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    Malgré ses succès européens, la Belgique en plein déboires nationaux

    Le Premier ministre belge Charles Michel succède à Donald Tusk à la tête du Conseil européen. REUTERS/Francois Lenoir

    Des élections fédérales et régionales se sont tenues fin mai en Belgique et depuis, il n’y a pas gouvernement. La dernière fois que le pays s’est retrouvé sans gouvernement, cela avait duré 541 jours.

    La dernière fois, c’était lors des élections de 2010 : ce n’est qu’au bout de 18 mois de négociations que la Belgique avait pu se mettre d’accord pour former un gouvernement fédéral. Il s'agissait d’ailleurs d'un record : la plus longue crise politique dans l’histoire contemporaine européenne. Mais ce record a été battu par l’Irlande du Nord l’année dernière.

    Un gouvernement de coalition

    Il faut former un gouvernement de coalition, c’est-à-dire avec plusieurs partis, car le scrutin est proportionnel. Il faut aussi savoir concilier trois régions : la Flandre, la Wallonie et Bruxelles-Capitale.

    Lors des dernières élections, la N-VA est restée le premier parti de Flandre, mais elle est désormais talonnée par l’extrême droite du Vlaams Belang. En Wallonie et à Bruxelles, c’est le Parti socialiste et Écolo qui sont sortis vainqueur des urnes.

    Or, si le PS et les verts ne veulent pas gouverner avec le parti nationaliste NvA, ce dernier se dit prêt à discuter ce qui donne certains surnoms au potentiel gouvernement : la coalition arc-en-ciel, la Suédoise, la Jamaïcaine, le coquelicot, la violette...

    Le roi a nommé deux informateurs pour trouver une solution. Ce sont des hommes politiques expérimentés, chargés de discuter avec tous les partis. Ils devront rendre leur rapport le 12 juillet.

    Un gouvernement provisoire et un Premier ministre président du Conseil européen

    Charles Michel vient d’être nommé pour un poste clé européen. Mais il restera Premier ministre jusqu’à sa prise de fonction le 1er décembre. C’est un gouvernement « en affaires courantes », c’est-à-dire qu’il s’occupe des affaires en cours pour éviter une paralysie totale, mais il ne peut pas commencer de nouveaux dossiers.

    Mais les particularités belges ne s’arrêtent pas là. En effet, ce n’est pas un gouvernement, mais 6 qu’il faut former en Belgique après les élections ! En plus du fédéral, il faut un gouvernement wallon, un Flamand, un autre pour Bruxelles-Capitale ainsi que deux gouvernements pour les communautés : francophone et germanophone avec à chaque fois, les mêmes luttes de pouvoir.

    Ainsi, on comprend plus facilement pourquoi, en 2010, la formation d’un gouvernement avait pris 18 mois et surtout le surnom du gouvernement sortant : « la coalition kamikaze ».


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