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    Abdallah Wafy: «En réponse au terrorisme, il n'y a pas que le "tout sécuritaire"»

    Un soldat de l'armée malienne garde l'entrée du G5 Sahel, le 30 mai 2018. AFP/Sebastien Rieussec

    Pour la première fois depuis près de quarante ans, le Niger fait son entrée au Conseil de sécurité, membre non permanent élu hier à New York. Pour Niamey, ce fauteuil est crucial alors que le pays fait face à des défis multiples, terrorisme, changement climatique, plus de 100 000 nouveaux déplacés et réfugiés ont été recensés depuis janvier au Niger, qui en abrite déjà 300 000. En raison de « la détérioration » de la situation sécuritaire, la force du G5 Sahel peine - trois ans après sa création - à faire face à la menace. Pour en parler, Sonia Rolley reçoit l’ambassadeur du Niger à Washington, Abdallah Wafy.

    Votre pays, le Niger, est devenu membre non permanent du Conseil de sécurité. Qu’est-ce que vous pensez que cette position va vous apporter dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel ?

    Abdallah Wafy: En fait, cette élection, c’est une reconnaissance des efforts du Niger, de ses dirigeants et de son peuple, dans la sous-région ouest-africaine.

    Pour répondre concrètement à votre question, la présence du Niger au Conseil de sécurité va nous permettre de sensibiliser la communauté internationale, à travers le Conseil de sécurité, sur les grands défis qui se posent aujourd’hui à la région sahélo-saharienne.

    Vous avez mentionné la lutte contre le terrorisme. C’est l’une de nos préoccupations. Le Niger, à l’instar des autres pays de la sous-région, fait face à des défis sécuritaires immenses mais nous avons aussi des problèmes qui sont liés. Ce sont des problèmes de développement, d’impact de changement climatique ou encore la lutte contre l’immigration clandestine. Toutes ces questions, le Niger les portera devant le Conseil de sécurité.

    Vous connaissez certaines difficultés avec les Nations unies puisque votre pays, comme les autres pays du G5 Sahel réclame, pour la force du G5 Sahel, un financement des Nations unies. Pensez-vous que ce poste va vous permettre d’obtenir quelque chose de plus, parce que pour l’instant, vous n’avez essuyé que des refus ?

    Mais certainement. En tant que membre du Conseil de sécurité, nous allons discuter avec les quatorze membres permanents et non permanents du Conseil de sécurité pour expliquer les raisons qui nous ont amenés à créer ce G5 Sahel.

    Depuis presque trois ans, on nous parle d’une force du G5 Sahel. Est-elle véritablement opérationnelle aujourd’hui ?

    Il y a un état-major qui est opérationnel. Nous avons mis à disposition les troupes qui ont commencé à faire des opérations mais, encore une fois, le véritable problème, c’est le manque de ressources. Nous n’avons pas reçu les financements promis, escomptés et c’est pour cela que cette force peine à atteindre sa pleine capacité opérationnelle.

    Mais qui est responsable du fait que les fonds ne soient pas arrivés ? Qui n’a pas payé ?

    Rappelez-vous. Quand il y a eu la conférence de Bruxelles, il y a eu des annonces de financement mais ces financements promis ne sont pas encore arrivés. Avec ceux qui sont, par contre, arrivés, nous sommes en train de faire des opérations y compris avec nos propres ressources.

    Ne pensez-vous pas que c’est un problème de défiance de la part des partenaires du G5 Sahel ? Comment expliquez-vous, justement, ce peu d’investissement ?

    Nous ne voyons pas cela comme une défiance. Nous voyons plutôt cela comme un manque de sensibilisation accrue qui les empêche de prendre la mesure de la menace.

    Quand vous entendez le général français Bruno Clément-Bollée, sur notre antenne [le 6 juin], parler de maillon faible, n’estimez-vous pas que cela, c’est une mise en cause de la capacité de certains États du G5 Sahel à pouvoir justement répondre à cette menace, avec leurs forces de sécurité ?

    Non. Je l’ai entendu dire que le dispositif n’était pas adéquat, aussi bien le dispositif Barkhane, la force française, que la Minusma et la réponse du G5 Sahel. Il ne ciblait donc pas uniquement la force du G5 Sahel.

    Parlons du dispositif, de façon globale et là, sur ce point, je suis parfaitement d’accord avec le général Clément-Bollée. 1 milliard de dollars pour la Minusma, 700 cent millions d’euros pour la force Barkhane. Et combien pour la force du G5 Sahel ? Il aurait dû répondre à cette question. C’est cela le problème. On peut toujours déplorer tel ou tel maillon faible mais cela ne résoudra pas la question.

    Le général Clément-Bollée a dit que des troupes françaises étaient caillassées et que l’opinion publique nationale de certains pays commençait à devenir hostile. Encore une fois, il ne s’agit pas d’hostilité à l’égard de ces pays ou de ses troupes mais de la remise en cause de leur efficacité. C’est de cela qu’il s’agit car lorsqu’un pays accepte une intervention militaire extérieure ou la présence de troupes étrangères, ce n’est jamais de gaité de cœur.

    Le Niger a récemment perdu une trentaine d’hommes au cours de ses opérations. Est-ce que le fait que vos militaires n’aient pas assez d’équipements ou suffisamment de matériel ou encore des moyens aériens, ne finit pas par coûter très cher en vies, du côté des troupes du G5-Sahel ?

    Absolument. L’exemple que vous donnez, cet incident qui nous a coûté la perte d’une trentaine de soldats, est une parfaite illustration de la nécessité, pour nous, d’avoir une couverture aérienne.

    Si nos troupes au sol bénéficiaient d’une très bonne couverture aérienne, ce genre d’incidents ne pourrait pas arriver. Nous sommes en train de nous battre pour avoir une couverture aérienne, un appui aérien avec des hélicoptères d’attaque et des avions de surveillance coordonnés avec nos troupes au sol, pour pouvoir détecter la menace, engager des poursuites et pouvoir détruire ces ennemis-là.

    Vous aviez évoqué, parmi les objectifs de ce poste de membre non permanent au Conseil de sécurité, la lutte contre le changement climatique. Aujourd’hui, le Niger est-il vraiment en mesure de participer à cette lutte, avec les moyens de l’État nigérien ?

    La réponse au terrorisme n’est pas que "le tout sécuritaire". Nous avons certes la réponse sécuritaire mais il faut aussi œuvrer sur le plan de développement.

    Aujourd’hui, la question qui se pose, c’est que le lac Tchad a perdu près de 90 % de ses ressources en eau et, d’après des sources crédibles, dans les années à venir, les 10 % vont disparaître.

    C’est près de 40 millions de personnes qui vivent des ressources du lac Tchad. Si Boko Haram arrive facilement à recruter des jeunes gens de la région, c’est parce que de plus en plus, il y a des jeunes désœuvrés. Ils n’ont le choix qu’entre l’immigration clandestine ou rejoindre ces groupes armés qui, comme vous le savez, s’autofinancent grâce aux trafics qu’ils peuvent promettre à la jeunesse de ces régions-là. Il faut inverser cette tendance.


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