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    L’Afrique de l’Ouest confronté à la crise de la noix de cajou

    Préparation au séchage des noix de cajou à Abidjan en Côte d'Ivoire. AFP/Sia Kambou

    C’est un véritable coup de massue pour les producteurs de noix de cajou en Afrique, la noix ne se vend pas cette année, en raison de stocks importants constitués l’an dernier en Asie. Les producteurs restent avec les sacs de noix sur les bras, et les prix ont été divisés par trois par rapport à l’an dernier. Une véritable catastrophe pour des pays comme la Guinée- Bissau, le Bénin ou la Côte d’Ivoire, premier producteur africain. Les producteurs en sont réduits à attendre une embellie.

    L’an dernier à pareille époque, les producteurs de noix de cajou étaient à la fête. Les prix culminaient au-delà de 600 francs CFA le kilo et 60% de la production avait déjà trouvé preneur. Cette année c’est l’inverse, les deux tiers des noix produites cherchent acquéreur, et les prix sont en dessous de 200 francs dans plusieurs pays. La campagne va donc devoir s’étendre jusqu’en septembre-octobre, le temps de résorber les stocks de l’an dernier. Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les producteurs. Pierre Ricaud spécialiste de l’anacarde pour la société d’analyse NKALO.

    « Même si la demande, les prix ne remonteront pas beaucoup, parce que la noix de cajou n’est pas stockée dans de très bonnes conditions au niveau des producteurs. Sa qualité n’est déjà pas très bonne cette année et elle risque de se dégrader encore plus. »

    S’il ne faut pas attendre de miracle sur les prix, les acheteurs vont cependant revenir dans les campagnes, et Pierre Ricau a quelques conseils à donner aux producteurs pour leurs opérations de négoce.

    « De bien sécher leurs noix pour les stocker dans de bonnes conditions et éviter que la qualité baisse trop vite. Ça, c’est la première stratégie importante et l’autre c’est de ne pas chercher à taper des prix trop hauts, ils ont été habitués à prix supérieurs à 500 francs CFA par kilo sur les trois dernières campagnes. Là, il faut se dire que 200 francs CFA par kilo, c’est un bon prix et je pense que dès qu’ils ont des offres à ce niveau de prix, il faut qu’ils vendent. »

    Cette année, les producteurs risquent de voir leurs revenus divisés par trois par rapport à l’an dernier. Pour éviter à l’avenir un tel choc, l’Afrique de l’Ouest doit investir dans la transformation, à l’instar du Burkina Faso.

    « Par exemple le Burkina Faso où la capacité de transformation installée est à peu près équivalut à 50% de la production nationale. C’est l’un des pays où la baisse a été la moins brutale. La plupart des producteurs ont pu vendre quand même une bonne partie de leur production, au moins la moitié à un prix correct. »

    Une politique qu’a comprise la Côte d’Ivoire, premier producteur africain d’anacarde.

    « Il y a cinq ans, il n’y avait que deux usines qui tournaient vraiment, aujourd’hui on en a cinq qui tournent bien et une dizaine qui commence à bien tourner. Mais il va falloir des dizaines et des dizaines d’usines, il y a la place pour. En plus, c’est un business qui est tout à fait rentable. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire notamment, il y a des soutiens publics importants. Ce qu’il fut c’est qu’il y ait plus d’investisseurs pour que la croissance de la transformation accélère. »

    La transformation est donc la solution d’avenir. D’autant que les acheteurs internationaux privilégient de plus en plus la noix de cajou transformée en Afrique.


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