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    La cinquième nuit du Faso Danfani à Noisy-le-Sec

    Sayouba Traoré. © RFI/Sayouba Traoré

    Le Faso Danfani est une étoffe emblématique du Burkina Faso. Comme le Bogolan au Mali, ou autre type de tissu dans d’autres pays. Souvent cité parmi les 25 pays les moins avancés, le Burkina Faso a fait le choix d'un développement économique fondé sur l'agriculture de rente. Longtemps premier producteur de cette matière, les revenus cotonniers représentent entre 55 et 70% des recettes d'exportation burkinabè, selon les années, contribuant pour 40% au produit intérieur brut et faisant vivre près de trois millions de personnes en milieu rural, soit près d'un quart de la population nationale. Problème : le coton-fibre est exporté à l’état brut, faute de moyens pour le valoriser sur place.

     

    Pourtant, il y a une longue tradition de transformation artisanale du coton. Au départ de cette longue chaîne d’acteurs, il y a les plus de 350 000 producteurs de coton. La tradition réserve le tissage exclusivement aux hommes, alors que le filage était dévolu aux femmes. L’introduction des métiers à tisser moderne a suscité un essor du tissage féminin. Filage et tissage sont des activités pratiquées pratiquement dans chaque famille.

    Dans les années 1980, la Haute-Volta change de nom et devient Burkina Faso. Dans la foulée, c'est la naissance du Faso Dan Fani : littéralement le «pagne tissé de la patrie», du dioula fani : le pagne, dan : tisser et faso : la patrie, le territoire. Il s’agit de promouvoir ce produit de l’artisanat, pour un juste partage des revenus du coton.

    Pour les membres de l’Association des Créateurs Burkinabè de France, l’affaire est doublement sérieuse. C’est tout à la fois une affaire de fierté culturelle nationale, et un enjeu de bataille économique qui mobilise les agriculteurs producteurs de coton, les femmes artisanes qui filent ce coton dans leurs cases, les hommes à qui la tradition confie l’art du tissage, jusqu’aux stylistes et créateurs de modes qui font leurs premières armes dans les pays européens.

     

    Invités :
    - Georges Kaboré, président de l’association des créateurs burkinabè de France (ACBF)
    - Madame Germaine Compaoré née Bonkoungou, secrétaire générale de la Fédération nationale des tisseuses du Burkina Faso
    - Mariam Soré, styliste, promotrice de la marque Mami Sor
    - Habsatou Dicko, présidente de l’association Étoiles Pulaaku.

    Production : Sayouba Traoré
    Réalisation : Ewa Piedel


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