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    Jeannine Mabunda: «Les Congolais sont fatigués de la politique politicienne»

    Jeannine Mabunda (d.) ONU

    C’est une proche de l’ancien président congolais Joseph Kabila, elle été sa conseillère en matière de lutte contre les violences sexuelles et a été élue il y a peu à la tête de l’Assemblée nationale congolaise. Le choix de sa candidature par l’ex-président avait créé la surprise. Jeannine Mabunda est l’invitée de RFI. Nomination du Premier ministre, absence de l’opposition au bureau de l’assemblée, retour annoncé de Moise Katumbi en RDC, réformes à venir. Elle répond aux questions de Florence Morice.

    RFI : Votre candidature a créé la surprise à Kinshasa. Vous avez été préférée à plusieurs caciques de l’ère de Joseph Kabila. Pourquoi vous a-t-il choisi?

    Jeanine Mabunda : Vous avez dit que j’ai été préférée à certains caciques. D’autres ont dit que j’ai été une femme-alibi ou imposée. Moi, je ne le pense pas. Je suis un opérateur politique comme les autres. J’ai mon expérience qui parle pour moi. Je viens du secteur privé, puis j’ai migré dans le secteur public où j’ai servi des missions d’État en faveur de la population congolaise. Et généralement, je suis quelqu’un de conviction, parfois, peut-être au-delà des clivages politiques.

    Certains cadres de votre coalition affirment que l’ancien président a voulu sanctionner ces caciques pour n’avoir pas su faire gagner son dauphin à la présidentielle. Vous ne craignez pas qu’ils vous mènent la vie dure à l’Assemblée ?

    Je crois qu’on a beaucoup voulu spéculer, mais je crois qu’une fois que le choix a été fait, j’’ai veillé moi-même à convaincre mes collègues députés, caciques ou non, qu’ils soient de mon parti ou non, que j’avais une véritable vision, et cette vision, c’était de faire de l’hémicycle la maison du Peuple, et non pas le palais du Peuple.

    À peine élue fin avril, vous avez rappelé l’urgence qu’il y a à investir un Premier ministre en RDC. Près de trois semaines plus tard, toujours rien, pas de Premier ministre, pas de gouvernement. Est-ce que cela vous inquiète ?

    Ce ne sont pas des processus faciles. C’est pour la première fois qu’on fait une transition où finalement, un ancien président constate le résultat électoral qui donne la voix à une ancienne opposition, dans un contexte pacifique. Donc on est un pays de 80 millions de personnes avec une histoire de conflit qui n’est pas totalement résorbée dans une partie du pays.

    Bien sûr, ce n’est pas facile. Mais il y a trois semaines aussi, le président Félix Tshisekedi avait promis que le nom du Premier ministre serait connu dans les tout prochains jours. Qu’est-ce qui bloque ?

    Je crois que les discussions sont en cours et qu’on va bientôt atterrir. Mais on a vu que dans d’autres pays, que ce soit la Finlande, les Pays-Bas, l’Autriche ou la Belgique où on a pris 580 jours pour trouver un Premier ministre. Donc le Congo n’est pas une exception en la matière. Mais je pense que nous allons aller beaucoup plus vite que les 580 jours belges et nous aurons une solution.

    Quel doit être le profil du futur Premier ministre ? Êtes-vous d’accord avec votre prédécesseur, Aubin Minaku, pour dire qu’il doit obligatoirement être issu de votre coalition, le Front commun du Congo ?

    Le choix du Premier ministre serait d’abord guidé en premier critère par un Premier ministre qui soit à l’écoute du peuple, qui travaille en bonne concertation avec le président de la République qui va le désigner.

    Est-ce qu’il pourrait être issu de la coalition Cap pour le changement (Cach) du président Félix Tshisekedi ou est-ce que c’est exclu ?

    Je ne suis pas le président Tshisekedi, donc je ne peux pas répondre à sa place.

    Et que répondez-vous à ceux qui disent que l’ancien président ferait exprès en quelque sorte de retarder cette nomination pour entraver l’action du président Tshisekedi ?

    Je suis un petit peu étonnée parce qu’ils se parlent assez couramment. Et pour nous, les Congolais, par rapport à l’histoire politique en confrontation que nous avons connue, c’est une grande avancée. On ne pouvait pas espérer ça. . Il faut rappeler aussi qu’en général, la RDC n’a jamais connu de président vivant, qui reste après son exercice du pouvoir dans la capitale, parce que tous nos présidents sont ou partis, ou morts violemment, ou en exil. Donc nous avons la chance d’avoir deux personnes d’une même génération qui vise à la modernisation politique de ce pays et qui se parlent. Je pense que c’est déjà une bonne chose.

    Le jour de votre élection, vous avez aussi promis que vous seriez à l’écoute de tous, majorité comme opposition. Pourtant aujourd’hui, l’opposition est absente du bureau de l’Assemblée. Elle a refusé l’unique poste qui lui était proposé, car elle estime que la loi lui en garantissait deux. Pourquoi votre formation politique refuse de lui accorder un poste supplémentaire ? Que craignez-vous ?

