?

    Il y a beaucoup d’archives auxquelles il est difficile d’accéder au siège de l’ONU, à New York. Il y a les archives diplomatiques belges, anglaises, françaises, sud-africaines et américaines aussi dans une certaine mesure mais beaucoup de ces archives n’ont toujours pas été déclassifiées. On se heurte à une forme de mur du silence de la part de plusieurs grandes capitales, aujourd’hui, et c’est assez difficile à comprendre.

    Vous avez également retrouvé des témoins dont des mercenaires français et belges qui étaient dans la région, à l’époque. Que vous ont-ils raconté ?

    Il y a un pilote de chasse mercenaire belge, toujours vivant à Bruxelles qui nie obstinément avoir été mêlé de près ou de loin à une attaque éventuelle de nuit sur l’avion qui transportait le secrétaire général de l’ONU mais il confirme que cette poignée de pilotes casse-cou dont il faisait partie, étaient capables de voler par tous les temps et pouvaient très bien, théoriquement, abattre un avion, ce qui a toujours été contesté par les partisans de la thèse de l’accident, depuis le crash de 1961. Puis, il y a un mercenaire français retraité qui me confirme que la poignée d’affreux - de ces soldats de fortune français, envoyés à l’époque au Katanga - étaient bien des officiers en mission commandée et envoyés par le régime gaullien de la Cinquième République.

    A quel point cette implication de mercenaires français au Katanga était-elle voulue par Paris ? Est-ce qu’on en sait un peu plus aujourd’hui ?

    On sait aujourd’hui, contrairement à ce qui a longtemps été dit, que la France lorgnait sur le Katanga. Paris envoie des mercenaires « pour préparer » éventuellement une reconnaissance officielle du Katanga par la France si jamais cette indépendance, cette sécession pouvait être confirmées au niveau international. Malheureusement, ces mercenaires français se heurtent à des contingents de casques bleus qui, eux, veulent faire rentrer le Katanga dans le giron du Congo. Ils vont tuer les casques bleus - on le sait aujourd’hui - et ils vont se livrer à une guérilla insensée au point d’ourdir un complot pour assassiner les dirigeants de l’ONU au Katanga.

    Ce serait pour des raisons financières, minières, que la France aurait misé sur la sécession katangaise, au début des années 1960 ?

    Oui et puis il y a une dimension politique, idéologique. On commence à parler de la Françafrique qui est déjà un petit peu sous la coupe de Jacques Foccart, la cellule des Affaires africaines et malgaches de l’Élysée. Paris essaie alors de voir si, par hasard, il ne serait pas possible d’étendre l’influence de la France à ces immenses territoires d’Afrique centrale que la France convoitait évidemment depuis longtemps, depuis le congrès de Berlin, en 1885.

    On sait aussi que le profil de Dag Hammarskjöld, le secrétaire général de l’ONU, ne plaisait pas à grand monde, à l’époque.

    Oui. Dag Hammarskjöld dérange depuis longtemps. Il dérange la France et le Royaume-Uni depuis le fiasco de l’expédition de Suez en 1956. C’est lui qui s’est envolé sur un coup de tête, parti en première ligne, pour négocier un cessez-le-feu avec Nasser. C’est aussi lui qui essaie de faire monter au Conseil de sécurité, l’affaire des évènements en Algérie, de la guerre civile dans le pays. C’est donc quelqu’un qui essaie à chaque fois de trouver un moyen d’offrir un rôle nouveau et inédit à l’ONU dans un contexte évidemment de guerre froide où il est très difficile, pour cette organisation internationale, de combler le vide laissé par les anciennes puissances coloniales en Afrique et en Asie.

    Quels éléments nouveaux votre ouvrage apporte-t-il par rapport aux autres enquêtes journalistiques qui ont été publiées ces dernières années ?

    On a pu rassembler un faisceau concordant de témoignages de gens au sol, cette nuit-là, qui ont vu un deuxième avion surgir de la pénombre pour ouvrir le feu sur le gros avion, le DC-6 qui emportait Dag Hammarskjöld et une quinzaine de passagers. J’ai retrouvé plusieurs de ces témoins. L’un d’entre eux est un Sud-Africain qui s’est retrouvé sur son scooter, juste à côté du site du crash, et qui s’est fait braquer par un soldat blanc qui lui a dit de déguerpir au plus vite.

    C’est donc la thèse qui ressort de votre ouvrage, ce deuxième avion qui viendrait tirer sur celui du secrétaire général de l’ONU ?

    Oui. On a identifié, avec plusieurs autres chercheurs, le type de l’appareil. C’était un bimoteur, un Dornier 28, qui était probablement en embuscade et on retrouve sa trace 36 heures plus tard, à Brazzaville. Ceci étant, les archives du Congo-Brazzaville n’ont toujours pas parlé. On attend encore, grâce à l’ONU, grâce à notre enquête en cours que ces archives puissent être ouvertes et qu’on puisse en avoir le fin mot, qu’on puisse identifier l’équipage de cet appareil et qu’on sache enfin qui a abattu le DC-6 de Dag Hammarskjöld.

    Qui a abattu et qui a donné l’ordre d’abattre. Il manque encore des archives pour le savoir ?

    Oui. Deux pays notamment. Le Royaume-Uni et l’Afrique du Sud refusent obstinément, depuis trois ans, de coopérer avec l’enquête officielle en cours, avec ce juge tanzanien, Mohamed Chande Othman, qui a demandé à maintes reprises à Londres et à Pretoria de coopérer, d’ouvrir leurs archives confidentielles. Il se heurte lui aussi, depuis plusieurs années, à un mur du silence.

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