GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Vendredi 21 Juin
Samedi 22 Juin
Dimanche 23 Juin
Lundi 24 Juin
Aujourd'hui
Mercredi 26 Juin
Jeudi 27 Juin
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Dernières infos

    Jean-Bernard Padaré: «La question des détournements au Tchad relève du mythe»

    L’ancien ministre tchadien de la Justice, Jean-Bernard Padaré. AFP

    Le ramadan a donné lieu à de nombreuses difficultés sociales au Tchad : coût de la vie, délestages, ruptures dans l’alimentation en eau. Si des mesures ont été prises pour faire face au renchérissement des prix des denrées de première nécessité, pour l’eau et l’électricité des travaux lourds d’infrastructures seront nécessaires. Pourquoi n’ont-ils pas été menés pendant les années fastes de la manne pétrolière ? Pour Jean Bernard Padaré, l’un des cadres du parti au pouvoir le MPS (Mouvement patriotique du salut), cela n’a rien à voir avec la corruption.

    RFI : Le Tchad fait face à l’heure actuelle à un très grave problème du coût de la vie qui s’est exacerbé pendant cette période de ramadan, quel bilan faites-vous des actions qui ont été menées pour remédier aux problèmes ? Et notamment de l’opération « juste prix » qui a été lancée au début du mois de mai…

    Écoutez, je pense que le gouvernement avait anticipé sur la cherté -surtout en cette période de ramadan- en exigeant que les commerçants, les opérateurs économiques baissent les prix des biens de première nécessité. Nous pouvons dire que le bilan est quand même positif, quand bien même certains commerçants n’ont certainement pas joué le jeu… mais je pense que globalement les choses sont allées dans le bon sens et que la population en a quand même un peu tiré profit.

    Et puis manifestement, des problèmes de délestage et de coupure d’eau sont venus compliquer un peu plus ce mois de ramadan ?

    Le problème de délestage vous savez c’est un problème qui est très profond. Tout a été mis œuvre pour qu’on ait une quantité suffisante d’énergie, mais il se trouve malheureusement qu’on a des problèmes de réseaux de transport de l’électricité qui sont vétustes. Donc ça nécessite un investissement lourd et le gouvernement est en train de faire en sorte que les réseaux soient renouvelés.

    Et concernant l’eau ?

    Concernant l’eau, là aussi je dirai que les réseaux sont vétustes et datent des années de début de l’indépendance. Là aussi nous faisons face à une crise économique aigüe. Là aussi ça nécessite des investissements lourds et le gouvernement est en train de faire en sorte qu’effectivement les réseaux soient renouvelés.

    Pourquoi le Tchad n’a-t-il pas pu profiter de ses années d’abondance pétrolière pour faire ces grands travaux d’infrastructure dans l’électricité et dans l’eau ?

    Le Tchad a beaucoup fait. Au moment où, il y avait la « manne pétrolière », le Tchad a changé de   Tchad des années 90-2000 n’est plus le Tchad des années 80. Des infrastructures routières, sanitaires, scolaires, universitaires…

    Et pourtant les problèmes continuent…

    Les problèmes continuent… mais ce n’est pas avec une baguette magique qu’on peut régler tous ces problèmes.

    Mais, est-ce qu’une part trop importante de l’argent du pétrole n’a pas été détournée ?

    Détournée, non. Ça relève beaucoup plus du mythe, le détournement. Ce qui a été essentiellement fait ce sont les infrastructures, comme je le disais, et la sécurité parce qu’on ne peut pas parler de développement sans sécurité. On a mis le paquet pour doter notre armée des moyens de pouvoir défendre nos frontières et de pouvoir lutter contre les terroristes, je pense qu’aucun Tchadien ne peut contester cela.

    L’affaire qui fait grand bruit ces deniers jours au Tchad c’est la mort du jeune Richard Mbaiguedem qui avait été gardé une semaine dans le commissariat du sixième arrondissement de Ndjamena, certains de ses proches parlent de torture, le rapport d’autopsie tel que le procureur en a rendu compte, dit qu’il n’y a pas eu de mauvais traitements. Comment est-ce que vous réagissez vous à cette mort et que faut-il faire selon vous ?

    Quand un citoyen décède, on ne peut qu’en être meurtri, mais de là à franchir le pas et dire que c’est de suite de la torture, moi je fais confiance à nos médecins qui ont constaté, donc je m’en tiens à cela.

    Et comment est-ce qu’on peut rétablir la confiance sur cette affaire ?