    Je ne crois pas que c’est une question de crainte. La majorité a un poids politique évidemment supérieur à celui de l’opposition au moment où les discussions ont commencé.

    Bien sûr. Mais eux, ils contestent la répartition des postes. Sur le fond, regrettez-vous que l’opposition ne soit pas présente au bureau de l’Assemblée, et allez-vous faire un geste en leur faveur ?

    Il y a certainement un intérêt, une obligation d’avoir le Congo dans toute sa diversité. Et nous avons entamé des discussions avec différents leaders de l’opposition politique justement en vue de trouver des solutions sur cette question-là. L’opposition attend une contre-proposition de la majorité qui irait dans le sens de compenser peut-être ce qu’ils estiment ne pas avoir obtenu au niveau du bureau de l’Assemblée nationale. Nous sommes en train de constituer les groupes parlementaires. Après les groupes parlementaires, c’est les commissions de travail. Et c’est peut-être au sein de ces différents organes que nous pourrons poursuivre ce dialogue pour mettre tout le monde à l’aise.

    Vous avez également promis de renforcer le contrôle parlementaire. Est-ce que cela signifie que vous allez lancer une enquête parlementaire sur la gestion des entreprises publiques telle que la Société générale des carrières et des mines (Gécamines). On sait que beaucoup de députés le réclament.

    Je crois que je ne voudrais pas individualiser, mais je suis attachée effectivement à certains principes de gouvernance et de rigueur. La population nous le demande. Moi-même, j’ai été ministre du portefeuille. J’ai été interpellée six fois au Parlement. Ce ne sont pas des exercices faciles, mais je pense que cela nous amène à plus de qualités dans la gouvernance.

    La Constitution congolaise prévoit dans certains cas très graves la mise en accusation par le Parlement du président de la République pour l’obliger à démissionner. Est-ce que vous serez prête à actionner ce dispositif si on vous le demande contre le président Tshisekedi ?

    Je crois que tous les moyens de contrôle sont permis dans le respect des institutions, et toujours dans le souci de la concorde nationale, et dans le respect des intérêts des Congolais.

    L’opposant Moïse Katumbi a annoncé la semaine dernière sur RFI son retour en RDC. Est-ce que pour vous dans le contexte actuel, c’est une bonne nouvelle ?

    Ce n’est pas à moi à dire si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle. Ce sont les citoyens congolais qui jugeront. Ce que nous voulons, c’est une opposition constructive, c’est une opposition démocratique, que toutes les sensibilités de la majorité comme de l’opposition puissent s’exprimer, mais avec un certain sens de responsabilité. Les Congolais sont fatigués de la politique politicienne. Je ne peux pas non plus juger et faire de commentaires sur une opposition qui a plusieurs visages aujourd’hui. On a entendu la voix de Moïse Katumbi, c’est bien. Mais il appartiendra à l’opposition -sensibilité Fayulu, sensibilité Ève Bazaiba, Jean-Pierre Bemba et Moïse Katumbi- de nous dire quel sera le porte-voix de cette opposition.

    Moïse Katumbi a dit qu’il revenait notamment pour défendre la Constitution. Il soupçonne le Front commun pour le Congo (FCC) notamment de vouloir la faire modifier, sous-entendu pour faciliter le retour de Joseph Kabila au pouvoir. Est-ce que vous seriez favorable à une réforme de la Constitution ?

    Je pense que les propos de monsieur Katumbi l’engagent. Il fait des spéculations. Mais moi, à mon avis, il est encore assez déconnecté de la réalité. Ça fait plusieurs années qu’il est en dehors du Congo. Il est prématuré à mon avis qu’il juge à distance.

    Certains redoutent que le Parlement ne change le mode de scrutin à la présidentielle pour le faire passer au suffrage indirect ?

    Ce sont des spéculations. Mais cela étant, je ne voudrais pas éviter un débat sur les lois auxquelles nous sommes attachés. Je dois sur ce thème vous signalez que j’ai reçu deux délégations de la société civile du Sud-Kivu, des femmes qui me disent : dans l’état actuel de la loi électorale, nous les femmes ou nous qui n’avons pas de moyens, nous sommes lésées.

    Donc une réforme globale des modes de scrutins est envisageable ?

    Je ne crois pas qu’il faut faire de cette question un tabou. Nous sommes à l’écoute de ce que la population congolaise nous dit aussi.

    On sait aussi qu’une loi antiterroriste est en préparation. Il y a quelques semaines, pour la première fois, l’État islamique a revendiqué une attaque dans l’est de la RDC. Pensez-vous qu’il faut renforcer la loi antiterroriste au Congo ?

    Je suis convaincue qu’elle est nécessaire compte tenu des conflits à récurrence et des souffrances que les Congolais ont connues sur certaines parties du territoire.


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