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    La bataille feutrée des places financières africaines pour attirer les sociétés

    La page d’accueil du site Casa Finance city. ©casablancafinancecity.com

    Les places financières africaines ont le vent en poupe. Johannesburg, Lagos, l’île Maurice, les hubs financiers se développent et sont de plus en plus utilisés par les entreprises pour aborder le marché africain. Parmi ces places, une se distingue par ses ambitions, il s’agit de Casablanca. Casa Finance City, l’une des places financières les mieux notées dans les palmarès internationaux.

    Une place financière c’est d’abord une plateforme logistique où les entreprises trouvent un ensemble de services administratifs, juridiques et financiers, nécessaires à leurs activités. Lorsqu’une société veut par exemple s’implanter dans la zone CEDEAO, elle peut choisir de concentrer ce que l’on appelle son back-office, son arrière-boutique, dans une place financière. CFC, Casa Finance city entend jouer ce rôle.

    Ibrahimi Saïd est le directeur général de CFC.
    « On est parti de l’idée qu’il fallait offrir une espèce de camp de base, qui permet d’accéder au continent et de bénéficier en même temps d’un environnement des affaires qui soit le plus compatible avec ce que les entrepreneurs internationaux ont l’habitude d’avoir. »
    Casa Finance City est né en 2010, mais commence réellement à prendre son envol, à mesure que le Maroc développe son courant d’affaires avec l’Afrique subsaharienne, explique

    Ibrahimi Saïd.
    « Nous avons constitué un écosystème qui est composé essentiellement d’entreprises financières – au sens large -, près de 200. Toutes sont orientées vers l’Afrique. C’est une facilitation de leur environnement des affaires pour qu’elles soient tout à fait occupées à leur business et pas aux démarches administratives. »

    Reste que CFC n’est pas seule. En Afrique la concurrence est déjà rude. Yoann Lhonneur, spécialiste du secteur bancaire chez Devlhon consulting.
    « Je pense qu’il faut distinguer les concurrents à forte capacité de volume d’affaires et de volume de traitement, des concurrents à forte capacité technologique et de back-office. Donc clairement, les deux grandes places subsahariennes que sont l’Afrique du Sud et dans une certaine mesure le Nigéria comptent dans ce cadre-là. En Afrique du Nord, l’Égypte fait partie des acteurs qui pourraient pointer à l’avenir. Sur les hubs qui combinent les 2 [régions], la place de Maurice est un concurrent fort pour certaines activités  »

    Beaucoup de pays rechignent à voir les activités de gestion filer vers les places financières marocaine ou mauricienne, pourtant selon Yoann Lhonneur, ils pourraient au contraire en tirer des bénéfices.

    « Le fait que le CFC aspire à un certain nombre de flux, ça va peut-être servir aussi à professionnaliser les marchés subsahariens et ensuite il y a un autre mouvement de balancier, qui dans quatre, cinq ans, voire plus, profitera aux places financières subsahariennes. » 

    Pour affirmer davantage son rôle, Casablanca s’est aussi dotée d’une cour d’arbitrage commerciale de réputation mondiale.


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