    Vous savez, tout est politisé au Tchad. Tout est politisé et tout est manipulation. Ce qui n’existe pas, et bien on l’imagine… et c’est dommage qu’on puisse faire de ces drames-là des enjeux de contestation politique.

    Une autre affaire qui suscite de nombreux commentaires à Njdamena, c’est l’affaire Tokama Kemaye du nom de ce jeune qui a été arrêté lors d’une marche contre la pénurie de gaz. Tokama Kemaye a ensuite été accusé de complicité d’atteinte à l’ordre constitutionnel, est-ce que l’accusation vous semble proportionnée à la réalité des faits, à savoir un document qui mentionne ses liens supposés avec la rébellion ?

    Écoutez, ces documents n’ont pas été fabriqués. Ces documents ont été retrouvés dans son smartphone. Être de la société civile ne peut pas être une couverture pour mener des activités subversives, c’est inacceptable. Je ne peux comprendre que quelqu’un qui se réclame de la société civile soit nommé représentant ou porte-parole du CCMSR, c’est inacceptable donc la loi doit passer.

    Et ce document pour vous est une preuve suffisante ?

    En tout cas, c’est un début de preuve, les juges approfondiront les choses, détermineront si son application est avérée ou c’est simplement un début, je pense que l’on peut faire confiance à la justice.

    L’accès aux réseaux sociaux, est restreint depuis fin mars 2018 au Tchad, qu’est ce qui justifie plus d’un an après le rétrécissement de cet espace d’expression ?

    Je ne sais pas si vous accédez aux réseaux sociaux à partir de Ndjamena, mais ce qui y est fait est terrible, ça donne lieu à des injures, à des attaques entre familles, on peut s’en prendre à tout. Et il y a aussi ces réseaux sociaux qui peuvent être utilisés pour des raisons terroristes, prenons WhatsApp, ou bien Telegram, que sais-je encore… Nous n’avons pas les moyens de pouvoir vérifier les échanges qui se font donc c’est pour des raisons simplement de sécurité de nos concitoyens que le gouvernement a jugé important, du moins jugé utile…

    Pourtant c’est un problème de liberté fondamentale…

    Vous savez, entre la sécurité et la liberté, je pense, le choix est simple… la sécurité. Parce que si on n’a pas la sécurité on ne peut pas exercer sa liberté, mais quand les choses se normaliseront bien évidemment…

    Est-ce que cela veut dire que les Tchadiens doivent se préparer à devoir faire face à une restriction sur les réseaux sociaux pendant encore plusieurs mois ?

    Je ne dis pas ça, je dis que, faisons confiance à nos autorités, à ceux qui s’occupe de notre sécurité.

    Tensions sociales d’un côté, volonté  du pouvoir de contrôler les réseaux sociaux de l’autre, est-ce que les autorités craignent un scénario à la soudanaise ? À savoir des émeutes liées au coût de la vie qui risqueraient de contraindre le pays à des changements politiques majeurs.

    Je pense que le Tchad et le Soudan même si ils sont deux pays frontaliers, leurs réalités ne sont pas les mêmes. Le Tchad a traversé une grave crise sécuritaire. Depuis l’accession du Tchad à l’indépendance, je pense que nous n’avons connu que des périodes de guerre, de rébellions, c’est en 2008 que nous avons commencé à respirer un air de tranquillité. Les Tchadiens savent le prix qu’on a eu à payer. Bien évidemment, on peut en être inquiet, mais de là à dire qu’il y aura duplication, les Tchadiens ne sont pas dupes, ils savent les efforts qui sont faits.

    L’aviation française a mené une série de frappes aériennes au début du mois de février dernier contre une colonne armée des rebelles de l’union des forces de la résistance l’UFR, une colonne qui était entrée au Tchad depuis la Libye. Pourquoi est-ce que l’armée française a été appelée pour une opération qui est finalement une opération de lutte contre un mouvement armée tchadien ?

    D’abord c’est vous qui dites qu’il y a eu une rébellion de l’UFR, pour nous ce sont des terroristes.

    Pourtant même l’armée française reconnait qu’il ne s’agissait pas de jihadistes ?

