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    Congo-Brazzaville: le difficile décollage de l'agriculture

    Malgré l'importance des terrains exploitables, le Congo-Brazzaville importe des denrées alimentaires, représentant l'équivalent de centaines de milliards de francs CFA (image d'illustration). Getty Images/Eco Images

    Déclarée priorité des priorités depuis plusieurs années au Congo-Brazzaville, l’agriculture n’a toujours pas pris son véritable envol et l’économie du pays dépend encore en grande partie de l’exploitation du pétrole. Les maux qui minent le secteur agricole – qui apporte une part infime au PIB –, ses potentialités et les perspectives de son développement étaient au centre de la deuxième édition du Forum Vox Éco qui vient de se tenir dans la capitale.

    L’objectif de ce Forum, qui a regroupé plusieurs dizaines d’acteurs, était de faciliter le dialogue entre eux, selon Arsène Séverin Ngouela, un des organisateurs de ce forum qui va désormais se tenir tous les quatre mois à Brazzaville. « Nous avons réuni dans ce Forum les opérateurs de l’État, ceux du secteur privé et ceux de la société civile aussi pour voir comment faire d’abord l’état des lieux de l’agriculture congolaise, et quelles sont les perspectives », a expliqué M. Ngouela.

    Moins de 4 % des terrains exploités

    Situé à cheval sur l’Équateur avec une pluviométrie abondante, disposant de plus de 10 millions de terres arables, dont moins de 4 % sont exploités, le Congo vit par contre un paradoxe : le pays importe des denrées en termes de centaines de milliards de francs CFA. L’agriculture, déclarée priorité des priorités, retenue une fois de plus comme principal pilier du Plan national de développement (PND 2018-2022), demeure le maillon faible de l’économie pour des raisons avancées par Gilbert Ondoki, coordonnateur d’un projet agricole financé par la Banque mondiale.

    « Depuis très longtemps, les autorités ont placé l’agriculture comme une priorité des priorités. Nous constatons malheureusement qu’elle n’a jamais été une priorité budgétaire. Quand nous parlons de priorité budgétaire, cela signifie que l’État doit décider de donner les moyens correctement à l’agriculture. Or, pour le moment, nous constatons qu’on n’arrive pas là. Aujourd’hui, tout le monde a pris conscience, mais on a pris conscience à quel moment ? Au monde où l’État n’a pas de moyens », a souligné M. Ondoki.

    « Pas de banques agricoles »

    Pour développer cette agriculture et relever le niveau de sa contribution au Produit intérieur brut, Bienvenu Tsouanva, directeur général de l’agriculture, propose plusieurs pistes. « Nous devons sortir de cette agriculture misérabiliste où l’on parle seulement de petits agriculteurs pauvres qu’on appuie, mais qui n’arrivent pas à se développer. Nous devons arriver au développement des capacités de production. Il faut aussi mettre en place un système d’assurances qui puisse garantir l’investissement dans le secteur agricole », a-t-il conseillé.

    De l’avis de Grégoire Adanmado, opérateur agricole, une agriculture sans prêts moins contraignants de la part des banques est vouée à l’échec. « Il n’existe pas de banques agricoles. Les banques commerciales, tout comme les banques classiques de la place te font des taux de 18 voire 30 %. Comment un agriculteur peut se développer à partir d’un tel taux de remboursement de sa banque ? », a fait comprendre M. Adanmado.

    Au Forum Vox Éco, pouvoirs publics, opérateurs privés et société civile sont venus dire qu’à l’heure du numérique, les jeunes sont des acteurs incontournables du développement agricole.


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