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    Tchad: «Il faut laisser les gens exprimer leur colère»

    Kamadji Demba Karyom (au milieu), syndicaliste tchadienne. «Tournons la page»

    La période du ramadan au Tchad a été marquée par une exacerbation des problèmes de vie chère, de délestages et de coupures d'eau... Dans un contexte où les réseaux sociaux restent restreints... Pour la jeune syndicaliste et militante Kamadji Demba Karyom, si les autorités veulent restaurer la confiance avec la jeunesse, elles doivent laisser les populations exprimer leurs désaccords et leur colère de manière encadrée et aussi rouvrir le plein accès aux réseaux sociaux.

    RFI : Les problèmes de coût de la vie qui sont habituels en période de ramadan semblent s’être exacerbés cette année au Tchad. Quel est le bilan que vous faites des actions qui ont été menées par les autorités tchadiennes pour remédier à ces difficultés de vie chère ?

    Kamadji Demba Karyom : Le coût de la vie ne s’est pas amélioré. Le panier de la ménagère est toujours très cher malgré qu’il y a certains produits alimentaires qui bénéficient des exonérations. Et nous, nous constatons que le prix n’a pas varié sur le marché. Je pourrais même dire qu’il y a une certaine rareté. Par exemple, la viande maintenant c’est difficile, elle est devenue trop chère. L’huile, le sucre, le riz…

    Et pourtant, il y a une opération « juste prix » qui a été lancée pour essayer de ramener justement les prix à un niveau acceptable ?

    Oui, l’initiative est bonne. Mais il n’y a pas eu de mesures d’accompagnement. C’est toujours le dernier des citoyens qui continue à payer le prix fort.

    Les gens continuent à se plaindre ?

    Les gens se plaignent parce que ça a tellement duré. Nous sommes dans une période où vraiment nous avons besoin d’une réduction de ces coûts-là pour avoir un ouf de soulagement. Les revenus ne sont pas stables et les prix au marché n’ont pas diminué. Donc le simple citoyen, en cette période de ramadan, a des difficultés à pouvoir avoir des bons produits dans son assiette à la fin du jeûne pour la soirée. On vit comme avant, et même c’est peut-être pire encore.

    Pendant ce ramadan, il y a également eu des problèmes de délestage et de coupures d’eau. Comment réagissent les gens avec qui vous êtes en contact à ces deux problèmes de délestage et de coupure d’eau ?

    Les gens se plaignent. C’est insupportable. Imaginez ici c’est la canicule, il fait dans les 44, 46 degrés. Il n’y a pas d’électricité. C’est vraiment difficile. On dirait que nous sommes dans un pays où l’électricité n’est pas un service public accessible à tous, et que ce ne sont que des privilégiés qui y ont droit. Ce n’est pas possible !

    Quelles sont les solutions qu’il faudrait mettre en place ?

    Tout simplement, qu’on ait un gouvernement qui prenne ses responsabilités. Il y a des ressources. C’est juste qu’il faut les orienter dans les secteurs prioritaires. Il faut privilégier certaines dépenses qui ont un effet plus direct sur la vie au quotidien. Il suffit tout simplement d’asseoir une bonne gouvernance. Le Tchadien ne demande pas grand-chose. Il a juste besoin d’avoir un peu de revenus pour pouvoir gérer normalement ses activités.

    On parle beaucoup ces jours-ci aussi au Tchad de la mort du jeune Richard Mbaiguedem, après une semaine passée dans le commissariat du VIe arrondissement de Ndjamena. Âgé de 19 ans, il a été arrêté suite à une bagarre avec un autre jeune dans un bar le 1er mai. Relâché au bout de six jours, il est décédé à l’hôpital. Sa famille accuse la police de l’avoir torturé et depuis il y a des manifestations de colère. Comment réagissez-vous à ce qui s’est passé ?

    C’est vraiment horrible ce qui est arrivé à ce jeune garçon. On ne peut pas comprendre que nous soyons dans un État de droit et qu’un jeune homme reçoive ce traitement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ce n’est pas possible. Ça voudrait dire qu’aujourd’hui, il faut avoir peur d’être arrêté par la police parce qu’on sera en insécurité. Il faut que cela cesse. Les gens ne vont pas continuer à supporter cette justice. C’est deux poids, deux mesures. Lesquels sont privilégiés pour aller porter plainte et lesquels sont moins privilégiés et doivent subir des traitements aussi affreux.  Ce n’est pas possible.

    Vous ne faites pas confiance dans le rapport d’autopsie qui a été présenté par le procureur et qui disait qu’il n’y avait aucun mauvais traitement ?

    Il faut demander une contre-expertise pour pouvoir avoir la vérité sur ce qui est arrivé à ce jeune homme.

    Comment dans cette affaire peut-on rétablir la confiance entre les autorités et la jeunesse ?

    Il faut laisser les gens exprimer leur colère. Ils ont juste besoin de se faire entendre. Il faudrait revenir aux principes de base, la démocratie. Nous ne souhaitons pas qu’il y ait des débordements parce que nous avons tellement souffert dans ce pays, un débordement de plus serait de trop. On ne veut pas arriver à ce niveau-là, mais que les autorités nous accompagnent à changer la mentalité des gens, à faire comprendre aux gens qu’on peut s’exprimer, qu’on peut exprimer la colère et le faire normalement dans un cadre qui est bien déterminé, et que personne ne soit réprimé juste parce qu’il a exprimé son opinion ou bien il a revendiqué ou manifesté pour ce qu’il pensait juste.

    L’accès aux réseaux sociaux est restreint depuis fin mars 2018 au Tchad. Comment réagissez-vous aux arguments utilisés par les autorités hier sur notre antenne qui disaient « S’il faut choisir entre la liberté et la sécurité, le choix est simple : nous choisissons la sécurité » ?

    À quoi cela sert une sécurité sans paix ? La sécurité ne peut régner que quand les gens sont en paix. Nous sommes tous engagés à sécuriser notre vie, nos familles, notre pays. La sécurité, elle est sociale, elle est économique, elle est politique. Il faut résoudre ce type d’insécurité, avant de revenir à la sécurité elle-même, et puis  garantir maintenant la paix. Il faut lever la censure, ça ne profite à personne. Il faut vraiment que nos autorités reviennent à la raison et qu’elles lèvent cette censure.


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