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    Pourquoi le futur gouverneur de la BCE aura un rôle stratégique

    Le siège de la BCE à Francfort, en Allemagne. REUTERS/Kai Pfaffenbach/File Photo

    Encore un sommet eupéen difficile: les Vingt-Huit ont discuté toute la nuit sans parvenir à se mettre d'accord sur les noms de de leurs futurs dirigeants. Quant au gouverneur de la BCE, le poste pourrait être attribué plus tard en octobre.

    La désignation du successeur de Mario Draghi n’est qu’un sous-produit des négociations en cours très ardues pour former le triumvirat chargé d’incarner l’exécutif européen. En la repoussant à l’échéance la plus tardive possible, à savoir la fin de son mandat en octobre, les Vingt-Huit laissent entendre que c’est un poste secondaire. C’est pourtant sans doute le plus stratégique des institutions européennes. Les Grecs et les Italiens en savent quelque chose. C’est aussi le plus médiatisé. Quand Donald Trump tacle l’Europe et l’accuse de manipuler sa monnaie c’est à Mario Draghi qu’il s’en prend. Le gouverneur de la BCE a un mandat unique de 8 ans. Un temps long : de quoi s’affranchir des contraintes politiciennes pour gérer les crises au niveau fédéral, sans attendre l’approbation des États membres. Cet homme est surtout l’Européen le plus écouté des marchés financiers. Chacune de ses déclarations fait tressauter l’euro et les taux d’intérêt.

    Comment la Banque centrale européenne est-elle devenue une institution aussi respectée ?

    La crise financière a fait de son dirigeant un roi, ou plutôt la façon dont il a su gérer cette crise qui a failli faire sombrer toute la zone euro. En arrivant à Francfort, Mario Draghi va d’emblée réduire le taux directeur et annonce dans la foulée le programme illimité de rachat de dettes pour soutenir les canards boiteux. Ce choix pragmatique fait frémir les orthodoxes allemands, mais c’est ce qui a évité la banqueroute à de nombreux pays. Les propos courts, concrets et déterminés qui accompagnent ses décisions suffisent à assoir son autorité sur ses pairs et dans le monde entier. En juillet 2012 ses fameux mots « la BCE est prête à faire tout ce qu’il faudra, whatever it takes, pour préserver l’euro. Et croyez-moi, ce sera suffisant » sont encore dans toutes les mémoires. Vaste coup de bluff pour les uns, génie oratoire pour les autres, en tout cas il a réussi à rétablir définitivement la confiance, et c’est là le cœur du métier dirigeant de banque centrale.

    Une femme est maintenant pressentie pour lui succéder

    Dans la short list de l’agence Reuters comme dans celle de l’agence Bloomberg, la Française. Christine Lagarde, la directrice du FMI est la favorite. Le nom de Sylvie Goulard l’ancienne eurodéputé qui a été nommée à la banque de France après un bref passage au ministère de la Défense est aussi murmuré, signalons qu’il y a déjà une Française au sein de la BCE qui pourrait prétendre au poste. Natacha Valla, numéro deux de la division politique monétaire de la BCE. Quelle que soit l’heureuse élue, elle sera d’entrée de jeu aux prises avec une situation ardue : une inflation qui ne remonte pas alors que le pouls de l’activité économique bat faiblement. Elle sera la personne à la manœuvre cet automne pour gérer la prochaine crise financière qui se profile avec la conjugaison du ralentissement économique et du climat de guerre commerciale qui prévaut aujourd’hui dans le monde.

     

    EN BREF

    L’OPEP et son nouvel ami russe se retrouvent à Vienne aujourd’hui pour entériner le maintien de la baisse de la production de pétrole. Cet objectif a été déjà été annoncé par Vladimir Poutine, en marge du G20 à Osaka au Japon. Alors que la demande mondiale s’affaiblit, l’offre continue de croitre à cause de la production américaine d’huile de schiste. Le cartel et ses alliés ont réussi néanmoins à maintenir les prix du baril à la hausse : + 22% depuis le début de l’année.

    Les marchés financiers retrouvent de l’élan après la trêve commerciale annoncée au G20 entre les États-Unis et la Chine. En Asie les bourses de Shanghaï et de Tokyo ont connu de fortes progressions à l’ouverture. Tandis qu’aux États-Unis où la Bourse n’a pas encore ouvert, les échanges électroniques du Dow Jones ont fortement rebondi, laissant présager un début de semestre plutôt haussier.


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