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    L'Allemagne prépare les commémorations de l'attentat raté contre Hitler

    Claus von Stauffenberg, à gauche sur la photo. Gedenkstätte Deutscher Widerstand

    Il y a dix ans, sortait le film Valkyrie. Tom Cruise y jouait le rôle principal, celui du comte Stauffenberg, le personnage central de l'attentat manqué contre Adolf Hitler le 20 juillet 1944. Aujourd'hui, 75 ans après, l'Allemagne va commémorer cet événement qui reste le symbole de la résistance au IIIe Reich et qui passionne toujours autant.

    Cet attentat contre Adolf Hitler et le plan baptisé Valkyrie pour prendre le pouvoir en Allemagne nazie en maitrisant rapidement les centres de décision et revenir à un État de droit est inspiré par un très petit groupe de 200 à 300 personnes.

    Le comte Claus von Stauffenberg, un brillant officier et qui a d’abord soutenu le régime nazi et ses victoires militaires, est la tête pensante de cette opération. C’est pendant la guerre qu’il prend conscience du caractère criminel du régime dont il se détache, moins vite d’ailleurs que d’autres conjurés.

    Après avoir été grièvement blessé en Tunisie, il reprend du service en 1943 à l’état-major de l’armée de terre, ce qui lui donne accès aux centres de décision. Ainsi, à partir de juillet 1944, il peut facilement approcher Hitler et décide de déposer une sacoche avec des explosifs dans le quartier général du Führer en Prusse orientale. L’explosion fait des morts et des blessés graves mais Hitler en réchappe.

    Von Stauffenberg est déjà sur le chemin du retour vers Berlin, persuadé que l’attentat a réussi. Là, il tente de gagner à sa cause d’autres officiers de haut rang mais il n’a pas accès à la radio. Leurs ordres arrivent plus tard que prévu. Des contre-ordres, eux, annoncent que Hitler a survécu. Il n’y a guère qu’à Paris que l’opération Valkyrie est suivie d’effet avec l’arrestation durant quelques heures de centaines de membres de la Gestapo et de la SS. Dès le soir du 20 juillet, l’opération Valkyrie est un échec. Von Stauffenberg et d’autres conjurés sont exécutés dans la nuit. D’autres plus tard.

    « Traîtres à la patrie » 

    Cet attentat a mis du temps à s’imposer dans la mémoire collective allemande d’après-guerre. La machine de propagande nazie fonctionne d’abord à merveille. Elle condamne une « petite clique d’officiers ambitieux, irresponsables, criminels et stupides ». Le régime ne mentionne pas que les conjurés ne se limitaient pas à ces cercles, mais que des sociaux-démocrates, des conservateurs catholiques et divers civils étaient informés et impliqués. Des contacts avaient même été noués avec la résistance communiste.

    Mais pour les Allemands, ce sont d’abord des officiers qui ont trahi leur pays. Cette thèse reste longtemps ancrée dans les esprits après la guerre. Les veuves des conjurés se voient parfois privées de leurs retraites et sont rejetées. Des commémorations mettront du temps à se mettre en place. Le futur chancelier social-démocrate Willy Brandt qui a combattu le nazisme en exil est dénoncé comme un traitre à la patrie.

    Depuis, le 20 juillet est devenu le symbole de la résistance au nazisme avec toutes ses composantes. Ce symbole doit mettre en exergue qu’il est possible de s’opposer à une dictature. Le musée de la résistance allemande à Berlin accueille chaque année 120 000 visiteurs. Différents films, et non pas seulement celui avec Tom Cruise, ont mis en valeur ce chapitre positif de l’histoire allemande, qu’il s’agisse des étudiants Hans et Sophie Scholl ou de ce couple de Berlinois qui au péril de sa vie a laissé un peu partout des messages manuscrits dénonçant le nazisme.

    Un intérêt toujours présent

    Le directeur du musée de la Résistance allemande qui se trouve dans le même bâtiment où les conjurés furent exécutés et qui abrite aujourd’hui le ministère de la Défense s’étonne lui même de cet intérêt qui reste fort. Peut-être parce que l’extrémisme de droite a le vent en poupe et que la résistance au régime nazi livre des modèles auxquels s’identifier. Mais l’exemple des officiers parmi les conjurés qui ont soutenu longtemps le régime nazi montre aussi que l’histoire ne s’écrit pas en noir et blanc.

    Cette même extrême droite tente de récupérer à son compte cet héritage en mettant sur le même plan l’opposition dans une démocratie comme l’Allemagne d’aujourd’hui et la résistance au nazisme. Dans ces milieux, on évoque ainsi la dictature de Merkel contre laquelle il faudrait résister. On a pu voir dans le passé le parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD, Alternative für Detuschland) sortir une affiche annonçant : « Sophie Scholl cette étudiante résistante voterait AfD ». Il y a quelques jours Angela Merkel a rendu hommage aux conjurés du 20 juillet 1944 et appelé à lutter résolument contre l’extrême droite.


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