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    Congo-B: les attentes des créanciers nationaux après l’accord avec le FMI

    Le siège du FMI à Washington. DR/International Monetary Fund

    Au Congo-Brazzaville, l’État doit à ses fournisseurs et aux opérateurs économiques nationaux plus de 1 719 milliards de francs CFA, soit plus de 2,6 milliards d’euros. Une dette qui nécessite néanmoins un audit. Après l’accord conclu début juillet entre le Fonds monétaire international (FMI) et l’État congolais, les créanciers de ce dernier espèrent être rapidement remboursés. Cet accord est notamment marqué par une facilité de crédit de plus de 448,6 millions de dollars, soit plus de 250 milliards de francs CFA sur trois ans. Ainsi, les étudiants nourrissent l’espoir du paiement de leurs nombreux arriérés de bourses.

    Sur l’avenue des Trois francs du quartier Bacongo à Brazzaville, le groupe électrogène qui alimente pendant les délestages les locaux de l’entreprise de Bâtiment et travaux publics du septuagénaire Jean-Paul Matsima est dans un piteux état. Il est à l’image de cette entreprise qui a perdu un bon nombre de salariés et attend de l’Etat le paiement d’une créance de 32 milliards de francs CFA. « Après l’accord avec le FMI l’Etat doit nous payer pour que nous puissions à notre tour payer les impôts et relancer l’économie nationale », avance l’entrepreneur Matsima.

    Son argument est soutenu par Djibril Bopaka, président de l'Union nationale des opérateurs économiques du Congo (UNOC). « Le paiement de notre dette est une priorité parce que ça fait partie des politiques de relance économique de notre pays et qu’il s’agit de la production. Il faut payer la dette pour reconstruire l’économie », défend M. Bopaka

    Loin d’être boulimique, Djibril Bopaka suggère à l’Etat de penser également à d’autres couches sociales. « Nous avons les retraités, c’est-à-dire les vieux qui ont servi ce pays, mais qui aujourd’hui vivent les mêmes difficultés » [que les opérateurs économiques, NDLR] affirme-t-il. 

    A Brazzaville, tout comme à l’étranger, les étudiants broient du noir. Ils accusent plusieurs mois d’arriérés de bourses et espèrent que l’accord qui vient d’être signé avec le Fonds monétaire international (FMI) signifie la fin de leur calvaire. « Vu que le FMI a donné de l’argent, on se dit que nous aurons également quelque chose. En 2017, nous avons perçu seulement un trimestre sur quatre, trois autres demeurent impayés. En 2018, aucun mois de bourse n’a été payé. Depuis le début de l’année 2019, il n’y a aucune campagne pour le paiement de la bourse. On ignore si elle aura lieu », se désole un étudiant.

    Dès la signature de l’accord, le FMI a débloqué 49 millions de dollars. C’est ce que le Premier Ministre, Clément Mouamba, appelle la mise en bouche. Pour lui, le pays va retrouver l’équilibre macroéconomique et financièrement, personne ne sera oublié. « Quand l’équilibre est fait cela signifie qu’il y aura la régularité et tout le monde sera payé, y compris nos boursiers qui ne le sont pas aujourd’hui totalement. S’il y a l’équilibre, cela veut dire qu’on peut désormais payer tous nos arriérés intérieurs et extérieurs. Surtout les arriérés intérieurs : nous connaissons le côté délabré de nos hommes d’affaires qui ont pratiquement fait faillite parce qu’ils ne travaillent qu’avec l’Etat. » explique M. Mouamba.

    Depuis la conclusion de l’accord, de nombreuses voix s’élèvent. En effet, le parti au pouvoir exhorte le gouvernement à ne pas décevoir les espoirs suscités et l’opposition réclame la traque des responsables des crimes économiques.


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