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    À la Une: beaucoup de questions après le massacre de Sobane

    Des politiques et des habitants se tiennent près des cendres le 11 juin 2019 dans le village de Sobane-Kou, près de Sangha au Mali, après l'attaque qui a tué plus de 100 personnes de l'ethnie Dogon le soir du 9 juin 2019. AFP/Stringer

    Qui sont les auteurs de cette tuerie ? « Plus de vingt-quatre heures après l’en fait-il, les assaillants n’ont toujours pas été identifiés », pointe Maliweb. « Selon les premiers témoignages, les assaillants étaient très nombreux, plusieurs dizaines de personnes. Certaines à pied, d’autres en moto. Il y avait “une cinquantaine d’hommes lourdement armés. Ils ont d’abord encerclé le hameau avant de lancer l’assaut”, raconte un rescapé, Amadou Togo. » Pour sa part, « le gouvernement pointe du doigt les groupes terroristes sans être plus précis. »

    Autre question : pourquoi les secours ont-ils mis autant de temps à arriver ? « Dans un entretien accordé à Soloninfo, le maire de Sangha, Ali Igono Dolo, s’étonne de la lenteur des secours. “J’ai été informé de l’attaque du village de Sobane vers 20 heures. Aussitôt, j’ai saisi les forces de l’ordre basées à Diankabou, qui est à 17 km du lieu de l’attaque. Ils n’ont répondu qu’à 9 heures du matin.” »

    Autres interrogations, poursuit Maliweb : « les forces de sécurité disposent-elles de moyens adéquats sur le terrain afin de faire face à l’ennemi ? Pourquoi les autorités n’ont-elles pas tiré les leçons des massacres de Koulongho et Ogossagou ? Comment cela a-t-il pu arriver dans une région où plusieurs dizaines de milliers de forces de l’ordre sont présentes ? Ces questions sont pour l’instant sans réponses. En tout état de cause, conclut Maliweb, l’attaque du village de Sobane, comme toutes les autres, révèle un dysfonctionnement du dispositif sécuritaire qu’il faudra vite corriger. »

    Quel bilan ?

    Autre question encore, cette fois à propos du bilan : « le bilan du massacre de Sobane sera-t-il revu à la baisse ?, s’interroge Mali Actu. Au regard d’un nouveau bilan fourni par le gouverneur de Mopti (et repris par le Premier ministre) le nombre de morts serait de 35 au lieu des 95 précédemment annoncés par le gouvernement. »

    « L’essentiel n’est pas le bilan », tempère Benbéré, autre site d’information malien. « Certes, la vérité doit être de rigueur en toutes circonstances. Mais, parce que c’est notre terre qui saigne, il ne faut pas laisser la bataille des chiffres nous distraire de l’essentiel. L’essentiel, pointe Benbéré, c’est qu’au-delà de nos différences, nous nous inclinions devant la mémoire des enfants calcinés, des mères éventrées, des vieux criblés de balles. L’essentiel est que Peuls, Dogons, Bamanans, Kels Tamasheq ou Songhoy, nous nous acceptions, nous nous sachions filles et fils de la même terre, cousines et cousins les uns des autres, frères et sœurs de la même odyssée. L’essentiel est que nous réalisions que nous portons trop de coups à la mère patrie et que nous nous ressaisissions. »

    Freiner cette course folle…

    Et dans la presse de la sous-région, on s’alarme… On parle de guerre civile.

    « Ce qui est aujourd’hui en jeu, pointe Le Pays au Burkina, ce sont les fondements et l’existence même de la Nation malienne. Et le gouvernement n’est pas exempt de tout reproche dans la dérive communautaire que connaît le Mali. En effet, en plus de l’impunité qui a jusque-là couvert les massacres communautaires qui se sont succédé au Mali, le pouvoir est accusé d’avoir créé et armé des milices d’autodéfense dont l’action met aujourd’hui à mal la cohésion sociale. [...] Il est donc temps, s’exclame Le Pays, que les leaders communautaires et religieux s’engagent aux côtés de l’État pour freiner cette course folle vers l’abîme. Et en attendant que les Maliens trouvent les moyens d’exorciser ce mal dont la métastase pourrait gangrener toute l’Afrique de l’Ouest, il urge que les autres États se réveillent pour éviter que les étincelles du drame de Sobame ne viennent provoquer une guerre civile. »

    Pas un autre Rwanda !

    Enfin pour Ledjely en Guinée, il faut une réponse militaire forte…

    « Les forces de sécurité et de défense avaient annoncé un meilleur maillage du centre du pays, devenu l’épicentre de l’insécurité. Une annonce dont on se rend compte qu’elle n’a jamais été qu’une intention. Autrement, les assaillants qui ont sévi à Sobane n’auraient pas pu opérer aussi tranquillement durant des heures. Bien entendu, ce même reproche est valable aussi pour les forces de la Minusma, dont la mission au Mali ressemble davantage à du tourisme qu’à un quelconque effort de restauration de la paix et de la protection des populations. En tous les cas, conclut Ledjely, avec tous les efforts notamment financiers qui sont consentis au nom du retour de la paix au Mali, il est inconcevable que le bilan soit aussi dramatique. Aussi, il est temps que l’ONU réévalue sa présence dans le pays. Parce qu’on ne veut pas d’un autre Rwanda sur le continent. »

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    À la Une: une violence sans fin au Mali

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