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    RCA: «Les accords de Khartoum piétinent complètement notre Constitution»

    Jean-Serge Bokassa, fils de l'empereur Bokassa, devant la statue de son père, dans l'ancienne résidence de la famille transformée aujourd'hui en centre de formation militaire, à Berengo, le 3 novembre 2018. RFI/Gaël Grilhot

    Il y a cinq mois, membres du gouvernement de République centrafricaine et groupes armés signaient à Khartoum un nouvel accord de paix sous l'égide de l'Union africaine et des Nations unies. Qu'en est-il depuis lors ? Peut-on déjà sentir un changement ? Va-t-on dans le bon sens en matière de bonne gouvernance et d'État de droit ? Pour en parler, entretien avec Jean-Serge Bokassa, leader du Front uni pour la défense de la nation.

    RFI : Jean-Serge Bokassa, vous êtes un des leaders de la plateforme nouvellement créée E-Zingo Biani. Qu’est-ce que cette plateforme ?

    Jean-Serge Bokassa : E-Zingo Biani est une plateforme qui renferme plusieurs entités, tant de la société civile que des partis politiques, et qui s’inscrit dans une espèce de veille démocratique. Elle s’est créée à la suite des accords de Khartoum qu’elle dénonce avec énergie. Nous pensons que les accords de Khartoum nous inscrivent dans une compromission. Elle n’est pas un compromis pour la paix. Elle est une compromission qui remet en cause, non seulement nos acquis démocratiques, mais qui remet également en cause l’ordre républicain qui est le nôtre.

    En quel sens vous pensez que ces accords ne résolvent rien du tout ?

    Après les accords de Khartoum il s’en est passé des exactions. Nous avons en face de nous des groupes armés - faut-il le rappeler -, qui ont signé quand même près de huit accords, sans qu’ils n’aient respecté un seul de ces accords.

    Mais celui-ci est respecté. Il a été signé il y a cinq mois.

    Il n’est pas respecté. Je pense que c’est monsieur Mankeur Ndiaye, qui aujourd’hui est le représentant du secrétaire général des Nations unies en République centrafricaine, qui a relevé le fait qu’il y avait près de cinquante à soixante-dix violations de cet accord par semaine. Et donc son constat est un constat - on ne dira pas d’échec - mais qui devrait attirer notre attention.

    Est-ce que vous avez l’impression que cet accord lutte suffisamment contre l’impunité ?

    Les accords de Khartoum piétinent complètement notre Constitution. Premièrement. C’est à dire que la Constitution faisait interdiction que des hommes puissent accéder à des postes de responsabilité politique par le moyen des armes et aujourd’hui ces dispositions sont complètement violées.

    Et qu’est-ce que vous pensez, en revanche, des travaux de la CPS qui a été lancée il y a quelques mois et qui a annoncé que trois gros dossiers devraient être ouverts d’ici la fin de l’année ? Cela, par contre, c’est quelque chose qui va en faveur de la recherche de justice ?

    Comment rester cohérent dans un programme qui se veut lutter contre l’impunité au travers, par exemple, de la Cour pénale spéciale, qui a pour objectif éventuellement d’enquêter sur les crimes qui se sont commis en République centrafricaine et dont la plupart des auteurs, aujourd’hui, sont de hauts responsables politiques ? Comment vont-ils faire ?

    Vous craignez que cela n’aille pas très loin ?

    Je pense que dans un contexte comme celui-ci ils auront vraiment beaucoup de difficultés dans tous les cas à atteindre les objectifs qu’ils s’assignent.

    En parallèle, la CPI continue de son côté d’enquêter sur les crimes qui ont été commis.

    Je pense que le peuple, aujourd’hui, n’a que, comme dernier recours éventuellement, ces instances internationales. J’espère qu’au moins ces instances se saisiront de ces dossiers et que l’on verra un jour ces prétendus bourreaux répondre des actes qu’ils ont commis. Mais ceux qui, hier, faisaient l’objet de condamnations, de poursuites, on fait l’objet même de mandats d’arrêt, aujourd’hui deviennent des partenaires privilégiés. Et donc la question est de savoir à quand le désarmement. Un désarmement qui n’a jamais été imposé, qui reste volontaire.

    Une question de diplomatie : nous avons vu apparaître ces derniers mois un renforcement des liens avec la Russie. Qu’est-ce que vous pensez de ce nouveau partenaire ?

    Je suis, de toute façon, pour diversifier le partenariat. Maintenant, je pense qu’il est question, aujourd’hui, encore une fois de transparence. Je ne vois qu’une société privée, ayant des contrats privés qui échappent au contrôle de nos institutions, qui mène la danse comme bon lui semble, dont les contrats qui lient cette société privée – soit à l’État ou soit à l’homme qui est Faustin-Archange Touadéra ­–, ne sont pas connus.

    Il m’est difficile d’apprécier au plan bilatéral, au sens diplomatique du terme éventuellement, les accords qui pourraient lier la Russie à la République centrafricaine. Tout me paraît encore très obscur. J’apprends qu’il y a des accords économiques, mais lesquels nous échappent totalement. Nous apprenons l’existence de certaines structures qui ont été créées, qui encore une fois s’étendent de long en large sur l’étendue du territoire et profitent de nos ressources, sans qu’on ait la possibilité de comprendre, de savoir ce qu’il en est. L’affairisme au plus haut sommet de l’État est de retour. Ce sont des choses que l’on devait prohiber ! Le fait de laisser libre cours à cela, nous enfoncera encore davantage. Et c’est triste pour ce pays qui, je pense, a suffisamment souffert.

    Un mot, enfin, de la présidentielle de 2020. A Bangui, la campagne électorale bat déjà son plein. Est-ce que vous serez candidat, et si oui, sur quel thème ?

    J’ai une jeune formation. Une jeune formation qui se mobilise. Je pense qu’il reviendra à cette formation éventuellement de confirmer tout cela. Dans tous les cas, je souffre de voir que certaines valeurs sont foulées aux pieds sans acquis de conscience. La sécurité sera certainement une priorité. On ne résout pas la crise en Centrafrique uniquement par les armes. Je crois que les pays frontaliers qui nous entourent doivent être impliqués, parce qu’ils peuvent faire partie de la solution. La solution centrafricaine.


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