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    Stefanie Stantcheva: l'ascension fiscale

    Stefanie Stantcheva, meilleure jeune économiste de l'année 2019. RFI/David Baché

    Stefanie Stantcheva est la lauréate 2019 du prix du meilleur jeune économiste, décerné chaque année par le Cercle des économistes et le journal Le Monde. Elle fait aussi partie des huit élus 2019 de l'hebdomadaire britannique The Economist, qui fait sa propre sélection tous les dix ans. Cette chercheuse franco-bulgare de 32 ans est plébiscitée pour ses travaux sur les impôts.

    Brillante, jeune, économiste : Stefanie Stantcheva a apparemment tout pour être désignée meilleure jeune économiste de l’année 2019. À ceci près que le cœur de son travail, la fiscalité, ne fait pas rêver d’emblée. « C’est vrai que les impôts, ce n’est pas un sujet très aimé, reconnaît la jeune Franco-Bulgare. Ça a déclenché des guerres dans l’histoire, ça a causé la chute d’empires, ça détruit pas mal de déjeuners en famille... Mais en fait les impôts sont un outil extrêmement puissant. » Quelques secondes plus tard, n’importe lequel de ses interlocuteurs a changé d’avis. : « un petit changement d’impôt peut avoir des effets de cascade à travers toute l’économie, poursuit la jeune chercheuse, donc un système d’impôt mal conçu peut freiner l’activité économique d’un pays. Alors qu’un système d’impôts bien conçu peut lever des fonds, redistribuer, sans blesser l’activité économique. »

    Questionnements bulgares

    Pour prélever à la source l’origine de la passion fiscale de Stefanie Stancheva, il faut remonter à la fin de la guerre froide, lorsque le monde était encore scindé entre le bloc occidental, capitaliste, et le bloc soviétique, communiste.

    Stefanie Stantcheva naît en Bulgarie et passe ses premières années en Allemagne de l’Est, avant la chute du mur. Puis elle arrive en France à l’âge de six ans. Ses premières émotions économiques, ses premiers questionnements, elle les éprouve pendant ses vacances, chez ses grands-parents, en Bulgarie. À l’époque, les prix augmentent très fortement et très rapidement. : « un été, se souvient-elle, il y avait une hyperinflation. Je ne savais pas ce que c’était ! Mais je me rappelle qu’il fallait se dépêcher d’aller au magasin parce que les prix augmentaient de jour en jour, donc dès que les gens recevaient leur paie du mois, ils couraient faire leurs courses avec le liquide qu’ils avaient. »

    Ses expériences allemandes et françaises sont, elles aussi, l’occasion de questionnements fondateurs : « en Allemagne de l’Est, je me demandais pourquoi les gens gagnaient tellement moins qu’en Allemagne de l’Ouest pour un travail complètement équivalent. En France, ça me frappait que des SDF (personnes sans domicile fixe, ndlr) dorment à côté de restaurants chics. Toutes ces questions me semblaient très importantes, et l’économie pouvait peut-être y apporter une réponse. »

    « Payée pour ce travail ! »

    Et pour mieux comprendre l’économie, Stefanie Stantcheva ne fait pas les choses à moitié : elle passe, au cours de ses longues études, par le MIT (Massachusetts Institute of Technology), l’École d’économie de Paris, polytechnique... Aujourd’hui, Stefanie Stantcheva est enseignante et chercheuse au sein de la prestigieuse université américaine Harvard.

    « On a tellement de chance quand on fait de la recherche !, se réjouit-elle, comme si elle avait encore du mal à y croire. On peut travailler sur les sujets qu’on veut, qui nous intéressent, c’est une exploration sans fin, c’est vraiment incroyable de pouvoir être payé pour ce travail ! C’est vraiment ma passion ! J’aime aussi énormément enseigner, poursuit la jeune trentenaire qui dispense ses lumières à des promotions de doctorants, transmettre ce savoir et cette recherche aux étudiants, ça aussi c’est un grand plaisir. »

    Les mathématiques, mais pas de politique

    Stefanie Stancheva consacre donc ses recherches à la fiscalité, et notamment aux effets des impôts sur le long terme, par exemple sur l’innovation, l’épargne ou les migrations. Pour cela, elle construit de nouvelles méthodes de recherche, et lance des enquêtes de grande envergure, en ligne, pour mieux connaître la perception de chacun sur les impôts, sur le sentiment d’équité ressenti par les contribuables, dans différents pays.

    Un travail qui passe par l’utilisation des mathématiques : à un certain niveau de recherches économiques, c’est incontournable. « Les mathématiques, c’est un outil que j’utilise presque tous les jours », confie Stefaie Stantcheva. Et ça tombe bien : en digne fille de deux ingénieurs qu’elle est, les maths, elle adore ça : « avant, quand je ne faisais pas encore uniquement de l’économie, je trouvais que les mathématiques étaient extrêmement amusantes ! Il y a toujours un défi, un puzzle qu’on doit résoudre. Et c’est joli parce qu’il y a souvent plusieurs façons d’arriver au résultat. Certaines sont plus élégantes ou plus courtes que d’autres, c’est pourquoi je dis que c’est aussi un art. »

    Stefanie Stantcheva est membre du Conseil d’analyse économique, chargé d’éclairer, de manière indépendante, le gouvernement français. Et cette technicienne, cette scientifique, tient à sa neutralité : son avis sur la politique fiscale du gouvernement, tant décriée au moment de la crise des gilets jaunes, elle le garde pour elle. Des personnalités politiques ont déjà demandé à Stefanie Stantcheva de s’engager à leurs côtés. Elle les a éconduits, et l’on ne saura pas de qui il s’agit.

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