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    RDC: «Tshisekedi veut les Finances et l'Intérieur»

    Cérémonie d'investiture du nouveau président de la RDC à Kinshasa, le 24 janvier 2019: le président sortant Joseph Kabila (g.) remet l'écharpe présidentielle à son successeur Félix Tshisekedi. REUTERS/Olivia Acland

    Et si Tshisekedi et Kabila s'étaient déjà partagé les postes du prochain gouvernement congolais ? Et si l'annonce était imminente ? C'est la thèse de Bob Kabamba. L'universitaire belgo-congolais rentre d'un séjour à Kinshasa et répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Le nouveau Premier ministre a-t-il été choisi pour ses qualités d’homme d’État ou pour ses talents de conciliateur ?

    Bob Kabamba : Eh bien je pense que le Premier ministre a été désigné parce que, de mon point de vue, il est le plus petit dénominateur commun des longues et laborieuses discussions qui ont eu lieu entre le FCC de Joseph Kabila et Cach de Felix et Vital Kamerhe. Par ailleurs aussi, il faut souligner que c’est aussi le fruit des discussions qui ont lieu aussi entre membres du FCC de Joseph Kabila, puisqu’au sein du FCC il y a des antagonismes qui persistent entre d’une part le PPRD et de l’autre côté les partenaires du PPRD, par exemple la AFDC Bahati Lukwebo, mais aussi au sein même du PPRD où on a aussi vu qu’il y avait quand même aussi beaucoup de discussions et l’affrontement entre plusieurs tendances. Donc au sein de ce PPRD, avec la désignation du professeur Ilunga, on se rend bien compte que c’est plus la tendance qui incarne l’ancien directeur de cabinet de Kabila, Néhémie, qui semble avoir la main mise sur la désignation de ce Premier ministre.

    Alors avant le professeur Sylvestre Ilunga, l’ancien président Kabila a proposé plusieurs personnalités comme le ministre des Finances, Henri Yav, et le patron de la Gécamines, Albert Yuma. Pourquoi Félix Tshisekedi n’en a-t-il pas voulu ?

    C’est-à-dire que nous savons très bien que l’exécutif pour l’instant est dirigé par Félix Tshisekedi d’après le texte, mais que la majorité parlementaire, c’est Joseph Kabila qui la dirige, donc on a une dualité claire au sein de l’exécutif. Or, si on ajoute une forte personnalité comme chef de gouvernement, ça pourrait compliquer la volonté de Félix Tshisekedi de pouvoir impulser une véritable politique qui réponde à son programme et ce qui ferait une coalition de deux personnalités contre lui. Alors pour éviter ça, il a plus opté pour quelqu’un qui a un profil de bureaucrate plutôt que quelqu’un qui a un profil politique qui pourrait véritablement peser et imposer une certaine ligne au sein de cet exécutif, au sein de ce gouvernement.

    Voulez-vous dire que le ministre Henry Yav, ou le patron des patrons Albert Yuma étaient tous les deux des trop fortes personnalités aux yeux de Felix Tshisekedi ?

    Tout à fait, Yuma, c’est lui quand même qui a piloté toute une série de réformes, notamment sur le code minier, avec l’affrontement qui a eu lieu avec les différentes entreprises minières, ce qui fait dire que Yuma pèse quand même sur le dossier des mines. Par ailleurs aussi il faut indiquer que Yuma en tant que patron des patrons a quand même beaucoup de leviers, et pourrait peser dans l’exécution d’un programme gouvernemental. C’est aussi le cas de Yav, Henry Yav, qui, après avoir été quand même pendant plusieurs années directeur du cabinet adjoint en charge des questions économiques et qui est ministre des Finances quand même depuis aussi pas mal de temps, a de cette façon un certain encrage qui pourrait faire de l’ombrage non seulement à Félix Tshisekedi, mais à Kabila lui-même.

    On dit que les Américains ont joué un rôle dans le blocage sur les noms de Henry Yav et Albert Yuma…

    Tout à fait, il n’y a pas que les Américains, il faut se rappeler quand même que tout au début Félix Tshisekedi a fait une tournée internationale. Dans cette tournée internationale, une série des conditionnalités quand même lui ont été dictées dont notamment le fait d’éviter, de pouvoir avoir au sein de l’équipe gouvernementale quelqu’un qui aurait des liens présumés ou confirmés avec une possible implication dans des dossiers de détournement ou de mauvaise gestion en RDC. Et je pense aussi que Félix Tshisekedi s’est accroché à cette conditionnalité pour peser face à Kabila au sein de ce gouvernement.

    Alors à présent on attend le gouvernement, faut-il s’attendre à une majorité de ministres venant du mouvement FCC de Joseph Kabila ?

    Cela va de soi puisque le FCC dirigé par Joseph Kabila pèse de tout son poids, donc l’essentiel des ministres seront FCC et j’imagine qu’un certain nombre de postes ministériels seront laissés à Cach pour que le président Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe puissent aussi avoir quand même des ministres venant de leur camp.

    Et justement, quels sont les ministères que le mouvement Cach de Félix Tshisekedi et Vital Kamerhe va tenter d’arracher à son partenaire FCC ?

