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    Les généraux et les leaders de la contestation au Soudan ont formé mardi un Conseil souverain de onze membres qui dirigera le pays au cours de sa transition de trois ans et trois mois vers un pouvoir civil.

    Décès d'Ousmane Tanor Dieng: «Le Parti socialiste sénégalais est orphelin»

    Ousmane Tanor Dieng au QG de son parti, le Parti socialiste sénégalais, en 2012. AFP/Seyllou

    Ousmane Tanor Dieng, 72 ans, une figure de la vie politique sénégalaise, s’est éteint ce lundi 15 juillet à Bordeaux. Secrétaire national du Parti socialiste (PS) sénégalais, Ousmane Tanor Dieng faisait partie de la coalition présidentielle et dirigeait le Haut Conseil des collectivités locales. Ancien collaborateur des présidents Léopold Sédar Senghor et d’Abdou Diouf, il laisse derrière lui un parti divisé, affaibli. Pour en parler, Moussa Diaw, chercheur en sciences politiques à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis répond aux questions de RFI.

    RFI : Le président sénégalais Macky Sall regrette la disparition d’un monument de la vie politique sénégalaise. Que peut-on retenir de Ousmane Tanor Dieng ?

    Moussa Diaw : Ousmane Tanor Dieng était un leader politique remarqué qui a joué un rôle important dans l’histoire politique du pays. Depuis le départ d’Abdou Diouf, il a continué à gérer le Parti socialiste sénégalais, le PS, qu’il a réorganisé parce qu’à la suite de la percée de pouvoir en 2000, ce n’était pas du tout facile de reconfédérer le parti, de l’organiser. Il a quand même réussi à continuer le travail de fonds pour mettre en place ce parti afin de l’organiser, afin de jouer un rôle important dans le paysage politique sénégalais.

    Ousmane Tanor Dieng a été le bras droit de Léopold Sédar Senghor, et surtout ensuite d’Abdou Diouf qui lui a « cédé » les rênes du parti. Pourquoi est-ce que, dès le début, ces personnalités lui ont fait confiance à lui et pas à une autre personne ?

    C’est par rapport à son expérience et par rapport aussi à sa discrétion. On l’entend rarement prendre ouvertement des positions, il est très fidèle en amitié, et puis l’efficacité dans l’action sans trop faire de bruit qui puisse gêner les autres.

    Au nom de l’alliance avec la coalition Benno Bokk Yakaar, pour la première fois dans son histoire, le Parti socialiste n’a pas présenté de candidat à la présidentielle en début d’année. Quelle lecture faites-vous de cette absence ?

    Cette absence est regrettable pour un parti qui a été au pouvoir, qui souhaitait quand même rebondir pour conquérir le pouvoir. Mais compte tenu des résultats qu’il avait obtenus, je pense qu’il a orienté son action vers la recherche d’une coalition d’alliance.

    Est-ce qu’on ne peut pas considérer que son parti a plus à y perdre finalement dans cette coalition qu’à y gagner, vu les divisions internes ?

    Oui, tout à fait. Il y a des divisions internes et puis certains leaders n’ont pas compris qu’un parti qui a un maillage au niveau national ne puisse pas présenter un candidat. On a vu le départ d’un certain nombre de leaders comme Aïssata Tall Sall ou Khalifa Sall, qui n’ont pas partagé les mêmes illusions que lui et qui souhaitaient donc qu’un Parti socialiste fort puisse revenir un jour au pouvoir.

    Est-ce que le Parti socialiste était préparé à son départ ?

    Non, à mon avis non. Le Parti socialiste est aujourd’hui orphelin parce que ceux qui restent comme leaders ne me semblent pas bénéficier du soutien des autres, n’ont pas d’ailleurs ce charisme-là, n’ont pas cette possibilité, cette ouverture d’esprit, et la discrétion nécessaire qu’avait Ousmane Tanor Dieng. Cela veut dire que c’est un Parti socialiste qui va s’affaiblir compte tenu des rivalités qui vont s’approfondir au regard de cette disparition. Le parti risque donc de se fissurer davantage, de s’affaiblir malgré sa participation à cette coalition. En tout cas, l’avenir n’est pas du tout prometteur pour ce Parti socialiste qui vient de perdre donc un leader vraiment important, incontournable. Et aujourd’hui, il n’y a pas eu cette préparation d’un héritier, ce qui fait que cette situation n’est pas du tout favorable.

    Quelles sont aujourd’hui les jeunes pousses au sein du Parti socialiste qui pourraient former cette relève ?

    Les jeunes pousses, il n’y en a pas beaucoup parce qu’ils sont tous partis, parce qu’ils n’espéraient pas grand-chose, parce que, aussi, vous connaissez la plupart des partis, il y a des problèmes de démocratie au sein des partis, de renouvellement ou de la sécularité des élites au niveau des partis, ce qui pose problème parce que généralement, cela tourne autour d’un seul leader qui marque par sa personnalité le fonctionnement du parti. Cela risque de poser d’énormes problèmes pour la réorganisation et compte tenu des attentes internes.


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