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    Le président comorien Azali Assoumani sur RFI: «Il y aura des mesures de grâce»

    Le président des Comores Azali Assoumani ici le 4 octobre 2016 après sa visite au président français Hollande. JACQUES DEMARTHON / AFP

    Aux Comores, dans son discours d'investiture du dimanche 26 mai, le président Azali Assoumani a promis des mesures d'apaisement vis-à-vis de ses adversaires, qui l'accusent d'avoir bourré les urnes et d'avoir commis un « coup d’État électoral » le 24 mars dernier. Va-t-on vers des mesures de grâce au bénéfice de personnalités qui sont actuellement en prison ou en résidence surveillée ? En ligne de Moroni, le chef de l’État comorien répond aux questions de RFI.

    RFI : Monsieur le président, l’an dernier vous avez fait changer la Constitution, afin de pouvoir vous représenter cette année, et encore une fois en 2024, pour pouvoir éventuellement rester au pouvoir jusqu’en 2029. Est-ce que vous n’êtes pas, comme dit le très respecté colonel Mohamed Soilihi, en train d’installer une dictature ?

    Azali Assoumani : Monsieur Boisbouvier, ce que vous avez dit là, c’est faux. Ce n’est pas moi qui ai changé la Constitution. Et cela, je vous en prie, arrêtez ce terme-là, qui est un terme faux ! Ce n’est pas moi. C’est la société civile, ce sont les aînés, qui ont recommandé des assises nationales, les assises parrainées par la communauté internationale, de l’ONU jusqu’à la COI [Commission de l’océan Indien] ! Et les recommandations qui en ont été faites, je vais les mettre en pratique. Donc, installer une dictature, c’est du déjà entendu, du déjà-vu.

    Mais je peux vous rassurer que, dans les faits, pour les gens qui ont été sanctionnés, il y avait des motifs réels et ils étaient avec des avocats à la justice. Mais personne ne peut me dire que j’ai envoyé des gendarmes aller prendre quelqu’un chez lui pour le mettre en prison ou aller le prendre sur une place publique pour aller le mettre en prison… Personne ne peut le dire.

    Après l’accident meurtrier du 28 mars, dans un camp militaire de Moroni, vous avez fait arrêter plusieurs responsables de l’opposition. Où en est-on aujourd’hui ?

    Ce n’est pas moi. Nous avons une justice. Ce n’est pas moi qui ai arrêté les gens ! C’est la justice qui a fait l’arrestation. Je peux vous témoigner que je n’ai pas donné d’ordre à qui que ce soit. Les gens sont partis en prison et le reste, on verra !

    Oui, mais quand ce sont des membres de l’opposition, évidemment, tout le monde s’interroge !

    Oui, c’est ce que l’on appelle une coïncidence malheureuse ! Mais si aujourd’hui ces gens de l’opposition sont complices dans des attentats, comment voulez-vous qu’ils ne soient pas arrêtés parce qu’ils sont de l’opposition ?

    L’ancien président Sambi, placé sous mandat de dépôt, son ancien ministre des Finances, Mohamed Ali Soilihi, sous la menace permanente d’une arrestation… Est-ce que vous n’êtes pas en train de bâillonner l’opposition, sous prétexte de soupçons de détournement de biens publics ?

    Vous l’avez dit. Ce sont des gens qui ont fait des détournements… La justice va faire son travail. Il se trouve que c’est un ancien président, que c’est un ancien ministre… Mais dans combien de pays il y a des anciens présidents qui ont connu la même chose ? Même chez vous, en France, il y a des anciens présidents qui font l’objet de poursuites judiciaires ! Et ce qui se passe en France, ce qui se passe au Brésil, peut se passer aux Comores !

    Depuis février dernier, deux journalises de Facebook FM, Abdallah Agwa et Oubeid M’Changama, sont en prison. Pourquoi cette atteinte à la liberté de la presse ?

    D’abord, ce ne sont pas des journalistes. Ils ne peuvent pas vous dire qu’ils ont une carte de journaliste. Mais ce sont des gens qui disent n’importe quoi ! Ce que j’ai appris de ces deux « faux journalistes » dont vous parlez, c’est qu’ils ont été arrêtés. Ils ne sont pas encore condamnés, j’espère que la justice va travailler très vite, ces jours-ci, pour trouver une solution à cela.

