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    Mangroves: «Pêcheurs, attention» (Abou Bamba)

    Abou Bamba, le secrétaire exécutif de la Convention d'Abidjan sur les océans. Archives personnelles d'Abou Bamba

    Sauvez les mangroves ! C'est le mot d'ordre de la conférence qui doit réunir ce mardi à Abidjan les ministres de l'Environnement des 22 pays africains qui sont baignés par l'océan Atlantique. « Le paradoxe, dit Abou Bamba, le secrétaire exécutif de la Convention d'Abidjan sur les océans, c'est que les mangroves sont attaquées par ceux qui en vivent. »

    RFI : Pourquoi est-il important de protéger les mangroves ?

    Abou Bamba : Parce que les mangroves sont une zone de frayère, une zone de reproduction d’au moins 80% des espèces de poissons. Parce que les mangroves aussi nous protègent contre les catastrophes naturelles, parce que les mangroves nous protègent contre l’érosion côtière qui réduit tous les jours la superficie des pays africains. Il est important de protéger les mangroves, parce que les mangroves séquestrent cinq fois plus de gaz carbonique que les autres couverts végétaux normaux.

    Donc, moins il y a de mangroves, moins il y a de poissons ?

    C’est bien ça. La corrélation entre la reproduction des poissons et l’existence des mangroves est très forte et puis les zones de protection aussi des poissons, c’est les mangroves. C’est un habitat naturel.

    Quelles sont les mangroves qui sont aujourd’hui les plus menacées par la surpopulation ou par la pollution ?

    Les mangroves les plus menacées se trouvent principalement dans des pays comme le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Nigeria, du fait de l’utilisation des bois de mangroves pour fumer le poisson, autre produit halieutique. Ces mangroves-là, dans les pays que je viens de citer, sont situées dans des zones où l’État ne verse pas suffisamment son contrôle sur ces écosystèmes-là, particulièrement importants pour la production halieutique. On peut parler peut-être du Nigeria un peu plus longtemps, parce que c’est le dernier massif, c’est le dernier bloc de mangroves qui existe en Afrique, dans la région du Delta justement, particulièrement polluée du fait de l’activité pétrolière. Mais les mangroves aussi jouent un rôle de filtration de l’eau, malheureusement particulièrement dégradée, particulièrement attaquée par les communautés de pêcheurs qui vivent dans ces contrées-là.

    C’est-à-dire que les mangroves sont attaquées par les pêcheurs alors que ceux-ci ont besoin de la mangrove ?

    Exactement. Ils utilisent la mangrove pour fumer le poisson si vous voulez.

    Tout en sachant, évidemment, que moins il y aura de mangroves moins il y aura de poissons.

    Pas forcément qu’ils le savent. Il y a un gros travail d’éducation à faire à ce niveau et c’est un peu le rôle de la Convention d’Abidjan et les organisations comme la FAO d’expliquer aux pêcheurs que les mangroves sont des nurseries, des zones où les poissons se reproduisent, où ils sont protégés et où ils grossissent avant d’aller dans l’océan.

    En Guinée Conakry et en Guinée-Bissau, il y a aussi beaucoup de mangroves, est-ce qu’elles sont moins menacées que les autres ?

    Elles sont tout autant menacées que les autres de par leur utilisation du bois de chauffe et le fumage de poissons, mais aussi elles sont menacées du fait de la pollution, parce que les cours d’eau où se trouvent les mangroves servent d’exutoire à tout ce qui est pollution d’origine tellurique. Toute la pollution qui vient effectivement de l’hinterland de la terre atterrit effectivement dans les cours d’eau où se trouvent les mangroves.

    Là, il s’agit des déchets qui viennent des zones minières, des zones de bauxite par exemple.

    C’est bien çà. Ils viennent des zones minières, des zones industrielles, ils viennent aussi des ménages simplement, parce que les gens se sont branchés illégalement sur les collecteurs d’eaux de pluie pour collecter effectivement leurs eaux usées avec tous les polluants que cela comprend. Les quelques analyses que nous avons faites dans les lagunes au niveau de la Côte d’Ivoire, au niveau du Ghana et d’autres pays, nous ont montrées des concentrations particulièrement élevées en métaux lourds qui sont source de cancers pour des gens qui consomment des poissons et qui sont en contact avec l’eau polluée du fait des activités minières, des activités industrielles et des activités urbaines, tout simplement de rejet des eaux usées non traitées dans l’océan ou dans la lagune.

    Alors voilà cinq ans que vous vous battez pour ces mangroves avec la mise en place d’un protocole. Où est-ce qu’on en est aujourd’hui et qu’attendez-vous de cette conférence d’Abidjan ?

    Depuis près de six ans maintenant, nous avons sillonné toute l’Afrique côtière au niveau de l’océan Atlantique, de la Mauritanie jusqu’en Afrique du Sud, pour sensibiliser, pour justement avoir la première fois dans l’histoire de la gouvernance sur les océans, un instrument juridique contraignant. On va avoir force de loi et les mangroves ne seront plus, en tout cas de notre point de vue, exploitées comme elles le sont en ce moment.

    Un instrument juridique contraignant c’est une loi, c’est ça, avec des pénalités pour ceux qui ne la respectent pas ?

    C’est bien ça. Un instrument juridique contraignant avec des pénalités et avec des mécanismes aussi pour situer les responsabilités et éventuellement établir des mécanismes de compensations pour ceux qui se rendent coupables du non-respect de la loi.

    Il ne faut pas punir les habitants riverains des mangroves ?

    Effectivement, il ne faut pas punir les habitants riverains de ces mangroves qui utilisent cette mangrove-là pour leurs besoins quotidiens. Il y a donc un gros travail de sensibilisation par rapport à la loi qui va être faite vis-à-vis de ces communautés-là.

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