GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 13 Juin
Vendredi 14 Juin
Samedi 15 Juin
Dimanche 16 Juin
Aujourd'hui
Mardi 18 Juin
Mercredi 19 Juin
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    Philippe Martinez: le chef de la CGT, bousculé mais incontesté

    Le leader syndical de la CGT Philippe Martinez lors d'une manifestation le 17 mai 2016. Reuters

    Philippe Martinez devrait sans surprise être réélu à son poste de secrétaire général de la CGT, mais dans un contexte morose pour le syndicat. Qui est Philippe Martinez, quelles sont ses stratégies, comment est-il perçu par les militants de la CGT ? Portrait.

    Philippe Martinez, c'est avant tout une paire de moustaches...

    Noires, épaisses et qui lui valent d'être parfois surnommé « le Mexicain », « Pépito » ou « Astérix »...

    Derrière la moustache, Philippe Martinez, 58 ans, est un leader bousculé mais pas vraiment contesté. Ancien de Renault, où il est entré à 21 ans comme technicien, Philippe Martinez a dirigé la Fédération des métallos avant de prendre la tête du syndicat il y a quatre ans (le 3 février 2015), avec des propositions radicales qu'il continue de porter : la semaine de 32 heures, le Smic à 1800 euros ou encore la retraite à 60 ans. Il a la réputation d'être bourru, voire autoritaire, mais l'image qu'il dégage est surtout celle d'un homme toujours prêt à en découdre et à s'impliquer.

    « Proche de ses troupes »

    « Je trouve qu'il est bien, nous confirme Gabriella Tomi, salariée dans le privé chez Engie et militante CGT, parce que quand on l'a appelé, à la CGT la Courneuve (banlieue parisienne, ndlr), il est toujours venu nous soutenir le camarade ! A chaque fois qu'on était dans les luttes il est venu. C'est quelqu'un qui est proche de ses troupes : on l'appelle, il vient ! ». Rose-May Rousseau est secrétaire générale de la CGT-Assistance publique-Hôpitaux de Paris. Elle ne dit pas autre chose : « à chaque fois qu'il y a eu des luttes importantes dans le milieu hospitalier, Philippe Martinez a été présent sur le terrain. Il n'est pas au-dessus, dans des sphères... il est très simple de contact et d'aspect (sic), il se déplace pour tous les secteurs. »

    Seuls dans la rue

    Philippe Martinez est apprécié de ses ouailles syndicales, ce qui ne veut pas dire que tout est rose - pour ne pas dire rouge. Sa stratégie vis-à-vis des « gilets jaunes » est parfois remise en question : comme tous les autres leaders syndicaux, ce passionné de football a choisi de monter progressivement aux côtés des « gilets jaunes », affichant une communauté de revendications sans tenter de récupérer le mouvement. Du coup, certains lui reprochent de ne pas y être allé plus franchement. Il y a aussi l'échec des mobilisations contre la loi travail, il y a deux ans, ou plus récemment contre la réforme de la SNCF, avec les cheminots. Des mobilisations longues, difficiles, mais qui n'ont pas permis de faire plier le gouvernement.

    Olivier Courbe-Vadebout, secrétaire national CGT-Finances Publiques, vante d'emblée le caractère offensif du « camarade Philippe », mais reconnaît qu'il n'a « pas été toujours d'accord. » Il souhaite moins de mobilisations et plus d'unité syndicale : « j'ai regretté certaines actions, comme la journée du 5 février (grève générale contre la politique économique et sociale du gouvernement, ndlr). On avait appelé à une journée de mobilisation et on s'est retrouvé un peu tout seuls dans la rue... »

    « Mauvais communicant »

    Surtout, la CGT n'est plus le premier syndicat de France. La baisse du nombre d'adhérents à la CGT n'a pas commencé avec Philippe Martinez, et cette baisse concerne d'ailleurs tous les syndicats. Mais l'année dernière, le grand rival, la CFDT de Laurent Berger, a doublé la CGT pour devenir le premier syndicat de France.

