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    Ihsane El Kadi: en Algérie, «nous sommes dans une véritable impasse institutionnelle»

    Ihsane El Kadi, directeur de Maghreb Émergent. @ElkadiIhsane

    En Algérie, personne ne sait où l'on va, après l'annulation de la présidentielle du 4 juillet par le Conseil constitutionnel. Abdelkader Bensalah, le président par intérim, semble être autorisé à rester en fonction jusqu'au jour où le vote aura lieu, mais le mouvement citoyen n'est pas du tout d'accord. Ihsane El Kadi est le directeur de publication du journal en ligne Maghreb Émergent. Il est aussi dans le comité d'organisation de la Conférence nationale de la société civile algérienne, qui est prévue le 15 juin prochain à Alger. Quel est, à son avis, le meilleur scénario de transition ? En ligne d'Alger, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Ihsane El Kadi, l’annulation de la présidentielle du 4 juillet, est-ce que c’est une victoire pour le mouvement citoyen ?

    Ihsane El Kadi : Absolument. C’est l’agenda de ceux qui continuent la période du président Bouteflika. C’est-à-dire l’état-major de l’armée, qui est battu en brèche par la mobilisation populaire, qui s’est poursuivie de manière extrêmement vigoureuse durant le mois du Ramadan. Ce qui est totalement une grosse surprise et une très mauvaise surprise pour ceux qui avaient misé sur son essoufflement. C’est une victoire, effectivement.

    Le Conseil constitutionnel annule le vote du 4 juillet, mais il invite le président par intérim, Abdelkader Bensalah, à convoquer de nouveau le corps électoral et à parachever le processus. Ce qui veut dire que ce chef d’État par intérim va rester au pouvoir au-delà de la date constitutionnelle du 9 juillet. Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Évidemment, c’est rejeté. C’est rejeté, déjà, par plusieurs partis de l’opposition. Vendredi prochain, il n’y a pas de doute, ce sera très fortement rejeté par la rue. Mais en même temps, nous sommes devant une véritable impasse institutionnelle, parce que les revendications de la rue c’est, « Vous partez tous » et notamment le président par intérim, monsieur Bensalah, le Premier ministre Noureddine Bedoui. Dans ce cas-là, il faut trouver le mécanisme, qui forcément ne peut pas être un mécanisme constitutionnel, pour engager une transition avec, peut-être, un présidium ou une figure nationale qui assurerait les prérogatives du chef de l’État. Et ça, c’est un scénario qui est rejeté par l’armée, qui est rejeté par son chef. Et tant que nous sommes dans ce rejet, l’armée n’a pas d’autre solution que de vouloir rester dans la reconduction de l’élection présidentielle. Il y a, aujourd’hui, une véritable impasse et une absence de communication qui font que c’est le rapport de force dans la rue et la mobilisation qui devraient finalement faire bouger les choses.

    Et si les choses ne bougent pas, on va devant un vide juridique, au-delà de la date du 9 juillet ?

    Le Conseil constitutionnel a décidé de faire son interprétation, en disant que la mission principale du président est d’organiser une présidentielle. Et tant qu’il ne l’aura pas organisée, le Conseil constitutionnel a décidé de considérer qu’il peut rester en fonction dans l’intérim, pour pouvoir rendre effective cette mission. C’est-à-dire organiser une présidentielle. Nous savons que cela ne se fera pas. Cela ne s’est pas fait en avril dernier pour cause de 5e mandat rejeté, cela ne s’est pas fait le 4 juillet pour cause d’organisateurs de ce scrutin rejetés. Si les organisateurs du prochain scrutin ne changent pas, cela ne se fera pas. Et si ces organisateurs du scrutin changent, nous n’irons pas nécessairement vers une présidentielle. Nous irons, peut-être, vers un débat sur la refonte de la Constitution, vers une transition dont le contenu peut être différent de l’agenda actuel du système.

