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    Affaire Emanuela Orlandi: deux tombes fouillées en vain au Vatican

    Des activistes attendent Pietro Orlandi, frère d'Emanuela Orlandi, disparue il y a 36 ans, après l'ouverture de deux tombes dans un cimetière, pour tester l'ADN des os et résoudre l'un des mystères les plus persistants d'Italie au Vatican, le 11 juillet. REUTERS/Remo Casilli

    C’est l’une des affaires les plus mystérieuses qui alimente la chronique dans la ville de Rome et au Vatican : l’affaire Emanuela Orlandi, du nom d’une jeune fille, citoyenne du Vatican disparue dans des conditions mystérieuses il y a 36 ans. Après de nombreux rebondissements, et des scénarios dignes des meilleurs polars, deux tombes ont été fouillées au Vatican jeudi 11 juillet. La tombe de la princesse Sophie von Hohenlohe, morte en 1836, et la sépulture de Charlotte-Frédérique de Mecklembourg, morte en 1840, sont vides.

    Emanuela Orlandi était une jeune fille sans histoire, née à Rome en janvier 1968, quatrième d’une famille de cinq enfants et dont le père Ercole, était un employé de la préfecture de la maison pontificale, l’organisme qui gère notamment l’emploi du temps du pape.

    Emanuela et sa famille vivait à l’intérieur du Vatican. Le 22 juin 1983, elle se rend comme à son habitude à son cours de musique dans le centre de Rome. À la sortie, l’une de ses amies l’accompagnera à un arrêt de bus. C’est la dernière fois qu’on la verra.

    On croit d’abord à une fugue et ses parents sont persuadés qu’elle reviendra au domicile, derrière les murs du Vatican, mais rien, aucune nouvelle. Des témoins l’auraient vue à bord d’une BMW, pour une destination inconnue, mais l’on n’en sait pas plus. Le mystère de sa disparition s’épaissit peu à peu.

    Le 30 juin, une semaine après sa disparition, des milliers d’affiches en noir et blanc sont placardées à Rome avec un visage souriant et ce mot : scomparsa (« disparue »), suivi d’un numéro de téléphone à sept chiffres.

    L’affaire devient vraiment publique quand le 3 juillet, après la prière de l’angélus, le pape Jean-Paul II partage sa préoccupation suite à la disparition de la jeune fille et lance un appel aux ravisseurs.

    Mafia, sexe et Vatican

    Au fil des années, les théories les plus folles ont circulé sur la disparition de la jeune fille. Le cas Orlandi est d’abord lié à Ali Agça, l’homme qui a tenté d’assassiner Jean-Paul II, place Saint-Pierre, deux ans plus tôt. Interrogé en prison, Agça explique qu’un groupe d’extrême droite turc aurait enlevé la jeune fille afin qu’elle serve de monnaie d’échange pour sa libération.

    Emanuela Orlandi vivrait dans un monastère de l’est de l’Europe. Une piste qui finit par faire fausse route. Autre hypothèse de sa disparition : le crime organisé. En 2005, lors d’une émission télévisée, un appel anonyme explique que pour retrouver la trace de la jeune fille, il faut aller fouiller la tombe d’Enrico de Pedis.

    Il s'agit du dernier chef de la « bande de la Magliana », un des groupes les plus importants du crime organisé à Rome. Dans la tombe de l’ancien boss se trouverait les restes de la jeune fille ; elle est fouillée en 2012 mais on ne retrouve rien.

    Le cas Emanuela Orlandi sera aussi lié à Mgr Paul Marcinkus, le sulfureux ancien président du IOR, la banque du Vatican, qui avait flairé avec la mafia et des loges maçonniques.

    Dernier scénario rocambolesque et sordide à la fois, l’ancien prêtre exorciste du Vatican Gabriel Armoth affirme qu’Emanuela Orlandi aurait été entraînée dans des orgies sexuelles au Vatican-même puis assassinée. Durant plus de 30 ans, cette disparition a donc fait l’objet de tous les fantasmes et scénarios les plus fous, dignes de films d’espionnage avec parfum de scandale.

    Un message énigmatique

    L’été dernier, l’avocate de la famille Orlandi a reçu un message intriguant avec cette phrase : « Cherchez à l’endroit où pointe l’ange » et une photographie. On y voit deux tombes dont l’une avec un ange pointant le doigt vers le ciel.

    Ces tombes sont situées au cimetière allemand du Vatican, situé à deux pas de la coupole de la basilique Saint-Pierre. C’est là notamment que sont enterrés les gardes suisses morts lors du sac de Rome en 1527. Et c’est là que ce jeudi les deux pierres tombales ont été ouvertes.

    En vain : les tombes sont vides. Pendant trois heures des ouvriers ont descellé les couvercles de marbre, creusé et sont descendus dans les deux tombes de ce petit cimetière dominé par l’imposante coupole de Saint-Pierre. Sous les yeux d’un expert en criminologie, du commandant des gendarmes du Vatican et du frère d’Emanuela Orlandi, ils n’ont pu que constater qu’aucun reste humain n’était présent dans ces deux sépultures de deux princesses allemandes.

    C’est la troisième fois depuis 2012 que des tombes sont fouillées pour tenter de remonter la piste d’Emanuela Orlandi, la dernière ayant eu lieu fin octobre 2018 dans la nonciature apostolique italienne. Mais les os retrouvés alors appartenaient à un homme mort il y a longtemps.

    « Le Saint-Siège a toujours témoigné de son attention et de sa proximité avec les souffrances de la famille Orlandi » n’a pu que rappeler le porte-parole du Vatican.

    Si l’affaire n’a pas été enterrée jusque-là, c’est grâce à la détermination de sa famille et de son frère en particulier : « En ouvrant ces tombes, le Vatican admet qu’il puisse y avoir une responsabilité interne », a commenté Pietro Orlandi, le frère de la disparue.

    « Tant que l’on n’a pas trouvé son corps, Emanuela est pour moi encore en vie », rappelle t-il. Le voile sur cette affaire mystérieuse qui hante aussi bien la ville de Rome que le Vatican n'est donc à ce jour toujours pas levé.

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