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    Législatives à Madagascar: si le parti TIM «ne gagne pas, il cohabitera»

    Toavina Ralambomahay, analyste politique malgache. facebook.com/newsmada.com

    Un peu plus de 10 millions de Malgaches sont appelés aux urnes ce lundi 27 mai pour élire leurs députés. 810 candidats dont près de 500 indépendants se présentent à cette élection législative pour tenter de remporter l’un des 151 sièges de l’Assemblée nationale. Ce scrutin est aussi un face à face aussi entre deux clans : l’IRD, la plateforme qui soutient le président de la République Andry Rajoelina et le TIM, parti de l’ancien chef de d’État, Marc Ravalomanana, candidat malheureux au second tour de la présidentielle de décembre dernier. Toavina Ralambomahay, analyste politique, auteur notamment de « Madagascar dans une crise interminable », est notre invité.

    RFI : Dans quel climat se déroule cette élection législative ?

    Toavina Ralambomahay : Il n’y a pas eu d’affrontement pendant la campagne. Je veux dire par là qu’il n’y a pas eu d’affrontement idéologique, il n’y a pas eu de grands thèmes de campagne. Il n’y a presque aucun candidat ou parti qui s’est déclaré opposition avant les élections. Donc, normalement, le président peut avoir une majorité parlementaire, soit avec sa propre formation, soit en composant avec la multitude d’indépendants qui, peut-être, sera élue.

    Concernant l’atmosphère politique durant la présidentielle, elle était plus tendue. Pourquoi c’est différent pour cette élection législative dont - vous l’avez dit -, la campagne s’est déroulée globalement sans encombre ?

    On sait que monsieur Andry Rajoelina est devenu président de la République. Donc, plus personne n’a contesté sa victoire. Aujourd’hui, nous sommes dans les législatives, c’est pour son premier test en tant que président, même le parti de Marc Ravolomanana, qui était son adversaire à la présidentielle, n’est pas affiché officiellement opposant. Si le parti de Marc Ravalomanana ne gagne pas la majorité, il cohabitera certainement avec le nouveau pouvoir, comme ils l’ont fait entre 2011 et 2013 et pendant la présidence Hery Rajaonarimampianina.

    Vous trouvez que Marc Ravalomanana ne s’est pas positionné en chef de l’opposition pour ces élections ? Il présente, quand même plus de cent candidats.

    Il aurait pu l’être officiellement. C’est-à-dire, jouir du statut de l’opposition. Il a une voix sur cela. Mais il ne l’a pas fait et il n’y a pas eu de thème de campagne. C’est-à-dire d’affrontement entre les partisans du président Andry Rajoelina et de Marc Ravalomanana. Maintenant, même les indépendants ne sont pas franchement contre le pouvoir. Ce sera exactement comme sous l’ancien président Hery Rajaonarimampianina, où les indépendants ont rejoint le gouvernement et ont gouverné ensemble.

    Quels sont les enjeux de cette élection pour le président actuel, Andry Rajoelina, et pour l’ancien chef d’État et candidat malheureux au second de la présidentielle, Marc Ravalomanana ?

    Pour Andry Rajoelina, c’est de gouverner. Il a cinq ans devant lui, il a besoin d’une majorité parlementaire. Pour Marc Ravalomanana, soit il a la majorité, donc il peut devenir Premier ministre, soit il est en minorité, donc il sera chef de l’opposition avec un statut légal. Mais ce serait curieux de le voir dans ces deux postes, puisqu’il estime avoir été président de la République et ces deux postes le minoreraient. Je ne pense pas qu’il briguerait ces deux fonctions.

    Près de 500 candidats se présentent en tant qu’indépendants. Que doit-on en penser, sachant que les parlementaires de l’Assemblée nationale sont connus pour donner leur vote aux plus offrants ? Est-ce que c’est eux qui feront la pluie et le beau temps à l’Assemblée nationale ?

    Les candidats indépendants ne sont pas franchement contre le président Andry Rajoelina. Aucun candidat indépendant ne s’est déclaré opposant officiel avant aujourd’hui. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, c’est le vote et il est très facile pour eux de se rallier. Ensuite, le fait d’être indépendant ne veut plus rien dire, parce qu’à Madagascar il y a une loi sur l’opposition, qui dit que ceux qui sont de l’opposition doivent s’inscrire au ministère de l’Intérieur. Et comme ils ne se sont pas inscrits, normalement, ils ne sont pas très, très loin du président. Ils veulent juste approcher le plus possible du pouvoir.

    Soixante-dix-neuf députés de la précédente législature sont mis en cause dans une enquête sur une affaire de corruption que vient de clôturer le bureau anticorruption. Ils sont soupçonnés d’avoir accepté plusieurs milliers d’euros en échange de leur vote pour l’adoption de la loi électorale, l’année dernière. Plusieurs d’entre eux se présentent à cette élection législative. Ne devrait-on pas invalider leur candidature ?

    Tant que la Haute Cour constitutionnelle et la Commission électorale nationale indépendante ont validé leurs candidatures, il n’y a plus rien à faire. Ils ne seront pas condamnés. Il y a la présomption d’innocence. Donc il faut attendre qu’ils soient condamnés, et s’ils le sont, après on avisera.

    Avec ces députés qui n’ont pas bonne réputation, qui sont perçus, aussi, comme corrompus, parfois, peut-on s’attendre quand même à un intérêt des Malgaches pour cette élection ?

    Le premier paramètre à voir, effectivement, ce sera le taux de participation. Au deuxième tour de la présidentielle 48% des électeurs ont voté et la dernière élection municipale a vu 30% de taux de participation. Donc ce sera la première chose à étudier aujourd’hui, en fin de journée. Vu qu’il n’y a pas eu de thème de campagne, d’affrontement idéologique, il est peu probable qu’il y ait beaucoup de votants. Il n’y a pas franchement d’alternative d’opposition et la société civile qualifie les candidats de farfelus, de parvenus… Normalement, les citoyens que représente cette société civile n’iront pas voter. Et comme la société civile n’a pas non plus identifié les bons candidats, les citoyens eux-mêmes n’ont pas identifié les bons candidats. Il est possible que le taux d’abstention soit très, très élevé. Si le taux de participation baisse, c’est un peu, aussi, parce que le citoyen ne s’intéresse plus du tout à la politique. Il croit qu’il peut vivre sans la politique.


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