    Alors, qui seront ces organisateurs du scrutin ? Dans sa dernière déclaration, le général Gaïd Salah, l’homme fort du pays, invite le Mouvement citoyen et tous les partis à un dialogue « sérieux, rationnel et constructif », pour aller aux élections le plus vite possible, en évitant « une période de transition aux conséquences incertaines ». Qu’est-ce que vous en pensez ?

    Vous faites très bien d’en parler. Je suis, au moment où je vous parle, en train de travailler dans une commission de rédaction sur le texte qui va fonder la rencontre nationale de la société civile algérienne. C’est la rencontre de plusieurs dynamiques. Et cette dynamique a pour objectif de montrer justement à Monsieur Gaïd Salah, qu’il y a, dans la société, dans le Mouvement populaire, des capacités d’organisation et de formulation de solutions par la population. C’est-à-dire que cela ne peut pas être les mêmes qui vont organiser la transition.

    Donc, nous proposons une figure nationale. Déjà, nous proposons un dialogue pour aider au départ de ces personnalités-là, pour organiser leur départ et pour organiser la transition. C’est-à-dire, savoir comment les personnalités vont être nommées pour la diriger, quel va être l’agenda, la durée de cette période de transition… Est-ce que nous allons aux urnes d’abord et nous ferons la refonte de la constitution plus tard ? C’est cette feuille de route qu’une partie, peut-être majoritaire, de la société civile, aujourd’hui, est en train d’organiser. La classe politique fait la même chose.

    Donc pour le Mouvement citoyen, la structure de transition qui va organiser le prochain scrutin ne peut pas garder en son sein les dignitaires du régime actuel ?

    Je pense que c’est l’un des points les plus forts et les plus unanimes qui se soient exprimés durant toutes ces semaines. Nous sommes à la quinzième semaine de manifestations populaires qui clament : « Plus de ces gens-là dans les responsabilités et notamment dans les responsabilités de la transition ». Et c’est peut-être pour cela que c’est compliqué. Parce qu’en fait, toutes ces tentatives de médiation, d’essayer de ne pas tenir compte de cette exigence très forte de la population, ont échoué et les élections présidentielles sont une tentative de contourner ces exigences. Et donc je pense que tout dialogue sérieux, toute possibilité de sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes doit intégrer le fait que ces gens-là ne joueront pas de rôle dans la période de transition.

    Il y a deux semaines, trois figures respectées de la société algérienne, l’ancien ministre Taleb Ibrahimi, l’ancien général Rachid Benyelles et maître Ali Yahia Abdennour ont demandé dans une tribune la mise en place d’une « période de transition de courte durée, conduite par des hommes et des femmes n’ayant jamais appartenu au système profondément corrompu de ces vingt dernières années ». Est-ce que cet appel a une chance d’être entendu par les dignitaires actuels au pouvoir ?

    Évidemment, une fois de plus, cela va dépendre de la capacité du Mouvement populaire à poursuivre la pression. Je pense que cela aurait été entendu si ce n’était pas la figure de Ahmed Gaïd Salah qui avait hérité du pouvoir. Parce que c’est quelqu’un qui n’est pas souple, qui n’est pas à l’aise avec la négociation politique et donc a tendance, un peu, à se refermer sur des plans un peu martiaux, du style : c’est comme ça que ça doit se passer et pas autrement… Donc on a hérité d’un mauvais casting pour la négociation, mais je reste persuadé que cette option, qui a été soutenue par ces trois personnalités respectables, peut déboucher.

    Par exemple, nous faisons la proposition, aujourd’hui, que des personnalités comme celles-là soient désignées pour organiser le dialogue. Le dialogue ne peut pas être organisé directement par monsieur Gaïd Salah. Il a tenté de le faire, cela a fait pschitt… Le général Gaïd Salah a encore des prérogatives. On peut lui concéder la responsabilité de désigner des personnalités pour, déjà, organiser un dialogue national, qui, lui, débouchera sur la période de transition.

    Et Taleb, Benyelles et Abdennour peuvent être les hommes de ce futur dialogue ?

    Ils peuvent apporter leur caution. Ça, c’est une option qui peut faire démarrer la feuille de route de la transition.

     


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