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    À la Une: nouveau carnage au Mali

    Des soldats maliens en patrouille (image d'illustration). AFP/Philippe Desmazes

    Plus d’une centaine de morts, des maisons incendiées, c’est le bilan provisoire dressé par le gouvernement malien après l’attaque perpétrée, avant-hier dimanche, dans le village de Sobame Da, dans la région de Mopti.

    « Le bilan est lourd et à la hauteur de l’atrocité, soupire le journal en ligne Djeliba Vingt-quatre. Le gouvernement qui a déjà dépêché une équipe des forces armées pour constater les dégâts parle d’une attaque djihadiste. Pour sa part, la milice d’auto-défense dogon Dan Na Amassagou accuse ouvertement l’immobilisme des Forces armées maliennes et de la Minusma et leur incapacité à les sécuriser et menace de futures représailles. Il faut donc craindre un cycle continu de violences meurtrières si des mesures urgentes ne sont pas prises par l’État. »

    Guerre civile ?

    « Est-ce la réplique exacte du massacre d’Ogossagou où, le 23 mars dernier, une centaine de civils peulhs avaient été tués ?, s’interroge pour part le site d’information Benbere. Cette fois, les victimes sont des Dogons, et les habitants de ce village désormais martyr sont majoritairement catholiques. Les assaillants n’ont pas été identifiés, mais les regards se portent sur les djihadistes. » A savoir, précise Benbere, sur les groupuscules ayant fait allégeance à Daech qui « chercheraient à forcer l’adhésion des populations peulh après ce qui s’est passé à Ogossagou et face à la montée en puissance de la milice des chasseurs dogon, Dan Na Amassagou. »

    Et le site malien de s’interroger : « qu’est-il possible de faire maintenant qui soit efficace et immédiatement payant pour casser la spirale infernale de la violence dans une région jadis pourtant conviviale ? Maintenant que Daech est dans le jeu, le risque le plus à craindre est celui d’une guerre civile sur les lignes de fracture religieuses. »

    Pourquoi les milices n’ont-elles pas été désarmées ?

    Le Républicain, autre quotidien malien, s’insurge : « le gouvernement avait pris la décision de mettre fin à l’existence des milices après le massacre de civils dans le village d’Ogossagou en mars dernier. Mais aucune force n’a été déployée sur le terrain pour désarmer ces groupes armés prétendant défendre leurs terroirs. On aurait probablement sauvé la vie des habitants de Sobame Da, poursuit Le Républicain, si la décision d’interdiction des milices avait été suivie d’un déploiement rapide de troupes pour quadriller les villages. Les forces armées maliennes et les forces internationales auraient dû être mises en commun pour sécuriser la région dès l’annonce de l’interdiction des milices par le gouvernement malien. »

    Que fait l’Etat ?

    Tristesse et indignation également dans la presse de la sous-région…

    Ledjely en Guinée pointe la responsabilité selon lui de l’État malien. « Le Mali, en tant qu’Etat, n’existe plus sur certaines portions du territoire, relève le site guinéen. D’où l’émergence çà et là de groupes d’autodéfense composés de miliciens qui ne sont malheureusement pas guidés que par la protection des leurs. Eu égard à la confusion et au laisser-aller qui prévalent, rien n’exclut d’ailleurs des passerelles entre ces fameux groupes d’autodéfense et les terroristes contre lesquels ils prétendent se battre. Par ailleurs, poursuit Ledjely, la passivité et la lenteur dont fait montre le processus judiciaire dans la prise en charge des dossiers de crimes et de violation des droits humains sont de nature à nourrir des rancœurs et des frustrations pouvant soulever les uns contre les autres. Ainsi, depuis le massacre d’Ogossagou, les promesses d’enquête sont restées lettres mortes. Pas un seul suspect n’a été mis aux arrêts. »

    Pour Le Pays au Burkina, « il est temps pour le gouvernement malien de prendre ses responsabilités. [...] La récurrence de ces conflits communautaires constitue une bombe ethnique à retardement qui pourrait non seulement exploser à tout moment entre les mains des autorités maliennes, mais aussi et surtout mettre à mal la cohésion sociale et l’union sacrée pour faire face à l’ennemi commun que sont les djihadistes. C’est pourquoi, estime Le Pays, il est impératif pour l’Etat malien de trouver la formule pour faire baisser la tension et amener les différents protagonistes à fumer durablement le calumet de la paix. »

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