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    Allemagne: un impôt pour financer les mosquées fait débat

    Les prières de vendredi à la mosquée Mevlana, à Berlin, le 23 novembre 2018 (photo d'illustration). AFP/Christoph Soeder

    Un impôt pour mieux contrôler les mosquées et limiter les financements étrangers ? L’idée n’est pas nouvelle en Allemagne. À nouveau, ces derniers jours, elle a refait surface.

    De notre correspondant à Berlin,

    Comme dans d’autres pays européens, le financement de nombreuses mosquées par des puissances étrangères est critiqué en Allemagne. D’abord de Turquie, puisque la communauté musulmane en provenance de ce pays est la plus importante d’Allemagne. Mais des financements proviennent également de l’Arabie saoudite, de pays du Golf comme le Koweït ou encore l’Iran.

    Ce financement, dont l’importance ne peut être qu’estimée grossièrement, ne se limite pas qu’à des versements d’argent pour la construction de mosquées ou leur entretien. Il s’agit aussi de la mise à disposition d’imams venus de ces pays étrangers ou qui y ont été formés et dont les prêches peuvent, par leur radicalité, contredire les règles allemandes.

    Une dépendance politique peut aussi exister. C’est notamment le cas pour l’organisation Ditib, financée par Ankara et responsable de 900 des 2 500 mosquées en Allemagne. Elle est considérée comme le bras armé du président Erdogan. L’organisation s’était même vue accusée après le coup d’État manqué en Turquie d’avoir espionné pour Ankara et livré des informations sur des personnes censées être des adeptes du prédicateur Gülen.

    D’un autre côté, il faut aussi souligner que durant des décennies, les autorités allemandes n’avaient aucun problème avec Ditib, estimant que ce soutien - les imams sont des fonctionnaires turcs travaillant en Allemagne - favorisait l’intégration des immigrés turcs.

    Un impôt déjà existant pour catholiques, juifs et protestants

    Ces communautés religieuses sont reconnues comme des organisations de droit public. Toute personne baptisée en fait partie et doit payer l’impôt d’Église, soit environ 8 % des impôts sur le revenu. Pour y renoncer, il faut faire une démarche administrative et quitter les rangs de l’Église comme pour une association.

    Ces impôts assurent des ressources importantes aux Églises chrétiennes, près de 13 milliards d’euros en 2018.

    En échange, ces Églises jouent un rôle important dans le domaine social qu’il s’agisse de maisons de retraites, d’hôpitaux, de foyers pour sans-abri ou pour réfugiés comme on l’a vu ces dernières années. Elles gèrent des dizaines de milliers de structures. Leurs œuvres caritatives - Caritas et Diakonie - emploient à elles seules plus d’un million de salariés en Allemagne.

    Un projet déjà sur les rails

    Ces jours-ci, le quotidien Die Welt a interrogé les seize Länder (ou régions) compétents en la matière et certains ont répondu voir une telle réforme positivement. C’est aussi ce qu’a estimé le ministère de l’Intérieur dans une réponse à un groupe parlementaire.

    Mais cette idée de calquer un modèle conçu pour les Églises chrétiennes sur la religion musulmane peut difficilement fonctionner. D’abord, les intéressés n’en veulent pas. Ensuite, ils n’ont pas contrairement aux catholiques et aux protestants un organe de représentation et une pratique consistant à enregistrer leurs adeptes.

    Autant de critères qui devraient être remplis pour obtenir cette reconnaissance d’institution de droit public dont bénéficient les Églises chrétiennes. D’ailleurs, 14 régions sur 16 ont estimé que ces critères n’étaient pas réunis pour la religion musulmane en raison notamment du manque de représentativité des diverses organisations existantes.

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