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    Gérard Bertrand, producteur de vin écoresponsable

    Gérard Bertrand, propriétaire d'une entreprise viticole écoresponsable. Olivier Lebaron

    Gérard Bertrand, ancien troisième ligne de rugby, est le patron du groupe viticole qui porte son nom. Il reprend le domaine familial en 1987 tout en menant de front sa carrière sportive. Producteur et négociant en vin, Gérard Bertrand a bâti en trente ans une marque connue dans le monde entier, y compris en Afrique. Engagé en faveur de la biodiversité, il aide des viticulteurs désireux de passer à l'agriculture biologique.

    Cheveux gris ébouriffés, œil perçant, Gérard Bertrand dépasse de tête la plupart de ses interlocuteurs. C’est un homme pressé qui nous accueille lors du lancement de sa nouvelle cuvée à Paris. Mais il prend du temps pour nous parler du pays de son enfance : « Je suis né dans les Corbières, dans une belle région du sud de la France. J’ai toujours vécu dans cet endroit du monde. J’ai commencé à faire mes premiers vins à l’âge de dix ans avec mon papa au Domaine de Villemajou ». Expérience fondatrice pour cet homme qui se considère à la fois viticulteur et entrepreneur. Aujourd’hui, à 54 ans, il a plus de quarante millésimes derrière lui. Ce sont autant d’expériences tissées de nuits blanches, mais aussi de moments de bonheur. Exactement, comme son père Georges Bertrand l’avait prédit.

    Jeune homme, Gérard Bertrand partage sa vie entre le rugby et le vin, puis rejoint le domaine familial tout en poursuivant sa carrière sportive : « J’ai commencé à travailler officiellement avec mon père en 1987. Il est décédé malheureusement trois mois après. J’ai repris le domaine familial. Les vingt premières années ont été difficiles. Mais depuis dix ans, nos vins rayonnent à l’international. On fait la promotion de l’art de vivre à la française. Et aussi de notre engagement pour le bio et la biodiversité ». Sa force ? Une conviction profonde qu’il s’est bâti durant ces années passées sur le terrain de rugby. « Après, évidemment, il faut aller voir les banquiers, savoir prendre des risques, développer sa vie de chef d’entreprise, ne pas savoir comment ça se passera le lendemain. C’est cela la vie. L’aventure la plus importante ce n’est pas le résultat, c’est le chemin. Il s’agit de se découvrir soi-même et d’aller plus loin que ce que l’on a prévu ». Et le chemin dans la viticulture est long, très long, étalé souvent sur plusieurs générations.

    Vers l’agriculture écologique

    Trente ans plus tard, l’ancien capitaine du Racing Club Narbonne et du Stade Français est à la tête de 920 hectares répartis en 15 domaines. Des vignes cultivées en biodynamie, c’est-à-dire en respectant le cycle de la nature et sans pesticides. Son entreprise de 305 personnes produit du vin sur ses propres terres, mais elle achète aussi du raisin aux producteurs locaux pour le vinifier et vendre sous sa marque. C’est ce que l’on appelle le négoce en vin. « Plus de 35 % de nos vins produits en négoce sont issus de l’agriculture biologique et biodynamique. Notre objectif est d’en avoir 50 % en 2022 et 80 % en 2030 ». Ses vins sont présents dans 170 pays, y compris au Nigéria, au Cameroun, en Côte d’Ivoire et en Afrique du Sud.

    L’entreprise est basée sur un modèle économique durable que cet entrepreneur veut partager avec ses partenaires. Des vignerons et caves coopératives à qui une aide technique et un financement sont proposés afin de passer le cap de la conversion. Trois ans doivent s’écouler avant l’obtention d’une certification biologique, une période souvent difficile pour le producteur en raison d’une baisse de production. « Notre projet c’est de garantir à l’ensemble des viticulteurs et des vignerons 90 % du prix du vin ou des raisins biologiques, en créant un élan pour les exploitants en conversion. C’est une période où ils ont des investissements à faire et ils ont besoin de plus de main-d’œuvre. Donc, c’est une incitation importante pour qu’ils passent le cap et qu’ils s’engagent après à rester à terme dans l’agriculture biologique ».

    Lancé par la région Occitanie et l’association interprofessionnelle des vins biologiques SudVinBio, le logo CAB indique un vin produit par une exploitation en deuxième et troisième année de Conversion vers l’Agriculture biologique. Un contrat gagnant-gagnant pour encourager les conversions. Très nombreuses entre 2005 et 2015, elles ont tendance à stagner ces quatre dernières années. Ce label devrait aussi permettre de répondre à la demande croissante de vins issus de l’agriculture saine. Y compris à l’exportation où les vins français se disputent les parts de marché avec leurs homologues italiens et espagnols.

    Un acte militant

    Limité pour le moment à la région Occitanie, le label CAB pourrait être repris ailleurs en France. À condition de combattre certaines lourdeurs administratives. Il faut agir et le faire vite, martèle Gérard Bertrand. « La viticulture n’a pas la prétention de régler tous les problèmes. Mais elle doit être une force de proposition. Donc, elle doit être exemplaire. Et elle doit entrainer derrière elle toute l’agriculture. Cela implique la réduction de l’empreinte carbone, mais aussi   et cela me parait très important   la lutte pour la biodiversité. Il faut arrêter de polluer les sols, les sous-sols, les cours d’eau avec des intrants chimiques qui vont se retrouver dans nos assiettes ou dans nos verres. C’est un acte militant qui est là pour réveiller les consciences et pour dire aux gens que l’on est tous interconnectés, entre les gens, mais aussi avec la nature », dit-il.

    Être bienveillant envers l’environnement qui nous apprend sa résilience, c’est la manière de penser de cet entrepreneur militant pour lequel « il est grand temps de changer des paradigmes ». À chacun de prendre sa part. Quant à Gérard Bertrand, sa nouvelle gamme de vins issus de la collaboration avec les producteurs en conversion porte bien son nom : « Change ».


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