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    Après le Royaume-Uni, pourquoi Donald Trump se rend-il en Irlande?

    Le président des États-Unis, Donald Trump, et la Première Dame, Melania Trump, arrivent pour leur visite d'État en Grande-Bretagne, à l'aéroport de Stansted, près de Londres, le 3 juin 2019. REUTERS/Hannah McKay

    Après sa visite d’État au Royaume-Uni, Donald Trump se rend en Irlande, une étape moins médiatisée de la tournée européenne du président américain. Il sera jeudi 6 juin en France pour commémorer les 75 ans du Débarquement en Normandie. Mais que va faire Donald Trump en Irlande ? Eclairages.

    De notre correspondant à Dublin,

    Donald Trump va dormir en Irlande, car il possède sur la côte ouest-irlandaise un complexe hôtelier avec golf, dans le petit village de Doonbeg. Il y a cinq ans, dans une Irlande encore en récession, l’homme d’affaires Trump a acquis la propriété pour 15 millions d’euros afin d’en faire un hôtel de luxe. Aujourd’hui, c’est le président Trump qui va y séjourner brièvement, deux nuits entrecoupées d’un aller-retour en France jeudi. « C’est plus pratique », a-t-il simplement commenté pour expliquer son choix.

    En fait, pour le président américain, c’est presque un détour par chez lui

    Son investissement avait été accueilli à bras ouverts en 2014 dans cette région isolée en pleine crise financière. À l’époque, le ministre de l’Économie irlandais lui avait déroulé, au sens propre, le tapis rouge à sa descente d’avion. L’hôtel Trump de Doonbeg, ce sont aussi quelque 300 emplois directs et indirects. Autrement dit, Donald Trump n’a que des amis sur place. Le village s’est d’ailleurs paré de drapeaux américains pour sa venue. Ambiance loin de la contestation alors que des manifestations anti-Trump se tiendront ailleurs dans le pays, notamment à Dublin où le célèbre bébé gonflable Trump accompagnera des groupes LGBT ou encore des militants écologistes.

    Un séjour de confort, une visite privée ?

    Y aura-t-il du protocole ? Très peu. À son atterrissage à Shannon, dans l’ouest, Donald Trump rencontrera le Taoiseach, le Premier ministre irlandais. Une entrevue d’une demi-heure environ dans le salon VIP de l’aéroport. Dublin parle d’un entretien pour évoquer l’accès des expatriés irlandais à des visas de travail aux États-Unis, la crise politique en Irlande du Nord et le Brexit. Difficile cependant d’imaginer M. Trump couvrir autant de sujets complexes en si peu de temps. Les plus critiques du président américain voient dans cette rencontre express si proche de Doonbeg un prétexte pour qu’il aille ensuite faire du golf sur sa propriété.

    A-t-il réellement l’intention de faire du golf en Irlande ?

    A priori oui. Il est question d’un petit parcours vendredi matin avant de redécoller pour Washington. Évidemment, cela donne de l’eau au moulin de ceux qui accusent le président américain d’une certaine légèreté protocolaire. Car organiser sa visite n’a pas été non plus une mince affaire : à plusieurs reprises ces derniers mois, Donald Trump a annoncé sa venue prochaine en Irlande, chaque fois annulée. De plus, il voulait rencontrer le Premier ministre irlandais dans son hôtel de Doonbeg. Leo Varadkar a dit non. Être reçu, dans son propre pays, par un chef d’État étranger, l’image aurait sans doute suscité pas mal de commentaires. Donald Trump aurait alors failli annuler son étape irlandaise pour rallier son autre golf en Écosse. Finalement, il sera bien là, avec un important dispositif de sécurité : un millier de policiers irlandais - toute la région est bouclée. La facture est estimée à 10 millions d’euros pour le contribuable. Une addition que d’aucuns jugent salée pour une visite pas vraiment conforme aux standards habituels.

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