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    Dangbet Zakinet: «L'impact de Boko Haram est énorme» sur la région du lac Tchad

    Les environs du Lac Tchad sont régulièrement la cible d'attaques de Boko Haram, comme ici à Ngouboua, en avril 2015. AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES

    Les huit gouverneurs des zones les plus touchées par l’insurrection de Boko Haram se réunissent à Niamey pendant deux jours pour lancer officiellement un plan de financement pour stabiliser la région du lac Tchad, confronté à l'assèchementet à une bataille autour de l’accès aux ressources agricoles et animales. L’insécurité a par ailleurs totalement déstabilisé cette zone. Dangbet Zakinet est spécialiste des questions de pastoralisme. Il répond aux questions de Bineta Diagne.

    RFI : Quel est l’impact de l’insécurité liée à Boko Haram sur l’économie locale dans les îles du lac Tchad ?

    Dangbet Zakinet : L’impact est énorme parce que, dans cette zone, l’économie est rurale. C’est l’élevage, l’agriculture, la pêche, c’est aussi la cueillette. Tout cela est tout à fait bloqué par Boko Haram parce que les circuits des échanges ont été tout à fait perturbés. Les éleveurs qui faisaient lors des échanges avec le Nigeria, ils avaient des couloirs qui leur permettaient d’amener les animaux pour les vendre dans les îles nigérianes. Et les éleveurs, qui ont l’habitude de rester longtemps dans les îles, ne peuvent plus y rester longtemps parce qu’ils sont chassés par les éléments de Boko Haram. Donc, ils se retrouvent avec d’autres éleveurs qui avaient l’habitude d’exploiter les pâturages qui n’étaient pas dans les îles. Et ils se trouvent sur les mêmes espaces de transhumance et les mêmes espaces d’exploitation de pâturages.

    C’est-à-dire qu’on assiste à plus de conflits interprofessionnels dans ces zones-là ?

    Oui, il y a beaucoup de tensions compte tenu du fait que sur les mêmes espaces, toutes ces populations, les éleveurs et les agriculteurs, doivent se retrouver pour exploiter les mêmes espaces. Même si les éleveurs sont en transhumance, ils vont se retrouver avec des couloirs qui sont bouchés par de nouveaux champs. Soit qu’eux-mêmes, ils ne peuvent pas ressortir très tôt du lac parce qu’ils ne sont pas sûrs d’avoir des pâturages sur les couloirs, pendant que les agriculteurs veulent également commencer les semences. Donc c’est tout à fait complexe. Et les conflits pour l’instant sont quand même ressentis au niveau de l’accès aux ressources.

    Il y a eu des discussions ces derniers mois pour faire ralentir l’assèchement du lac Tchad. Mais avec l’insécurité, est-ce que c’est vraiment possible d’intervenir sur ce site ?

    C’est tout à fait complexe pour l’instant parce qu’il y a eu quand même des initiatives sous régionales qui, pour l’instant, on ne voit pas comment ça pouvait aboutir avec toute cette insécurité. Puis, je pense que les études n’étaient pas encore très abouties, car on avait commencé à réfléchir sur le transfert des eaux de l’Oubangui. On ne sait pas exactement quelle serait la réaction du lac avec des eaux qui viendraient d’ailleurs. Puis, même si c’est possible, je pense que le coût est énorme. Donc l’attention des pouvoirs publics est pour l’instant sur la sécurité dans le bassin. Donc, on n’est pas au bout du tunnel sur cette intégration-là.

    Les gouverneurs des régions se réunissent en ce moment même pour parler sécurité sur le bassin du lac Tchad. Quel type de mesures ces gouverneurs peuvent-ils prendre pour que les ressources servent enfin aux populations ?

    Il faut que les gouverneurs qui se réunissent travaillent avec les populations. Il ne faut pas faire de grands projets qui ne prennent pas en compte les initiatives locales. Il faut construire les projets avec les populations. La sécurité également, il faut travailler avec les populations. Il faut que les renseignements circulent. Tout doit être fait avec les populations. Il faut que les populations, que ça soit les chefferies…, soient tout à fait associées. C’est avec elles qu’on pourra arriver à extirper ce mal qui est tout à fait intégré dans les populations.


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