    Véronique Barge, cadre supérieur infirmier depuis quarante ans et militante CGT, « partage complètement » les idées de Philippe Martinez, mais juge qu'il a sa part de responsabilité : « c'est un mauvais communicant, estime-t-elle, et c'est lié à sa personnalité, il est un peu timide. Il explique mal ses idées. Ses explications tardent à venir, poursuit-elle, quand il a un quart d'heure pour parler, il ne devient bon qu'au bout de sept minutes et demie... il communique moins bien qu'un Berger (chef de la CFDT, ndlr), alors la CGT est moins bien entendue. »

    Julien Zambelli ne partage pas cet avis. Jeune militant CGT, il pense surtout -et comme beaucoup- que le problème est collectif : « certains pourront dire que c'est de sa faute, c'est toujours plus facile, balaie cet employé de la Ville de Paris, mais la CGT est un collectif et c'est le collectif qui doit évoluer. Pour l'instant, on a réalisé peu de changements pour mieux s'adapter au nouveau monde du travail. Comment fait-on pour être au plus près des salariés ? Il y a la question de l'encadrement, parce que la CGT est historiquement plus proche des ouvriers que des cadres. C'est aussi une organisation vieillissante et pas assez féminisée. »

    Trop radical ou pas assez ?

    Philippe Martinez a été membre du parti communiste mais il a rendu sa carte en 2002, sans jamais expliquer pourquoi. Un détail notable, d'abord parce qu'il est le premier chef de la CGT à ne pas être encarté au PCF. Ensuite parce que la situation est aujourd'hui paradoxale. Philippe Martinez est considéré comme un dur. Le jour de son arrivée à la tête de la CGT, il avait affirmé vouloir combattre pour « ceux qui travaillent et créent des richesses », contre « ceux qui s'enrichissent de façon éhontée à partir du travail des autres. » En résumé, pour les ouvriers et contre les actionnaires. Pourtant, certains lui reprochent aujourd'hui d'oublier la lutte des classes.

    Un « contre-texte d'orientation » a même été déposé pour le Congrès confédéral, qui s'achève ce vendredi. Alors, trop radical ou pas assez ? Le bilan de Philippe Martinez a en tout cas été approuvé lors du Congrès par plus de 70% des délégués CGT, et personne ne s'est porté candidat pour le remplacer à la tête du syndicat. Philippe Martinez reste le patron des anti-patrons.


    Sur le même sujet

    • France / Syndicats

      France: la CGT en congrès pour définir une stratégie

      En savoir plus

    • France / Questions sociales

      France-social: ce 19 mars, CGT et FO veulent peser sur le débat national

      En savoir plus

    • Débat du jour

      Que représentent les syndicats en France?

      En savoir plus

    • Invité France

      Lancement de la «mobilisation générale» pour l'emploi et l’écologie

      En savoir plus

    Prochaine émission

    Stéphanie Kelton, l'économiste apôtre du nouveau «New Deal»

    Stéphanie Kelton, l'économiste apôtre du nouveau «New Deal»
    C'est une figure montante du monde économique aux États-Unis. De plateaux télé en conférences universitaires, Stephanie Kelton est partout. Des figures de la gauche comme l'élue démocrate de New York Alexandria Ocasio-Cortez la soutiennent. Le candidat (…)
    • Stéphanie Kelton, l'économiste apôtre du nouveau «New Deal»

      Stéphanie Kelton, l'économiste apôtre du nouveau «New Deal»

      C'est une figure montante du monde économique aux États-Unis. De plateaux télé en conférences universitaires, Stephanie Kelton est partout. Des figures de la gauche comme …

    • John Elkann, prince discret de la voiture italienne

      John Elkann, prince discret de la voiture italienne

      Retour sur le feuilleton de ces deux dernières semaines, celui du projet avorté de fusion entre Fiat-Chrysler et Renault. Finalement, le constructeur automobile italo-américain …

    • Serena Williams, îcone du tennis mais aussi du sport business

      Serena Williams, îcone du tennis mais aussi du sport business

      A Roland-Garros, elle peut devenir la plus grande joueuse de tennis de tous les temps: l’Américaine Serena Williams mène de front deux carrières. Celle de sportive accomplie …

    • Sundar Pichaï, le patron de Google

      Sundar Pichaï, le patron de Google

      Google renonce à coopérer avec Huawei. Le géant américain du net l’a annoncé dimanche, avant que l’administration Trump n’accorde un sursis de 3 mois au fabricant chinois …

    • Le milliardaire américain Warren Buffet

      Le milliardaire américain Warren Buffet

      A quatre-vingt-huit ans, Warren Buffet, troisième fortune mondiale, est à la tête de la holding Berkshire Hathaway, l'un des conglomérats les plus puissants du monde. …

    • Oumar Sall, le producteur aux mains d’or

      Oumar Sall, le producteur aux mains d’or

      Le portrait éco du jour est celui de Oumar Sall, le producteur sénégalais le plus en vue du moment. L’un de ses films, « Atlantique » de la Sénégalaise Mati Diop, est …

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.