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    Quatre suspects nommés dans la tragédie du MH17, victoire diplomatique pour Kiev

    Site de l'impact du vol MH17 de Malaysia Airlines, près du village de Hrabove (Grabovo) dans la région de Donetsk, en Ukraine, le 22 juillet 2014. REUTERS/Maxim Zmeyev/

    Une équipe de procureurs internationaux a nommé quatre suspects dans l’enquête sur le crash du vol MH17 Amsterdam-Kuala Lumpur, le 17 juillet 2014. Au total, 298 personnes ont péri après qu’un missile a touché l’avion et l'a précipité au sol dans l’est de l’Ukraine en guerre. Les suspects sont trois Russes et un Ukrainien. Il est peu probable qu’ils affrontent un jour la justice. Il n’empêche que, pour Kiev, l’annonce des procureurs est une victoire diplomatique.

    Kiev et Moscou s’étaient rejeté la responsabilité de l’attaque contre le Boeing dès l’annonce de la catastrophe. Les séparatistes prorusses soutenus par Moscou avaient notamment défendu la thèse d’un chasseur de l’armée ukrainienne qui aurait été vu tirer sur l’avion. Toutes ces théories ont été démontées une par une par les enquêtes. Le collectif de journalistes Bellingcat a prouvé en premier que le lance-missile BUK venait de la 53e brigade antiaérienne russe, qui avait été acheminée dans l’est de l’Ukraine et a fait demi-tour juste après le crash.

    À travers l’enquête, malgré les dénis répétés du Kremlin, on a donc une énième preuve de l’intervention militaire russe en Ukraine. Les autorités ukrainiennes s’en servent pour justifier de la solidarité internationale face à Vladimir Poutine, pour maintenir un régime de sanctions entre autres. Et dernier point, les Ukrainiens font de cette affaire un exemple de leur pleine coopération avec les institutions internationales.

    Les Ukrainiens vont-ils présenter les suspects au procès qui s’ouvrira le 9 mars 2020 ?

    Les services de sécurité à Kiev ont ouvert des procédures contre les quatre suspects, et le président Volodymyr Zelenskyy espère une pleine justice. Mais le suspect ukrainien a disparu, on ne sait même pas s’il est encore vivant. Et Kiev n’a pas autorité sur les trois autres individus, en sécurité en Russie. L’un deux, le mercenaire nationaliste Strelkov, a nié en bloc depuis Moscou. Un autre a tourné la décision en ridicule, en se demandant « ce que les enquêteurs néerlandais avaient fumé ». Une réaction un peu désinvolte face à la gravité de l’accusation.

    Les enquêteurs aux Pays-Bas ne se font pas d’illusions. Mais l’enquête continue. Le collectif de journalistes Bellingcat a publié hier une liste non pas de 4 noms, mais de 12 noms. Peut-être les Ukrainiens pourront-ils un jour mettre la main sur l’un d’entre eux.

    La coopération entre l’Ukraine et la Russie, importante pour Kiev

    L’Ukraine n’a pas les mêmes outils que la Russie pour faire valoir ses intérêts, gagner la guerre ou récupérer la Crimée. Alors elle a lancé plusieurs recours auprès de la justice internationale, et elle en a gagné plusieurs. Dans le secteur gazier, Gazprom doit 3 milliards de dollars à l’ukrainien Naftogaz. Un tribunal à Hambourg a récemment ordonné à la Russie de libérer 24 marins ukrainiens capturés en novembre 2018.

    Moscou ne veut pas obtempérer. Pour Kiev, le respect de ces décisions est une question de crédibilité, pour la Russie aussi, en tant que puissance au Conseil de sécurité de l’ONU, mais aussi pour le système du droit international.


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