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    Football féminin: les revenus ne sont pas encore au niveau

    Les joueuses de l'équipe de France de football, lors du match amical gagné face au Brésil, le 10 novembre 2018. Christophe Simon/AFP

    Coup d’envoi ce vendredi de la Coupe du monde de football féminin en France. Un mois de compétition jusqu'à la finale le 7 juillet prochain à Lyon. Le premier match opposera la France à la Corée du Sud. Hors des pelouses un autre match se joue : celui des différences entre le poids économique des footballs féminin et masculin.

    En lice pour le trophée de l'équité salariale : l'Afrique du Sud. Les femmes recevront des primes de performances « quasiment équivalentes » à celles des Bafana-Bafana, l'équipe masculine qui participera, elle, à la Coupe d'Afrique des nations.

    Autre exemple de l'autre côté de la planète, dans la sélection norvègienne : les hommes ont accepté il y a deux ans de baisser leur salaire pour que les femmes gagnent autant qu'eux.

    Dix fois moins

    Mais c'est l'arbre qui cache la forêt. Au jeu des rémunérations, les hommes sont toujours largement vainqueurs. Pour preuve : la dotation globale de la Coupe du monde féminine s’élève à 30 millions de dollars à distribuer aux 24 équipes en compétition. L’été dernier en Russie, les hommes se sont partagé un gâteau de 400 millions de dollars. Il y avait certes plus d'équipes. Il n'empêche, proportionnellement, le budget pour les femmes est dix fois inférieur à celui des hommes.

    Alors, certaines joueuses se rebellent. Aux États-Unis, où la sélectionneuse des championnes du monde en titre gagne moins que des cadres de l'équipe masculine qui n'est, elle, pas parvenue à se qualifier pour le Mondial en Russie. Les championnes du monde en titre ont porté plainte pour discrimination contre leur fédération.

    Ada Hegerberg, la toute première ballon d'or féminine de l'histoire, elle, ne foulera pas la pelouse pour ce Mondial. Elle maintient le boycott de sa sélection. La Norvège a beau avoir aligné les salaires des hommes et des femmes, elle estime qu'il y a encore beaucoup à faire pour améliorer les conditions des joueuses. Elle commentera donc les matches sur une chaîne de télévision française.

    « Pas sûre qu'on rapporte autant »

    En France au contraire, Gaétane Thiney accepte son sort. L'attaquante des Bleues assure que les conditions de travail permises par la Fédération française sont optimales. Quant aux primes, la différence est à ses yeux mathématiquement logique. Les filles gagnent moins mais « je ne suis pas sûre qu'on rapporte autant », dit-elle. Un exemple : les stades choisis sont plus petits (il n'y aura pas de match au Stade de France) et les places sont beaucoup moins chères. Les billets pour la finale sont affichés entre 23 et 84 euros.

    Alors, quelles perspectives d'évolution ? Il y a « deux écoles » en la matière, explique Pierre Rondeau, co-directeur de l'Observatoire sport et société à la fondation Jean-Jaurès. Une « logique d'égalitarisme d'action » : à travail égal, salaire égal. Certaines fédérations sportives ont fait ce choix de société. Dans le handball français, par exemple, les primes de résultat sont équivalentes. L'autre école, c'est le « pragmatisme économique » : se dire que l'égalité salariale viendra dès lors que le football féminin aura le même poids économique. Et Pierre Rondeau estime que le football féminin va progresser en raison d'une meilleure rentabilité. Les compétitions masculines rapportent beaucoup, mais coûtent également beaucoup, en termes de droit de retransmissions télé, par exemple.

    Le foot féminin, un marché en progression

    L'économie du football féminin est déjà en train d'évoluer : la dotation pour ce Mondial 2019 a doublé par rapport à la précédente compétition en 2015. Du côté des droits télé, Canal +, qui a commencé à diffuser cette saison tous les matches de la Division 1, a accepté, selon Le Parisien, de payer 1,2 million d'euros par an pendant 5 ans ; en 2017, la chaîne n'avait déboursé que 200 000 euros. Autre exemple en Espagne, le groupe Mediapro débourse désormais 3 millions par an. Avant, il diffusait le football féminin... gratuitement.

    Des évolutions également dans le sponsoring. Une célèbre marque de carte bancaire a signé un contrat avec l'UEFA, l'organisation européenne, pour une durée de sept ans. Adidas et Nike font aussi le pari du sport au féminin. Adidas a promis de verser aux gagnantes du Mondial des bonus équivalents à ceux concédés aux hommes. Nike vient de publier une longue publicité conseillant aux jeunes filles, de ne pas changer leur rêve, mais de changer le monde.

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