    L’objectif affiché par Félix Tshisekedi est de se démarquer de la gestion des législatures précédentes. Et de mon point de vue, il va essayer d’avoir deux piliers importants pour espérer arriver à imprimer une autre dynamique que celle d’avant, ces deux piliers concernent donc le secteur financier et le secteur sécuritaire, donc je pense qu’il va essayer de pouvoir avoir au minimum soit le ministère des Finances, soit le ministère du Budget. Et sur la question sécuritaire, il y a deux postes clés qui sont le ministère de l’Intérieur et aussi le ministère de la Défense, je pense qu’il va plus se focaliser sur le ministère de l’Intérieur pour la bonne et simple raison que l’essentiel des services actifs dans le domaine sécuritaire concerne la sécurité intérieure. Et comme ça concerne la sécurité intérieure, on voit beaucoup plus la police et les différents services de sécurité que sont l’ANR, etc., et ces différents services sont importants pour assoir son pouvoir sur toute l’étendue de la RDC.

    Et vous croyez que Joseph Kabila va lui laisser ces ministères clés ?

    Je pense aussi que ça justifie la longueur des discussions et le fait que ces discussions aient été laborieuses, je suis convaincu que le dénouement de la nomination du Premier ministre est consécutif à un accord sur le partage de ces différents ministères.

    Voulez-vous dire que le partage des ministères est déjà fait et qu’il va être annoncé dans les jours qui viennent ?

    Le partage des ministères est déjà fait, puisqu’il y a le calendrier qui l’oblige. L’Assemblée nationale est en session extraordinaire, cette session doit se clôturer le 15 juin et aussi ça sera dans un mois, le 30 juin, anniversaire de l’indépendance du Congo. J’ose croire que Félix Tshisekedi aura fort à cœur qu’à cette date le gouvernement soit déjà installé pour qu’il puisse faire un discours à la nation.

    Dans l’opposition, ce début de semaine a été marqué par le retour d’exil de Moïse Katumbi, la coalition au pouvoir a-t-elle fait exprès d’annoncer son nouveau Premier ministre le même jour ? Peut-être pour réduire la portée médiatique de l’évènement Katumbi ?

    Exactement, tous les derniers évènements qui sont en train de se passer semblent répondre à un seul objectif. Par rapport à Felix Tshisekedi, c’est de consolider effectivement sa légitimité au niveau national, et Felix Tshisekedi veut arriver à accroitre cette légitimité nationale par le retour d’une part de Moïse Katumbi, par le rapatriement du corps de Étienne Tshisekedi et aussi par la nomination de ce Premier ministre. Pour Moïse Katumbi, certainement, ce retour va vouloir aussi signifier pour lui la tentative de récupérer son électorat de l’est du Congo qui avait contribué quand même à donner beaucoup de voix et beaucoup de poids à Martin Fayulu lors des élections de décembre 2018.

    Moïse Katumbi a eu lundi cette métaphore : « si un véhicule a deux conducteurs aux volants (allusion à la cohabitation actuelle), il connaitra un accident, laissons un seul chauffeur nous diriger », est-ce à dire que Katumbi est prêt à soutenir Tshisekedi contre Kabila ?

    Il va de soi qu’il y a une espèce d’alliance qui va se faire, même si Moïse veut rester dans l’opposition. Je m’explique, le retour de Moïse Katumbi contribue à aider Félix Tshisekedi pour faire face à Joseph Kabila, ça permet d’affaiblir le FCC et de permettre à Félix Tshisekedi d’avoir un peu plus de surface politique pour la gestion du pays.

    À la différence de Martin Fayulu, Moïse Katumbi ne réclame plus la vérité des urnes, est-ce le signe que la coalition de l’opposition Lamuka risque d’exploser ?

    Les six leadeurs qui ont constitué Lamuka, chacun a son agenda par rapport à 2023, il y en a certainement qui vont vouloir aller du côté de Fayulu, d’autre qui vont vouloir aller du côté de Jean-Pierre Bemba, d’autre du côté de Moïse, et je ne serai pas étonné que, dans les prochains jours, lorsque Jean-Pierre Bemba va revenir aussi au Congo, Bemba va essayer aussi d’avoir un discours différent pour espérer consolider son assise.

    Côté français, on se souvient qu’en janvier dernier le ministre Jean-Yves Le Drian a déclaré que le résultat de la présidentielle congolaise était « non-conforme » à la réalité. Mais lundi à Kinshasa, il a dit le contraire, il a dit « il y a eu une vraie élection démocratique ». Comment expliquez-vous cette volteface ?

    On va dire que c’est la realpolitik dont fait preuve pour l’instant le gouvernement français, pas que d’ailleurs sur le dossier congolais… L’impression que ça donne, c’est que le gouvernement français n’a pas envie de laisser passer le train sans pouvoir influer sur la direction dans laquelle va aller ce train qui est la RDC. Il ne faut pas oublier que le Congo reste quand même un enjeu stratégique majeur, notamment par le minerai de cobalt qui va intervenir dans les nouvelles technologies que sont en train de développer les économies occidentales.

    Est-ce que Paris s’aligne sur Washington qui semble soutenir Tshisekedi ?

    Paris s’aligne sur Washington, mais aussi beaucoup d’autres pays s’alignent aussi sur la même voie. C’est-à-dire la realpolitik, il semblerait que l’objectif qu’avaient ces différents acteurs au niveau international était le départ de Kabila, quelles que soient les conditions. Vu que Kabila n’est plus président, que c’est un autre président qui est là, la communauté internationale considère que cette mission est accomplie. Néanmoins, elle pose quand même des conditions, notamment la question de la décrispation, d’où le retour des différents leadeurs politiques, mais aussi le fait que le clan Kabila ne continue plus à contrôler l’essentiel du pouvoir de la RDC.


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