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    Union européenne: une nouvelle équipe, pour quoi faire ?

    REUTERS/Yves Herman

    Comme chaque semaine, nous retrouvons la chronique de Bruno Daroux, Le Monde en Questions. Retour sur les nominations aux postes clés de l’Union européenne annoncées en début de semaine. Et la question posée est la suivante : une nouvelle équipe pour quoi faire ?

    Cette équipe européenne a devant elle des défis considérables à relever en interne, et vis-à-vis du monde extérieur. L’équipe tout d’abord. Elle a été constituée dans la douleur, le scénario originel imaginé par le couple franco-allemand ayant fini aux oubliettes, car trop controversé. Le casting final a de l’allure et fait progresser nettement la parité hommes-femmes, avec les nominations de Ursula Von der Leyen à la présidence de la Commission européenne et celle de Christine Lagarde à la tête de la BCE, la Banque centrale européenne.

    Une Française, une Allemande : Paris et Berlin, s’ils ne sont plus aussi puissants qu’auparavant par rapport aux autres États et au Parlement, conservent malgré tout un vrai pouvoir d’influence et d’initiative. Sans ce binôme compliqué, mais essentiel, l’Europe n’avance pas. C’est une des leçons de ces nominations difficiles. C’est le Belge Charles Michel qui récupère la présidence du Conseil, l’instance importante qui réunit les chefs d’État et de gouvernement. Un libéral qui symbolise la montée en puissance de ce courant politique en Europe.

    Enfin deux socialistes méditerranéens, l’espagnol Josep Borrell et l’italien David Sassoli obtiennent les deux derniers postes importants, la politique étrangère de l’UE et la présidence du Parlement. Équilibre politique, géographique et parité. Sur ces trois critères, le casting est plutôt fidèle au nouveau visage de l’Europe, à l’exception notable des Verts en forte progression, mais qui ne sont que le 4e bloc au Parlement. Et n’obtiennent rien. Tout comme les pays de l’est de l’Europe.

    Des défis inconsidérables

    En tout cas, les défis qui attendent cette équipe sont considérables. En interne d’abord : parachever la zone euro, se débarrasser enfin du problème du Brexit, démocratiser le fonctionnement de l’Europe, avec peut-être aussi des avancées sociales et fiscales. Sur le plan extérieur, c’est encore plus considérable : il y a d’abord la lutte contre le changement climatique, véritable demande grandissante des citoyens européens. Pour relever ces défis, l’Europe a des atouts : avec ses 500 millions de consommateurs, elle est la première puissance commerciale au monde.

    Mais l’Europe a ses faiblesses : géante économique, elle est toujours une naine politique et diplomatique. Elle devra pourtant tenter de se défaire des exigences américaines, notamment dans ses relations avec l’Iran. Ou encore, essayer de créer une véritable défense européenne pour moins dépendre de l’Otan et du parapluie américain là encore. Il lui faudra aussi plus s’affirmer face à la Chine et à la Russie.

    Et dans ce domaine, quelle que soit la qualité des personnalités en poste, ce sont les structures de fonctionnement et de décision qu’il faudrait changer pour transformer l’Europe en puissance politique. Cela implique forcément plus de fédéralisme. On en est encore loin.


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