    En tout cas, au Tchad, nous estimons que c’est des terroristes, il n’y a pas de rebelles au Tchad, il n’y a plus de rébellion au Tchad, tous ceux qui étaient en rébellion contre le Tchad ont été amnistiés à l’issue du forum national inclusif. La rébellion se constitue à l’intérieur du pays, ceux-ci sont venus du fin fond de la Libye, ils ont traversé, ils ont été armés, entrainés, ils ont recruté des mercenaires, du moins des terroristes pour venir attenter à la sécurité du Tchad et comme tel, compte tenu des rapports entre le Tchad et la France surtout en matière de lutte contre le terrorisme, et bien c’est à bon droit que le Tchad a sollicité l’appui de l’aviation française pour effectivement freiner cette colonne de terroriste qui voudrait venir jusqu’à la capitale et renverser un régime.

    En même temps, dans l’histoire du Tchad, les mouvements rebelles se sont toujours implantés aux périphéries du pays, soit côté libyen soit côté soudanais sur la précédente vague de rébellion, et à chaque fois ces rebelles étaient des rebelles tchadiens ?

    Vous dites aux périphéries, mais pas au fin fond… et le contexte n’était pas le même. Lorsque le président Idriss Déby avait décidé avec une poignée de patriote de partir à la frontière soudanaise, ce sont des gens qui avaient quitté Njdamena armés, parce qu’ils contestaient une certaine dictature qui interdisait l’expression libre, mais ceux-ci sont venus de l’intérieur de la Libye en profondeur et il n’y a aucun Tchadien -en tout cas très peu-. Tous sont des gens qui soit ont été recrutés au Soudan, soit sont ressortissants d’autres pays, avec mission de venir renverser le régime et instaurer ce qu’on appelle le jihadisme. Ce qui n’est pas acceptable. Au Tchad on ne peut plus accepter la prise du pouvoir par la force, le Tchad est un pays démocratique.

    Alors pour en revenir justement à la vie politique tchadienne lors de ses vœux de nouvelle année le président Idriss Déby avait annoncé que les élections législatives et municipales auraient lieu avant la fin du premier semestre 2019. Le mois de juin et la fin de ce semestre arrivent à grands pas, savez-vous quand auront lieu ces élections ?

    Vous savez le président de la République avait effectivement annoncé cela, il fallait que les acteurs politiques s’entendent, il y a eu la mise en place du cadre national du dialogue politique le CNDP, et il fallait que le CNDP décide de la mise en place de la CENI. C’est chose faite, le président du cadre national du dialogue politique a tenu un point de presse et il a annoncé que les élections législatives se tiendront vers la fin de l’année 2019 et je pense que promesse sera tenue.

    Est-ce que votre parti le MPS semble armé comme il le faut pour les échéances électorales à venir, ou est-ce que vous pensez que soit des ajustements de personnes, soit des ajustements de stratégies sont nécessaires ?

    Le MPS est prêt, le MPS est un parti de masse, nous sommes prêts à tout moment pour affronter toute échéance électorale.

    Le 26 avril dernier, lors du cinquième Congrès de son parti, le rassemblement national des démocrates tchadiens, l’ancien Premier ministre, Albert Pahimi Padacké s’est montré pour le moins critique par rapport aux institutions de la Quatrième République tchadienne, aussi bien en ce qui concerne la séparation des pouvoirs que la gouvernance administrative, comment est-ce que vous réagissez à cette prise de position très critique finalement de la part d’un allié du MPS ?

    Je dirai qu’il est très mal placé pour critiquer les institutions de la Quatrième République. Parce qu’au moment où ces institutions ont préparé le forum, c’est lui qui était le président du Haut comité, alors que moi j’étais secrétaire général de la présidence. Nous avons organisé ensemble le forum national inclusif qui a abouti à la suppression de la primature, mais je dis qu’un homme politique doit savoir toute raison gardée et s’assumer.

    Et d’un point de vue politique, est-ce qu’on peut être à la fois la deuxième force de la majorité présidentielle et se montrer aussi critique ?

    En tout cas au MPS nous sommes loyaux, nous entendons beaucoup de choses, dans ses déplacements, annonçant qu’il ira seul aux élections législatives. Le MPS aussi est prêt à y aller seul. S’il décide de quitter l’alliance, il est libre. En tout cas de notre côté nous continuons à respecter nos engagements vis-à-vis de nos alliés.

     

    Prochaine émission

    Football: «La FIFA prête à couper une tête à la CAF» (Vincent Chaudel)

    Football: «La FIFA prête à couper une tête à la CAF» (Vincent Chaudel)
    La CAN 2019 démarre sur les chapeaux de roue, mais la CAF, la Confédération africaine de football, est en pleine crise et vient d'être placée sous la tutelle de la Fifa, la Fédération internationale de football association. Pour Vincent Chaudel, le fondateur (…)
    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.