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    Hongrie: le projet de musée consacré à l'holocauste va voir le jour

    Viktor Orban, le Premier ministre hongrois. REUTERS/Francois Lenoir

    À Budapest, une gare désaffectée a été transformée en musée. Il s’appelle la « Maison des destins » et est consacré aux enfants qui ont péri dans l’holocauste. Le lieu devait ouvrir il y a cinq ans, mais son ouverture a été retardée par des dissensions historiques et politiques. Le gouvernement de Viktor Orban a nommé une nouvelle direction à la tête du musée. Ce qui pourrait débloquer la situation et permettre d’achever le projet. Pourtant au début, celui-ci faisait consensus.

    L’idée de la « Maison des destins » avait plutôt été bien accueillie. Rappelons que sur les 800 000 juifs qui vivaient en Hongrie avant la Deuxième Guerre mondiale, 600 000 ont péri dans la Shoah, dont de nombreux enfants. Le nouveau musée se propose d’explorer cet aspect de l’histoire. L’ancienne gare est un lieu symbolique, car c’est de là que sont partis de nombreux trains de déportés vers Auschwitz. Dès le début, l’association des juifs de Hongrie et la fondation israélienne Yad Vashem ont été associées au projet et ont siégé au conseil d’administration de la « Maison des destins ».

    Un monument à l’origine d’un malaise

    Alors que le projet faisait auparavant consensus, il fut freiné pour de nombreuses raisons. D’abord, à l’été 2014, le gouvernement de Viktor Orban a fait ériger au cœur de Budapest un monument en commémoration de l’occupation allemande. C’est une colonnade surmontée d’un aigle, et qui présente la Hongrie comme une victime des forces nazies allemandes. Le monument ne mentionne pas la responsabilité des autorités hongroises qui ont activement participé aux déportations. Il a beaucoup choqué la communauté juive de Hongrie.

    Mais c’est surtout la personnalité de la directrice de la « Maison des destins » qui a posé problème. Il s’agit de l’historienne Maria Schmitt, une intellectuelle de droite très proche du Premier ministre Viktor Orban et très controversée. Elle a ainsi déclaré que « les juifs étaient eux même responsables de la Shoah ». Elle est aussi l’inspiratrice d’un autre musée, la « Maison de la Terreur », qui raconte comment la Hongrie a subi deux régimes totalitaires, le fascisme et le communisme. Mais sur les 5 000 m2 d’exposition, 70 m2 seulement sont consacrés au fascisme en Hongrie. Une façon d’occulter l’histoire.

    L’association des juifs de Hongrie et la fondation Yad Vashem ont craint que, dans les mains de Maria Schmitt, la « Maison des destins » ne devienne un projet révisionniste. Les deux associations ont quitté le conseil d’administration du musée.

    Maria Schmitt hors jeu

    Finalement, Viktor Orban a nommé une nouvelle direction à la tête de la « Maison des destins ». Le projet a été confié au rabbin hongrois Shlomo Köves, qui est à la tête de la communauté orthodoxe Loubavitch. Le rabbin a déclaré que Maria Schmitt ne faisait plus partie du musée. Un nouveau comité directeur a été mis sur pied, dirigé par l’Israélien Ytchak, l’ancien directeur du musée Yad Vashem. Il a annoncé que la conception de l’exposition allait être entièrement revue par un comité d’experts.

    Viktor Orban a donc tranché. Il faut dire que l’affaire commençait à empoisonner la relation entre la Hongrie et Israël. Une relation jusqu’ici sans nuages, Viktor Orban et Benjamin Netanyahu s’entendant très bien. C’est sans doute pour préserver cette bonne entente que le Premier ministre hongrois a évincé son historienne préférée.

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