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    Mafia des cimetières: l’enquête d’Ivan Golounov publiée en Russie

    Ivan Golounov a répondu aux questions des médias devant le parquet général à Moscou, dans la foulée de sa libération. REUTERS/Shamil Zhumatov

    C’est une enquête passionnante, pour ce qu’elle révèle mais aussi pour le contexte de sa publication. « En mauvaise compagnie, comment des hommes d’affaires du sud de la Russie se sont emparés de l’industrie funéraire moscovite » a été diffusé cette semaine par le site Meduza, en association avec d’autres médias russes et des dizaines de journaux étrangers. Son auteur n’est autre qu’Ivan Golounov, ce journaliste d’investigation accusé à tort de trafic de drogue, et libéré après cinq jours d’une mobilisation sans précédent en Russie.

    De notre correspondant à Moscou,

    Une enquête qui aurait pu ne jamais paraître

    Le 6 juin dernier, Ivan Golounov est arrêté et accusé de détention et de trafic de drogue. Des accusations « montées de toutes pièces », dénonce aussitôt la rédaction de Meduza, qui en appelle à la solidarité de toute la société civile russe et des autres médias.

    La réponse est d’une ampleur inédite en Russie : durant plusieurs jours, des milliers de personnes se relaient devant le siège du ministère de l’Intérieur russe pour demander la libération du journaliste.

    Celui-ci enquêtait, au moment de son inculpation, sur les entreprises qui se partagent le marché des pompes funèbres dans la région de Moscou. Dès l’annonce de son arrestation, plusieurs médias indépendants proposent de reprendre le fil de son enquête – une offre de collaboration qui sera maintenue après la libération du journaliste cinq jours plus tard.

    Issus de Novaya Gazeta, de Fontanka ou encore de Vedomosti, une quinzaine de journalistes vont aider Ivan Golounov à boucler son enquête, à recouper ses informations et à les vérifier.

    Une enquête fleuve sur un secteur corrompu

    Le résultat est impressionnant : « En mauvaise compagnie, comment des hommes d’affaires du sud de la Russie se sont emparé de l’industrie funéraire moscovite, et qui les y a aidés » démontre la corruption d’un secteur accaparé par un groupe d’entrepreneurs peu scrupuleux – et la lutte des clans qui se sont affrontés durant des années pour contrôler le marché.

    L’article s’ouvre par une scène incroyable, qui en dit long sur la violence des méthodes employées : un affrontement armé, en 2016, dans l’un des plus grands cimetières de la région de Moscou… L'affrontement se solda par la mort de trois hommes, et par la montée en puissance d’un groupe issu de la ville de Stavropol, dans le sud de la Russie.

    Dans son enquête, Ivan Golounov montre avec une précision minutieuse les liens qui unissent les différents acteurs de ce système : entrepreneurs, fonctionnaires, officiers du FSB (ex-KGB). Et met en lumière les méthodes employées pour faire fructifier au maximum l’activité funéraire, aux dépens de familles endeuillées qui sont bien souvent désemparées face à ces entreprises peu scrupuleuses.

    De nombreuses menaces pour l'auteur de l'enquête

    Dès son arrestation, le journaliste fait un lien entre la « machination » ourdie à son encontre et l’enquête qu’il mène depuis plusieurs mois. Ivan Golounov affirme avoir subi à plusieurs reprises des menaces plus ou moins voilées, de la part de personnes impliquées dans son enquête.

    Et, en Russie, il n’est pas rare que l’on essaie de se débarrasser d’un journaliste considéré comme gênant. Depuis 20 ans, un grand nombre d’entre eux ont été harcelés, tabassés, parfois même assassinés. Et le recours à des poursuites judiciaires est une méthode souvent employée pour faire taire ces journalistes trop curieux. Selon Reporters sans frontières, six autres journalistes russes sont « arbitrairement détenus pour n’avoir fait que leur travail ».

    Dans le cas d’Ivan Golounov, cette tentative a lamentablement échoué. Et le piège ourdi contre le journaliste a donné un écho inespéré à son enquête. Plusieurs dizaines de journaux étrangers l’ont publiée (Libération en France, Der Spiegel en Allemagne, ou encore The Independent au Royaume-Uni). Selon Meduza, son article a été vu 1,5 million de fois dans les 24 heures qui ont suivi sa publication.

    À ce jour, deux haut responsables de la police moscovite ont été limogés – et les policiers qui ont tenté de « piéger » le journaliste ont été suspendus en attendant la fin de l’enquête. En revanche, les personnes citées dans l’enquête d’Ivan Golounov – entrepreneurs et officiers du FSB – n’ont pas été inquiétées et sont toujours en fonction.

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