    Il y a deux mois, notre confrère Toufé Maecha, du quotidien Masiwa, a été retenu toute une journée dans un poste de gendarmerie de Moroni, où il a été humilié, à genoux, en slip… Et cela, devant des gendarmes qui ont filmé la scène et l’ont postée sur les réseaux sociaux. Pourquoi ces mauvais traitements contre un journaliste comorien ?

    Si, malheureusement, des choses comme cela se passent, je ne donne pas raison aux gendarmes. En tout cas, nous allons prendre des sanctions et je peux vous assurer que, concernant les gendarmes ou les militaires qui font des erreurs, il y en a qui sont radiés, il y en a même que l’on envoie en prison.

    Ce dimanche, M. le président, dans votre discours d’investiture, vous avez promis un geste envers l’opposition et des « mesures d’apaisement ». De quelles mesures s’agit-il ?

    Il s’agit de mesures concernant, par exemple, le complot contre la sûreté de l’État qui a eu lieu. Il y a eu trois actes graves, même quatre. Il y a l’acte de Mohéli, l’acte d’Anjouan, la tentative d’assassinat du vice-président… Et puis ici, à Moroni, la coupure de la main d’un gendarme… Et aussi, après, la tentative de coup d’État qui devait être fait, où des gens ont été arrêtés.

    Moi, j’ai décidé de faire de l’apaisement. C’est-à-dire, demain ou après-demain, il y a des grâces, des diminutions de peines qui devraient être faites. J’espère que ce geste-là va être accepté, que les gens vont comprendre que nous n’avons aucun intérêt à mettre les gens en prison, que les gens vont comprendre que l’on doit s’asseoir ensemble et travailler pour l’intérêt du pays.

    Donc, plusieurs grâces vont être prononcées dans les jours qui viennent ?

    Tout à fait. Demain ou après-demain, maximum.

    Et quelles seront les personnalités qui bénéficieront de ces mesures de grâce ?

    Ah, ça, M. Boisbouvier… Attention, quand même ! Il y a un minium de confidentialité. Pour quelque chose qui n’est pas encore fait, est-ce que peux vous dire, à RFI, qu’untel ou untel ? Non ! Ce n’est quand même pas ça ! Déjà, personne ne le sait. C’est un travail que je fais avec les juristes. Donc, vous allez le savoir… Mais vous dire à partir d’aujourd’hui que c’est tel ou tel, cela n’a pas de sens.

    De nombreux opposants et candidats à la dernière présidentielle - je pense à Mouigni Baraka ou à Saïd Larifou – demandent une nouvelle élection présidentielle, au terme, peut-être, d’un dialogue national. Qu’est-ce que vous leur répondez ?

    Je leur dis : non, pas d’élection, les élections ont eu lieu. Les Comoriens se sont prononcés avec dignité, la communauté internationale a accepté. Il n’y a pas d’élection et j’espère qu’il n’y en aura pas avant cinq ans. On ne peut pas se mettre dans des élections tous les deux ans.

    Dans votre discours de ce dimanche, vous avez évoqué l’urgence de structurer la presse, dont la liberté vous tient à cœur. Qu’est-ce que vous allez faire, concrètement ?

    C’est une question qui m’intéresse. Les journalistes de ce pays, je vais les inviter, eux-mêmes, à ce que l’on fasse un séminaire sur la presse aux Comores. Peut-être que je peux leur demander d’avoir l’avis d’expatriés comme vous, qui viendraient participer pour essayer de tracer les lignes d’une définition de la presse en général et aux Comores, en particulier. Que tout le monde connaisse ses droits et ses devoirs. Donc, c’est une question cruciale dont il va falloir essayer de discuter. Parce qu’effectivement, on ne peut pas avoir que de la presse nationale.

    La presse privée est libre. Elle est vraiment nécessaire, plus que nécessaire, pour la liberté de la presse. C’est de cela que nous allons discuter, pour que l’on puisse effectivement essayer de tourner la page de ce problème de la presse – « Azali contre la presse », « c’est de la dictature » – pour que tous, on puisse ouvrir ce dossier pour aller de l’avant. J’en fais une de mes priorités, cette conférence sur la presse.


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