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    L'Ouganda apprend à tirer profit de ses réfugiés

    Une réfugiée sud-soudanaise transporte de l’eau dans le camp de Bidibidi, dans la région de Yumbe, en Ouganda. (Image d’illustration) AFP/Isaac Kasamani

    Les mouvements migratoires sont communément perçus de manière négative. Pourtant différentes études prouvent qu’ils sont source d’activités économiques souvent positives. L’Ouganda, qui accueille aujourd’hui plus de 1,2 million de réfugiés, réussit à tirer profit de ces déplacements. Notamment dans le nord du pays dans la région de Yumbe qui a reçu plus de 800 000 réfugiés sud-soudanais.

    Evelyne fait sa lessive. Elle se souvient des difficultés qu’elle avait pour accéder à l’eau. « Avant je devais aller à la pompe très loin. Rien que le voyage pour aller là-bas, ça prenait 30 minutes à pied. Avec les enfants, je devais y aller trois fois par jour », dit-elle. Aujourd’hui ce n’est plus un problème.

    Avant la construction par Vision du monde d’une station de pompage, l’eau était un problème majeur dans cette zone, explique Francis Atwine l’ingénieur en charge de la réponse pour les réfugiés dans la région. « La station de pompage d’eau de Barakala est censée bénéficier aux communautés hôtes, selon le programme de renforcement de la population d’accueil des réfugiés. Pour une coexistence pacifique avec eux, les communautés hôtes doivent bénéficier d’un petit quelque chose. » Vingt-et-un robinets à proximité des populations ont ainsi été installés.

    Busy Ramula Changa est officier de développement communautaire. Pour lui, « avant l’arrivée des réfugiés, [nous] n’avions pas ce soutien. [Nous] savons que sans eux, ce système d’approvisionnement en eau n’aurait pas été installé. » Ceci n’est qu’un exemple d’installation qui profite aux populations locales. Selon la réglementation locale, 30 % de l’aide humanitaire doit être investie pour les Ougandais.

    Des bénéfices aussi pour le secteur privé

    Le paysage s’est métamorphosé. Dans la zone de Yumbe, ce n’était que brousse sans route ni réseau téléphonique. Le travail y était difficile à l’arrivée des premiers réfugiés en 2016. Cette humanitaire a vu le changement. « Nous avons des réseaux téléphoniques, l’eau est plus accessible, les routes sont dans de meilleures conditions », explique-t-elle. « Ils ont essayé de les améliorer, on peut ainsi rejoindre les camps plus rapidement. La sécurité aussi est bien meilleure qu’avant. »

    L’arrivée des réfugiés a beaucoup bénéficié au secteur privé. Les fournisseurs téléphoniques ont implanté des antennes téléphoniques un peu partout dans la zone et même ouvert des bureaux dans la petite ville de Yumbe, la plus proche du camp de Bidibidi. Il y a 3 ans, il n’y avait même pas d’hôtels pour héberger les humanitaires dans la ville. Il y a désormais plusieurs établissements dont le cossu Terrain qui fête ses un an. « Au début se loger était un défi dans cet endroit », explique Alex Kato, l’assistant-manager du Terrain. Il explique ainsi leur démarche : « Nous sommes des entrepreneurs. Quand nous avons vu l’opportunité, nous avons commencé à investir dans un hôtel. L’affaire marche bien. Après une année, nous avons atteint certains de nos objectifs : nous employons plus de 30 personnes. Un autre objectif était de fournir des services de qualité aux personnels internationaux. »

    Un commerce qui est en pleine expansion. Au Terrain on prévoit déjà des améliorations comme la construction d’une piscine.

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